Auteur/autrice : bestHamanie

  • Coupe du monde : Balogun autorisé à jouer malgré son carton rouge, la décision de la FIFA fait exploser les tensions

    Coupe du monde : Balogun autorisé à jouer malgré son carton rouge, la décision de la FIFA fait exploser les tensions

    Le climat se tend entre les deux principales autorités du football mondial à la suite d’une décision disciplinaire qui fait déjà polémique pendant la Coupe du monde 2026. En autorisant l’attaquant américain Folarin Balogun à disputer le huitième de finale face à la Belgique malgré son expulsion lors du tour précédent, la FIFA s’est attiré les critiques de l’UEFA, qui dénonce une remise en cause des principes fondamentaux de son règlement.

    Expulsé en seizièmes de finale après un geste jugé dangereux sur le défenseur bosnien Tarik Muharemovic, Balogun devait initialement être suspendu automatiquement pour la rencontre suivante. La commission de discipline de la FIFA a toutefois décidé de ne pas appliquer immédiatement cette sanction. Pour justifier cette mesure, elle s’est appuyée sur l’article 27 de son code disciplinaire, qui permet, dans certaines circonstances, de suspendre l’exécution d’une sanction pendant une période probatoire.

    Dans ce dossier, la suspension est ainsi reportée pour une durée d’un an, sous condition.
    Si cette disposition a déjà été utilisée dans d’autres procédures disciplinaires, plusieurs fédérations estiment qu’elle n’avait encore jamais servi à neutraliser une suspension automatique en pleine compétition internationale.

    Le dossier aurait également pris une dimension politique. D’après une source citée par le New York Times, le président américain Donald Trump aurait contacté le président de la FIFA, Gianni Infantino, afin de demander un nouvel examen de la situation. Le secrétaire d’État Marco Rubio se serait lui aussi exprimé publiquement en faveur de la levée de la suspension.

    Lundi 6 juillet, l’UEFA a réagi par voie de communiqué. Sans viser directement le joueur américain, l’instance européenne critique la procédure employée par la FIFA. Elle rappelle qu’une suspension automatique consécutive à un carton rouge constitue, selon elle, une règle obligatoire qui ne peut être écartée au cas par cas pendant un tournoi. Elle souligne également que plusieurs autres joueurs sanctionnés dans des circonstances comparables lors de cette Coupe du monde ont purgé leur suspension sans bénéficier d’aucune exception.

    Pour l’organisation dirigée par Aleksander Čeferin, cette décision pourrait créer un précédent aux conséquences importantes. L’UEFA craint que d’autres joueurs ou fédérations invoquent désormais ce cas pour contester des sanctions similaires, ce qui fragiliserait, selon elle, la cohérence des décisions disciplinaires et la crédibilité de la compétition.

    Cette position rejoint celle de la Fédération belge de football (URBSFA), qui avait déjà exprimé son incompréhension dès dimanche. L’instance belge considère que l’article 66.4 du code disciplinaire impose une suspension automatique après une expulsion et ne laisse aucune possibilité d’y déroger, contrairement à l’interprétation retenue par la FIFA avec l’article 27.

    Du côté des États-Unis, la décision est accueillie de manière bien plus favorable. Le sélectionneur Mauricio Pochettino estime que l’exclusion de Balogun avait donné lieu à une sanction excessive pour un geste qu’il juge involontaire.

    Au moment où l’UEFA a publié son communiqué, la FIFA n’avait pas officiellement répondu aux critiques formulées à son encontre. Auteur de trois buts depuis le début du tournoi, Balogun est attendu dans le onze de départ américain pour le huitième de finale disputé lundi soir à Seattle face à la Belgique. Reste désormais à savoir si l’UEFA décidera de porter officiellement cette affaire devant le Bureau du Conseil de la FIFA.

    Thom Biakpa

  • George Weah : de Monrovia au Ballon d’Or, le destin d’un géant africain

    Avant de devenir président du Liberia, George Weah fut l’un des attaquants les plus redoutables de sa génération. Parti des terrains modestes de Monrovia, il a conquis Monaco, Paris et Milan, jusqu’à devenir, en 1995, le premier et toujours unique joueur représentant une sélection africaine à remporter le Ballon d’Or. Son parcours raconte une réussite individuelle exceptionnelle, mais aussi les possibilités et les limites du football africain.

    Des terrains de Monrovia aux portes de l’Europe

    George Manneh Weah naît le 1er octobre 1966 à Monrovia, dans un environnement éloigné des grands centres de formation européens. Élevé principalement par sa grand-mère, il construit sa réputation sur les terrains du Liberia, où sa vitesse, sa puissance et son efficacité devant le but le distinguent rapidement. Il évolue notamment au Mighty Barrolle puis à l’Invincible Eleven, avec lequel il devient l’un des attaquants les plus remarqués du championnat national.

    Son passage au Tonnerre de Yaoundé, à la fin des années 1980, constitue une première étape décisive. Le Cameroun dispose alors d’une culture footballistique plus structurée et d’une visibilité supérieure auprès des recruteurs étrangers. Weah y confirme qu’il possède les qualités nécessaires pour évoluer au plus haut niveau : accélération, explosivité, résistance physique et capacité à marquer dans des situations très différentes.

    L’histoire européenne commence véritablement en 1988. Arsène Wenger, alors entraîneur de l’AS Monaco, décide de miser sur cet attaquant encore largement inconnu du public européen. Pour Weah, l’adaptation n’est pas immédiate. Il doit assimiler de nouvelles exigences tactiques, évoluer dans un environnement professionnel plus rigoureux et faire face aux préjugés réservés à de nombreux joueurs africains de l’époque.

    Wenger lui accorde pourtant du temps et de la confiance. Le pari est récompensé. En quatre saisons, Weah dispute 149 rencontres et inscrit 66 buts avec Monaco. Il remporte également la Coupe de France en 1991. La Principauté transforme un talent brut venu de Monrovia en un attaquant complet, capable d’attaquer la profondeur, de participer au jeu et de faire basculer une rencontre par une action individuelle.

    Paris, la scène européenne et la reconnaissance

    En 1992, George Weah rejoint le Paris Saint-Germain. Le club parisien ambitionne alors de s’installer durablement parmi les grandes équipes françaises et européennes. L’attaquant libérien devient rapidement l’un des principaux visages de ce projet.

    Avec Paris, il remporte le championnat de France en 1994 ainsi que plusieurs coupes nationales. Il se distingue surtout sur la scène européenne. Lors de la Ligue des champions 1994-1995, Weah termine meilleur buteur de la compétition et conduit le PSG jusqu’en demi-finale. En trois saisons, il inscrit 55 buts et délivre 54 passes décisives en 137 rencontres selon les statistiques du club.

    À Paris, Weah devient bien davantage qu’un excellent attaquant africain. Il s’impose comme l’un des meilleurs joueurs du monde. Sa capacité à éliminer plusieurs adversaires, à résister aux contacts et à parcourir de longues distances avec le ballon déstabilise les défenses européennes. Il peut jouer en pointe, partir d’un côté, décrocher ou lancer lui-même une contre-attaque.

    Cette polyvalence annonce l’évolution future du poste d’avant-centre. Weah n’est pas seulement un finisseur attendant le ballon dans la surface. Il crée ses propres occasions et ouvre des espaces pour ses partenaires. Il possède à la fois la puissance des attaquants traditionnels et la mobilité des joueurs offensifs modernes.

    1995, l’année de l’éternité

    À l’été 1995, George Weah quitte Paris pour rejoindre l’AC Milan, l’un des clubs les plus prestigieux de la planète. Il entre dans une équipe habituée aux titres, aux grandes soirées européennes et à une concurrence permanente entre joueurs de classe mondiale.

    La même année, il remporte le Ballon d’Or. Cette récompense revêt une portée historique. Pour la première fois, le règlement permet aux joueurs non européens évoluant en Europe d’être éligibles. Weah devient ainsi le premier non-Européen à recevoir le trophée et demeure, plus de trente ans après, le seul joueur représentant une sélection africaine à l’avoir gagné. Il est également désigné joueur mondial de l’année par la FIFA.

    Ce sacre dépasse largement son parcours personnel. Il représente une reconnaissance du talent produit par le continent africain. Avant lui, des joueurs comme Salif Keïta, Roger Milla, Abedi Pelé ou Rabah Madjer avaient déjà démontré que l’Afrique pouvait former des footballeurs de dimension mondiale. Weah devient cependant le premier à recevoir la distinction individuelle la plus prestigieuse du football.

    Sous les couleurs milanaises, il remporte deux championnats d’Italie, en 1996 et 1999. Son but contre l’Hellas Vérone, en septembre 1996, reste l’action la plus emblématique de son passage en Serie A. Récupérant le ballon près de sa propre surface, il traverse presque tout le terrain, résiste aux défenseurs avant de conclure. Cette chevauchée résume son football : puissance, vitesse, maîtrise technique et détermination.

    Le champion sans Coupe du monde

    La carrière internationale de George Weah porte toutefois une frustration majeure. Malgré son immense talent, il ne participe jamais à une Coupe du monde. Le Liberia ne dispose ni de l’effectif ni des infrastructures nécessaires pour rivaliser régulièrement avec les principales puissances africaines.

    Weah conduit néanmoins les Lone Stars vers leurs deux premières participations à la Coupe d’Afrique des nations, en 1996 et en 2002. Capitaine, leader technique et figure centrale de la sélection, il assume parfois plusieurs responsabilités autour de l’équipe. Son engagement démontre son attachement à un pays traversé, durant une grande partie de sa carrière, par de violentes guerres civiles.

    Cette absence de Coupe du monde constitue aussi l’un des paradoxes du football africain. Le continent peut produire le meilleur joueur du monde sans être capable de lui offrir l’environnement collectif nécessaire pour disputer la plus grande compétition internationale. Weah a atteint seul le sommet, mais le football reste un sport dans lequel le talent individuel ne peut entièrement compenser la faiblesse des structures.

    Du brassard de capitaine à la présidence

    Après des passages à Chelsea, Manchester City et à l’Olympique de Marseille, George Weah achève sa carrière à Al-Jazira, aux Émirats arabes unis, en 2003. Mais son influence au Liberia dépasse déjà largement le cadre du sport.

    Il se lance progressivement en politique et se présente une première fois à l’élection présidentielle en 2005. Battu par Ellen Johnson Sirleaf, il poursuit son parcours, reprend ses études et devient sénateur du comté de Montserrado en 2014. En 2017, il remporte finalement l’élection présidentielle et dirige le Liberia de janvier 2018 à janvier 2024.

    Son bilan politique demeure discuté. Sa présidence a suscité de grandes attentes en matière de lutte contre la pauvreté, de développement des infrastructures et de gouvernance, mais elle a également été marquée par des critiques concernant la situation économique et la corruption. Battu de peu par Joseph Boakai en novembre 2023, Weah reconnaît rapidement sa défaite, contribuant à une nouvelle transition pacifique du pouvoir dans un pays longtemps marqué par l’instabilité.

    Un héritage qui dépasse les trophées

    George Weah demeure une figure unique dans l’histoire du sport mondial. Peu d’athlètes sont passés des quartiers populaires d’une capitale africaine aux plus grands stades européens, avant d’accéder à la magistrature suprême de leur pays.

    Son héritage ne repose pas seulement sur son Ballon d’Or. Il réside également dans la barrière symbolique qu’il a brisée. Sa réussite a contribué à modifier le regard porté sur les joueurs africains, longtemps réduits à leurs seules qualités physiques. Weah a démontré qu’un attaquant africain pouvait être à la fois puissant, techniquement raffiné, tactiquement intelligent et capable de devenir la figure centrale des plus grands clubs.

    Aujourd’hui encore, alors que l’Afrique attend un deuxième Ballon d’Or masculin, son nom reste une référence incontournable. Il continue d’ailleurs à intervenir dans les affaires du football mondial, notamment comme capitaine honoraire du Players’ Voice Panel de la FIFA consacré à la lutte contre le racisme.

    George Weah n’a jamais disputé la Coupe du monde et n’a jamais remporté la Ligue des champions. Pourtant, sa place dans l’histoire ne fait aucun doute. Parce qu’au-delà des statistiques et des trophées collectifs, il incarne une idée puissante : celle d’un talent africain capable de partir presque de rien, de conquérir le monde et d’ouvrir la voie à ceux qui viendraient après lui.

  • Coupe du monde : Après l’élimination, le spectre d’une implosion plane sur les Lions de la Teranga, Pape Guèye ouvre la fracture

    Coupe du monde : Après l’élimination, le spectre d’une implosion plane sur les Lions de la Teranga, Pape Guèye ouvre la fracture

    L’élimination du Sénégal dès les seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026 face à la Belgique pourrait laisser des traces bien plus profondes qu’une simple désillusion sportive. Au lendemain de cette sortie prématurée, un message publié par le milieu de terrain Pape Guèye sur son compte Instagram est venu jeter une lumière crue sur les tensions qui semblent traverser la Tanière.

    Dans une publication particulièrement explicite, l’international sénégalais a annoncé qu’il suspendrait sa carrière en sélection nationale si le staff technique actuel était maintenu.
    « Je reviendrai pour vous dire quelques mots par rapport à l’élimination… mais j’annonce aujourd’hui que tant que c’est ce staff technique, je ferai une pause sur la sélection », a-t-il écrit.
    Cette déclaration, rarissime à ce niveau, dépasse le cadre d’une simple réaction à chaud après une élimination. Elle constitue une remise en cause directe du travail du staff technique et laisse entrevoir un profond malaise au sein de l’équipe nationale.

    Sur le terrain, les premiers signes de cette frustration étaient déjà perceptibles. Remplacé à la 65e minute lors de la rencontre face à la Belgique, Pape Guèye avait quitté la pelouse avec une attitude traduisant clairement son mécontentement. Son langage corporel avait suscité de nombreuses interrogations, auxquelles son message publié quelques heures plus tard semble désormais apporter une réponse.
    Au-delà du cas individuel de Pape Guèye, cette prise de position soulève une question plus large : celle de la cohésion future des Lions de la Teranga. Lorsqu’un cadre de la sélection conditionne son retour à un changement de staff, c’est toute la stabilité du groupe qui peut être fragilisée.

    Une telle sortie publique risque également d’encourager d’autres voix à s’exprimer si certains joueurs partagent les mêmes réserves sur les choix techniques, la gestion du groupe ou les orientations tactiques. Dans un contexte où les attentes étaient particulièrement élevées avant le Mondial, l’échec sportif pourrait ainsi se transformer en crise interne.

    La Fédération sénégalaise de football se retrouve désormais face à une situation délicate. Maintenir le staff technique malgré les critiques pourrait entraîner le retrait provisoire de certains internationaux et accentuer les divisions. À l’inverse, céder à la pression des joueurs ouvrirait un débat sur l’autorité de l’encadrement et la gouvernance de la sélection.
    Après cette élimination, l’urgence ne sera donc pas uniquement de tirer les enseignements sportifs du parcours mondialiste. Il faudra également restaurer la confiance au sein du vestiaire afin d’éviter qu’une déception sportive ne débouche sur une véritable implosion de l’équipe nationale.

    Les prochains jours seront déterminants. Entre les éventuelles explications de Pape Guèye, la réaction du staff technique et la position de la Fédération, l’avenir des Lions de la Teranga pourrait connaître un tournant majeur. Une chose est certaine : le débat ne porte plus seulement sur les performances du Sénégal au Mondial, mais aussi sur la capacité de son encadrement à conserver la confiance de ses joueurs.

    Thom Biakpa

  • Mondial 2026 : Sénégal, quand une soirée de fête se transforme en cauchemar

    Mondial 2026 : Sénégal, quand une soirée de fête se transforme en cauchemar

    Le Sénégal a cru tenir l’un des plus grands exploits de son histoire. Pendant plus de quatre-vingts minutes, les Lions de la Teranga avaient parfaitement maîtrisé leur huitième de finale face à la Belgique. Avec deux buts d’avance et une équipe belge sans solution, la qualification semblait leur tendre les bras. Mais en quelques instants, tout a basculé.
    Ce qui ressemblait à une soirée de fête s’est transformé en véritable cauchemar.

    Après une première période aboutie, conclue par l’ouverture du score d’Habib Diarra, les hommes de Pape Thiaw avaient pris une option sérieuse sur la qualification dès le retour des vestiaires. Ismaïla Sarr, récompensé de ses nombreux efforts, doublait la mise d’une superbe reprise et faisait exploser de joie les supporters sénégalais. À 2-0, la Belgique semblait résignée, incapable de trouver les ressources nécessaires pour inverser la tendance.

    Mais le football peut parfois être d’une cruauté absolue.
    Alors que le chronomètre approchait des dernières minutes du temps réglementaire, le Sénégal a perdu le contrôle de son destin. Une légère erreur de marquage a permis à Romelu Lukaku de réduire l’écart à la 86e minute, redonnant soudainement espoir aux Diables rouges.

    À peine le temps de se réorganiser que les Lions encaissaient un deuxième coup de massue. Trois minutes plus tard, une mauvaise sortie de Mory Diaw profitait à Youri Tielemans, qui égalisait de la tête dans un but déserté. En l’espace de quelques minutes seulement, une avance confortable avait disparu, laissant place à une prolongation que personne n’imaginait quelques instants auparavant.

    Le Sénégal, sonné, ne parvenait plus à retrouver la sérénité qui avait fait sa force durant une grande partie de la rencontre. Malgré une énorme occasion de reprendre l’avantage, les Lions manquaient le coche et laissaient les Belges reprendre confiance. Le scénario allait devenir encore plus cruel.

    Alors que la séance de tirs au but semblait inévitable, la Belgique obtenait un penalty dans le temps additionnel de la prolongation après l’intervention de l’assistance vidéo. Lamine Camara était sanctionné pour une faute sur Tielemans au terme d’une longue vérification de l’arbitre.

    Face à son destin, Tielemans ne tremblait pas. Sa frappe sous la barre offrait la qualification aux Belges à la 120e+5 minute et plongeait tout un peuple dans la stupeur.

    Le Sénégal quitte ainsi la Coupe du monde avec d’immenses regrets. Pendant plus d’une heure vingt, les Lions avaient dominé une sélection belge pourtant annoncée favorite. Ils avaient le match en main, un pied en huitième de finale et la perspective d’un duel largement à leur portée contre la Bosnie-Herzégovine ou les États-Unis.

    Au lieu de cela, ils repartent avec une élimination au goût particulièrement amer, conséquence d’une fin de match totalement maîtrisée par la Belgique mais surtout d’un incroyable effondrement sénégalais.

    La RDC a également connu une désillusion similaire face à l’Angleterre. Après avoir ouvert le score très tôt, les Léopards ont été rejoints dans les dernières minutes avant de céder sur un doublé de Harry Kane.

    À ce stade de la compétition, le Maroc demeure la seule nation africaine à avoir validé son billet pour les huitièmes de finale, en attendant le Cap-Vert et le Ghana.

    Thom Biakpa

  • Sports automobiles en Afrique : passion coûteuse ou marché à construire ?

    Sports automobiles en Afrique : passion coûteuse ou marché à construire ?

    Des pistes de karting aux routes du rallye, en passant par le motocross et le rallye-raid, l’Afrique dispose d’un réel potentiel pour les sports mécaniques. Mais le coût des véhicules, la rareté des infrastructures et l’irrégularité des compétitions freinent encore leur développement. Pour dépasser le cercle des passionnés fortunés, le continent doit transformer la course automobile en un véritable écosystème sportif, technique et économique.

    Les sports automobiles africains vivent un paradoxe. Le continent possède une forte culture de l’automobile, une population jeune, des territoires spectaculaires et des millions de passionnés de vitesse. Pourtant, le rallye, le karting, le motocross ou les courses sur circuit restent peu accessibles, faiblement médiatisés et souvent dépendants de quelques promoteurs, mécènes ou pilotes capables de financer eux-mêmes leur saison.

    Le problème ne réside donc pas dans l’absence d’intérêt. Il se trouve dans la difficulté à transformer cette passion en marché organisé.

    Contrairement au football ou à l’athlétisme, le sport automobile nécessite dès le départ un investissement important. Il faut acquérir ou louer un véhicule, financer son entretien, acheter les équipements de sécurité, payer les licences, transporter le matériel et rémunérer une équipe technique. Une casse mécanique peut mettre fin à une saison entière. Pour un jeune pilote africain, le talent seul ne suffit presque jamais.

    Cette barrière financière explique en partie pourquoi la compétition automobile demeure associée aux catégories les plus aisées. Mais plusieurs initiatives montrent qu’un autre modèle est possible.

    Le rallye, principale vitrine africaine

    Le rallye reste la discipline automobile la mieux implantée sur le continent. Il possède une histoire ancienne en Afrique de l’Est, en Afrique australe et dans certains pays francophones.

    Le calendrier 2026 du Championnat d’Afrique des rallyes de la FIA comprend quatre épreuves : le Safari Rally au Kenya, le Pearl of Africa Uganda Rally, le Rwanda Mountain Gorilla Rally et le Mkwawa Rally of Tanzania. Cette concentration confirme que l’Afrique de l’Est est aujourd’hui le principal bassin du rallye continental.

    La région dispose de plusieurs avantages. Les compétitions bénéficient d’une histoire connue du public, de terrains particulièrement adaptés et de rivalités entre pilotes locaux. Les rallyes permettent également de valoriser des territoires ruraux ou touristiques rarement exposés par les autres disciplines sportives.

    Mais la géographie du championnat révèle aussi ses faiblesses. De nombreux pays apparaissent puis disparaissent du calendrier en fonction des difficultés financières, logistiques ou institutionnelles rencontrées par les organisateurs.

    La Côte d’Ivoire en offre une illustration. Le Rallye du Bandama a longtemps constitué l’une des grandes épreuves automobiles du continent. Sa 46e édition, organisée autour de Yamoussoukro en 2020, comptait douze spéciales et plus de 270 kilomètres chronométrés. Le Bandama figurait encore au calendrier africain en 2023, mais n’apparaît plus dans celui de 2026.

    Cette discontinuité empêche de construire une audience fidèle. Elle fragilise aussi les relations avec les sponsors, qui recherchent de la visibilité sur plusieurs années plutôt qu’une opération ponctuelle.

    Pour devenir un véritable produit économique, le rallye africain doit disposer d’un calendrier stable, d’une diffusion régulière et de standards communs en matière de sécurité, de chronométrage et d’organisation.

    Le karting, première marche indispensable

    La plupart des grands pilotes commencent par le karting. La discipline permet d’acquérir très tôt les fondamentaux : trajectoires, freinage, dépassement, gestion de la pression et compréhension mécanique.

    En Afrique, le karting demeure pourtant peu développé. Les circuits sont rares et le coût du matériel reste élevé pour la majorité des familles. Sans base suffisamment large, les fédérations ne peuvent pas réellement détecter les meilleurs talents.

    Plusieurs initiatives cherchent à réduire ces obstacles. La première African Karting Cup, organisée en Afrique du Sud en 2024 avec le soutien de la FIA, avait pour objectif d’identifier de jeunes pilotes africains et de leur offrir des passerelles vers les compétitions internationales.

    Au Mozambique, une académie de karting a développé un modèle associant apprentissage de la conduite, prêt de matériel et initiation des enfants. Une première session avait accueilli douze jeunes âgés de 5 à 12 ans, dont six filles. Le programme a ensuite été étendu à des établissements scolaires et à l’utilisation de simulateurs.

    En juin 2026, le Botswana a lancé à son tour une Karting Africa Academy. Quarante participants, dont certains âgés de six ans, ont pris part à la première activité. Le programme utilise un châssis conçu spécialement pour rendre l’initiation plus accessible aux fédérations africaines.

    Ces expériences indiquent la direction à suivre. Le karting africain ne pourra pas se développer uniquement à travers des propriétaires de véhicules privés. Il doit s’appuyer sur des modèles de location, des équipements mutualisés, des championnats scolaires et des programmes de bourses.

    Les simulateurs peuvent également jouer un rôle. Ils ne remplacent pas la conduite réelle, mais permettent de détecter des aptitudes et d’initier un plus grand nombre de jeunes à moindre coût.

    Motocross et rallye-raid : transformer les territoires en circuits

    Les sports motocyclistes offrent un autre potentiel important. Plusieurs pays disposent de terrains adaptés au motocross, à l’enduro et au rallye-raid sans avoir besoin de construire des circuits automobiles extrêmement coûteux.

    La Fédération internationale de motocyclisme organise déjà un Championnat africain de motocross. Le continent accueille également des événements reconnus comme le Roof of Africa au Lesotho, inscrit au Championnat du monde de Hard Enduro en 2025.

    Le défi reste cependant similaire : transformer quelques compétitions spectaculaires en filières nationales capables de former des pilotes, des mécaniciens, des commissaires et des organisateurs.

    L’intérêt économique ne se limite pas au nombre de spectateurs. Une course peut générer des nuitées hôtelières, de la restauration, des transports et des activités pour les petites entreprises locales.

    La première manche sud-africaine du Championnat du monde de rallye-raid, organisée en mai 2025, aurait généré 45 millions de rands pour la province du Nord-Ouest et permis de former plus de 75 officiels.

    Au Botswana, un championnat national de rallye-raid a mobilisé plus de 250 jeunes comme commissaires et atteint 40 % de participation féminine parmi les personnes impliquées dans l’organisation. Le projet a également été conçu pour soutenir le tourisme et les petites entreprises locales.

    Ces exemples montrent que le sport automobile peut créer de la valeur bien au-delà du pilote et de son véhicule.

    Former des pilotes, mais aussi des professionnels

    L’une des erreurs serait de limiter le développement des sports automobiles à la recherche du prochain pilote de Formule 1.

    Une compétition mobilise des mécaniciens, ingénieurs, logisticiens, médecins, secouristes, commissaires, chronométreurs, photographes, vidéastes et spécialistes du marketing. Le sport automobile peut donc devenir un outil de formation professionnelle.

    Au Rwanda, des étudiants d’une école polytechnique ont construit en un mois un prototype de cross car à partir de plans fournis par la FIA. Le projet visait un prix de production d’environ 5 000 dollars, très inférieur à celui de nombreuses voitures de compétition importées.

    Cette approche est particulièrement pertinente pour l’Afrique. Les écoles d’ingénieurs et les lycées techniques pourraient être associés à la conception, à l’entretien et à l’adaptation des véhicules. Les compétitions deviendraient alors des laboratoires consacrés à la mécanique, à l’électronique, aux matériaux et, demain, à la mobilité électrique.

    La fabrication locale de certains châssis, pièces ou équipements permettrait aussi de réduire les coûts et de faire émerger une petite industrie autour du sport.

    Un produit attractif pour les sponsors

    Les sports automobiles possèdent un fort potentiel commercial. Les constructeurs et concessionnaires y trouvent un environnement naturel, tout comme les marques de pneumatiques, de lubrifiants, de carburants et de pièces détachées.

    Mais le sponsoring peut aller beaucoup plus loin. Les banques, assurances, télécoms, compagnies aériennes, boissons, plateformes numériques et offices du tourisme peuvent utiliser les compétitions pour toucher une audience jeune et passionnée.

    Le principal obstacle est l’absence de données. Combien de spectateurs assistent aux événements ? Quelle est l’audience numérique ? Quels contenus sont produits ? Quelle visibilité obtient chaque partenaire ?

    Tant que les promoteurs ne pourront pas répondre précisément à ces questions, les entreprises continueront de considérer le sport automobile comme une dépense de prestige plutôt que comme un véritable investissement marketing.

    Chaque événement devrait donc être accompagné d’une stratégie de diffusion : retransmissions en ligne, formats courts pour les réseaux sociaux, portraits de pilotes, caméras embarquées, documentaires et contenus consacrés aux coulisses mécaniques.

    Les sports automobiles sont particulièrement adaptés à l’image. Encore faut-il que les images soient produites et distribuées.

    Passer du loisir élitiste à l’écosystème

    Le sport automobile restera toujours plus coûteux que de nombreuses autres disciplines. Mais cela ne signifie pas qu’il doive rester fermé.

    La priorité doit être de construire une pyramide. À la base, des programmes scolaires, du karting accessible, des simulateurs et des compétitions locales. Au milieu, des championnats nationaux structurés et des formules permettant de courir avec des véhicules standardisés. Au sommet, des rallyes continentaux et quelques événements internationaux capables d’attirer sponsors et touristes.

    Il faut également renforcer les fédérations, former les officiels et appliquer des exigences strictes de sécurité. Sans encadrement médical, contrôle technique et gestion rigoureuse du public, la recherche du spectacle pourrait rapidement devenir dangereuse.

    Les sports automobiles africains sont donc à la fois une passion coûteuse et un marché à construire.

    Le continent possède déjà les pilotes, les paysages et les communautés de passionnés. Il lui manque surtout des passerelles entre initiation et compétition, des calendriers durables et des modèles économiques lisibles.

    L’enjeu n’est pas seulement de faire courir davantage de voitures et de motos. Il est de bâtir autour d’elles une industrie africaine du sport, de la formation, du tourisme et de la technologie.

  • Max Brito : le drame que le rugby ivoirien ne doit jamais oublier

    Max Brito : le drame que le rugby ivoirien ne doit jamais oublier

    Le 3 juin 1995, lors de la Coupe du monde organisée en Afrique du Sud, l’international ivoirien Max Brito subissait une grave blessure cervicale au cours d’un match face aux Tonga. Resté tétraplégique jusqu’à son décès en 2022, il incarne à la fois la fragilité du sportif, les limites de la solidarité institutionnelle et une page douloureuse de l’histoire du rugby ivoirien.

    La Coupe du monde de rugby 1995 demeure associée à l’une des images les plus puissantes de l’histoire du sport : Nelson Mandela remettant le trophée au capitaine sud-africain François Pienaar, au terme d’un tournoi présenté comme un moment de réconciliation nationale.

    Pour la Côte d’Ivoire, cette compétition conserve pourtant un souvenir beaucoup plus sombre. Le 3 juin 1995, au stade de Rustenburg, la vie de Max Brito bascule en quelques secondes.

    L’ailier ivoirien récupère un ballon et tente de relancer le jeu. Il est plaqué, puis plusieurs joueurs s’engagent dans le regroupement formé au-dessus de lui. Lorsque les corps se dégagent, Brito reste immobile sur la pelouse. Ses quatrième et cinquième vertèbres cervicales ont été gravement touchées. Malgré les opérations réalisées après son évacuation, il restera paralysé.

    Du rêve mondial au drame

    Né à Abidjan le 8 avril 1968, Max Brito avait rejoint la France avec sa famille pendant son enfance. Il évoluait au Biscarrosse Olympique, dans les Landes, et travaillait parallèlement comme électricien. Sa sélection pour la Coupe du monde constituait l’aboutissement d’un parcours essentiellement amateur et la possibilité de représenter son pays au plus haut niveau.

    À 27 ans, il dispute les trois rencontres de la Côte d’Ivoire dans le tournoi. Après une lourde défaite contre l’Écosse et une prestation plus encourageante face à la France, les Éléphants affrontent les Tonga pour leur dernier match de poule.

    La rencontre vient à peine de commencer lorsque survient l’accident. Le geste n’a rien d’une agression spectaculaire. Il s’inscrit dans une phase ordinaire du rugby : une réception de balle, un plaquage, puis un regroupement. C’est précisément ce caractère banal qui rend le drame si brutal. En quelques instants, un joueur lancé dans la plus grande compétition de sa carrière perd l’usage de son corps.

    La Côte d’Ivoire s’incline 29 à 11. Mais le résultat devient immédiatement secondaire. L’unique participation du pays à une Coupe du monde reste dès lors indissociable du nom de Max Brito.

    Une autre vie, faite de douleurs et de dépendance

    Les opérations ne permettent pas de réparer les lésions. Brito conserve quelques mouvements limités du buste, de la tête et d’un bras, mais dépend durablement d’une assistance pour les actes essentiels de la vie quotidienne.

    En 2007, douze ans après l’accident, il raconte au Monde la réalité d’une existence presque entièrement passée dans un lit ou un fauteuil électrique. Il décrit les douleurs neurologiques, la dépendance, les escarres et l’épuisement moral provoqué par un handicap qu’il disait ne jamais avoir véritablement accepté.

    Son témoignage rappelle une vérité que les grandes compétitions occultent souvent. Derrière les images de courage, de dépassement de soi et de gloire sportive, certaines blessures ne prennent pas fin avec la sortie du terrain. Elles transforment le quotidien du joueur, mais également celui de sa famille, pendant plusieurs décennies.

    Max Brito a reçu des soins, des compensations et le soutien de plusieurs acteurs du rugby français et international. Une association créée à Biscarrosse après son accident a notamment contribué à améliorer ses conditions de vie. World Rugby a également rappelé, lors de son décès, l’engagement de plusieurs responsables français à ses côtés.

    Mais avec le temps, plusieurs observateurs ont estimé que la mobilisation du monde du rugby avait été insuffisante ou trop irrégulière. Des joueurs ont participé à des opérations de collecte de fonds. Jonah Lomu avait notamment mis aux enchères l’un de ses maillots du Mondial 1995. Ces gestes furent précieux, mais ils ne pouvaient remplacer un mécanisme permanent d’accompagnement.

    La responsabilité du sport ne s’arrête pas au coup de sifflet

    Le drame Max Brito pose une question qui dépasse le rugby ivoirien : que doit une discipline à celles et ceux dont la vie est brisée en la pratiquant ?

    Le sport professionnel et international dispose aujourd’hui de ressources considérables. Pourtant, la protection des athlètes reste souvent pensée autour de la prévention immédiate, de l’assurance ou de l’indemnisation initiale. Or, une blessure comme celle de Brito nécessite un accompagnement à vie : soins spécialisés, logement adapté, assistance humaine, soutien psychologique et protection de la famille.

    Son histoire invite également à examiner les différences entre les joueurs issus des grandes nations et ceux représentant des fédérations plus modestes. Tous participent pourtant au même tournoi et s’exposent aux mêmes risques. Ils ne disposent cependant pas toujours du même environnement médical, juridique et financier lorsque survient un accident grave.

    La sécurité ne doit pas non plus être invoquée pour contester la présence des petites nations dans les grandes compétitions. Elle doit conduire à renforcer leur préparation, leur encadrement médical et leur accès aux mêmes standards que les équipes les plus puissantes.

    Ne pas réduire Max Brito à son accident

    Max Brito ne voulait pas être uniquement présenté comme une victime. Malgré ce que le rugby lui avait coûté, il continuait à suivre les matchs. En 2007, il expliquait ne nourrir aucune haine particulière contre la discipline ou les joueurs tongiens. Il avait même cherché à obtenir un maillot dédicacé des Tonga, comme pour refermer symboliquement une histoire restée inachevée.

    Plus de vingt-cinq ans après le drame, il demeurait une figure de référence pour les Éléphants. En 2021, alors que la sélection ivoirienne tentait de retrouver la Coupe du monde, son témoignage avait été utilisé pour inspirer les joueurs. Le documentaire Le Réveil des Éléphants lui accordait une place centrale, montrant un homme capable de regarder les images de son accident et de continuer à transmettre son attachement au rugby.

    Après sa mort, le 19 décembre 2022, à l’âge de 54 ans, World Rugby a également souligné que son héritage devait se poursuivre à travers la Max Brito Academy, créée en Côte d’Ivoire pour former et inspirer de jeunes joueurs.

    Cette académie ne devrait pas être un simple hommage portant son nom. Elle pourrait devenir le cœur d’un véritable projet consacré à la sécurité, à la formation des entraîneurs, aux premiers secours, au suivi médical des joueurs et à l’accompagnement des sportifs blessés.

    Max Brito appartient à l’histoire du rugby ivoirien. Non seulement parce qu’il a porté le maillot national lors de l’unique Coupe du monde disputée par les Éléphants, mais parce que son destin oblige le sport à regarder au-delà des résultats.

    Son histoire est celle d’un rêve devenu tragédie. Elle est aussi un appel à la mémoire et à la responsabilité.

    Honorer Max Brito, ce n’est pas seulement se souvenir de l’accident de Rustenburg. C’est veiller à ce qu’aucun joueur gravement blessé ne soit, avec le temps, laissé seul face aux conséquences de son engagement

  • Le rugby africain peut-il exister au-delà de l’Afrique du Sud ?

    Le rugby africain peut-il exister au-delà de l’Afrique du Sud ?

    Quadruple championne du monde, l’Afrique du Sud domine le rugby continental au point d’en éclipser presque toutes les autres nations. Du retour du Zimbabwe en Coupe du monde à la popularité du rugby à sept au Kenya, plusieurs signes montrent pourtant qu’un autre rugby africain tente d’émerger.

    Lorsqu’il est question de rugby africain, un pays occupe presque tout l’espace. L’Afrique du Sud n’est pas seulement la première puissance du continent. Avec quatre titres mondiaux, elle constitue l’une des références absolues de la discipline.

    Ses franchises participent à des compétitions internationales, ses centres de formation alimentent les meilleurs championnats et ses joueurs évoluent dans les plus grandes équipes du monde. L’écart est tel que le rugby africain semble parfois se résumer aux Springboks.

    Pourtant, l’ovalie est pratiquée dans plusieurs autres pays. Le Zimbabwe, la Namibie, le Kenya, l’Ouganda, l’Algérie, Madagascar, le Sénégal ou encore la Côte d’Ivoire entretiennent, à des degrés différents, une tradition rugbystique.

    Le rugby existe donc déjà au-delà de l’Afrique du Sud. La véritable question est de savoir s’il peut devenir durablement compétitif, populaire et économiquement viable.

    Le Zimbabwe bouscule la hiérarchie

    Le premier signe d’un possible rééquilibrage est venu du Zimbabwe. En 2025, les Sables ont battu la Namibie en finale de la Rugby Africa Cup et décroché leur qualification pour la Coupe du monde 2027. Ils retrouveront le Mondial pour la première fois depuis 1991.

    Cette performance est d’autant plus significative que la Namibie avait représenté l’Afrique lors de toutes les Coupes du monde organisées entre 1999 et 2023. Pendant plus de vingt ans, elle a occupé presque automatiquement la place de deuxième puissance continentale.

    Le Zimbabwe ne s’est cependant pas contenté d’un exploit isolé. Il avait déjà remporté la Rugby Africa Cup en 2024. Son intégration à la nouvelle World Rugby Nations Cup doit désormais lui permettre de disputer davantage de rencontres contre des sélections de niveau comparable.

    Cette régularité est essentielle. Une équipe ne peut pas progresser en se réunissant uniquement quelques semaines avant un tournoi qualificatif. Elle a besoin d’un calendrier stable, d’un encadrement permanent et de ressources suffisantes pour préparer ses joueurs.

    Pour le Zimbabwe, le véritable défi sera donc de transformer sa qualification en point de départ d’un projet durable.

    Le Kenya a trouvé une autre voie

    Tous les pays africains ne peuvent pas reproduire le modèle sud-africain. Le rugby à quinze nécessite des effectifs importants, des clubs solides, des staffs complets et des déplacements coûteux.

    Pour plusieurs fédérations, le rugby à sept représente une voie plus accessible. Le Kenya l’a bien compris.

    Sa sélection à sept s’est imposée comme l’une des équipes africaines les plus identifiables à l’échelle internationale. En 2026, Nairobi a accueilli une étape du circuit HSBC SVNS 2 devant un stade rempli.

    Cette mobilisation prouve qu’un événement de rugby peut attirer un public important en Afrique, en dehors de l’Afrique du Sud. Elle montre également que le continent peut produire ses propres rendez-vous internationaux.

    Le rugby à sept présente plusieurs avantages. Les équipes sont plus réduites, les rencontres plus courtes et les tournois peuvent être concentrés sur quelques jours. Le format est spectaculaire, facilement diffusable et présent aux Jeux olympiques.

    Pour le Kenya, l’enjeu consiste désormais à convertir cette visibilité en développement structurel. Une sélection performante ne suffit pas si les clubs restent fragiles et si les jeunes disposent de peu de compétitions.

    Plusieurs modèles africains émergent

    L’Algérie constitue un autre exemple intéressant. Finaliste de la Rugby Africa Cup en 2024, elle peut s’appuyer sur des joueurs formés en France et sur une importante diaspora.

    Cette ressource lui permet de progresser rapidement. Elle ne doit toutefois pas remplacer la création de clubs, d’écoles de rugby et de compétitions locales. Une sélection construite uniquement autour de joueurs évoluant à l’étranger risque de rester déconnectée du public national.

    Madagascar présente un modèle très différent. Le rugby y bénéficie d’une véritable popularité, notamment dans plusieurs quartiers d’Antananarivo. Des rencontres continentales y ont déjà attiré des dizaines de milliers de spectateurs.

    Mais la passion ne suffit pas. Sans infrastructures, préparation physique, encadrement médical et financement des déplacements, un grand vivier de pratiquants ne garantit pas des performances internationales.

    L’Ouganda, de son côté, s’affirme progressivement comme une terre d’accueil des compétitions africaines. Kampala a organisé plusieurs éditions de la Rugby Africa Cup. Cette capacité d’organisation peut faire du pays un centre régional pour l’Afrique de l’Est.

    La Côte d’Ivoire doit reconstruire un système

    La Côte d’Ivoire occupe une place particulière dans l’histoire du rugby africain. En 1995, elle est devenue la deuxième sélection du continent, après le Zimbabwe, à participer à une Coupe du monde.

    Cette qualification aurait pu servir de point de départ à une politique nationale durable. Elle est restée une parenthèse.

    Plus de trente ans après, le rugby ivoirien manque encore de visibilité, de compétitions régulières et de structures suffisamment solides.

    Le pays dispose pourtant de plusieurs atouts : une population jeune, des établissements scolaires et universitaires, des entreprises susceptibles de parrainer des événements et une diaspora évoluant notamment en France.

    Pour redevenir compétitive, la Côte d’Ivoire doit d’abord reconstruire une communauté autour de la discipline. Cela suppose de développer le rugby scolaire, de rendre le championnat national plus lisible, de former davantage d’entraîneurs et d’organiser des rencontres internationales sur le territoire.

    L’objectif immédiat ne devrait pas être de retrouver la Coupe du monde, mais de créer un système capable de produire régulièrement des joueurs et d’attirer un public.

    Le principal obstacle reste l’absence de continuité

    Le rugby africain souffre moins d’un manque de potentiel que d’un manque de continuité.

    Dans plusieurs pays, les sélections sont réunies tardivement. Les joueurs évoluant à l’étranger arrivent peu avant les compétitions. Les stages sont courts et les matchs internationaux trop rares.

    Cette discontinuité empêche la progression sportive, mais aussi la construction d’un produit commercial.

    Un sponsor s’engage plus facilement lorsqu’il connaît le calendrier, les équipes participantes et les audiences disponibles. Un diffuseur a besoin de compétitions régulières. Un supporter ne peut pas s’attacher durablement à une sélection qu’il ne voit jouer qu’occasionnellement.

    La Rugby Africa Cup devrait donc devenir une compétition annuelle clairement identifiable, avec plusieurs divisions, un système de promotion et de relégation et un calendrier annoncé suffisamment tôt.

    Des compétitions régionales pourraient compléter ce dispositif en Afrique australe, en Afrique de l’Est, en Afrique du Nord et en Afrique de l’Ouest.

    Construire une véritable économie du rugby

    Le rugby africain reste largement dépendant des subventions publiques et du soutien des instances internationales.

    Pour devenir durable, il doit créer ses propres actifs : billetterie, droits de diffusion, sponsoring, académies, contenus numériques et produits dérivés.

    Les banques, assurances, télécoms ou compagnies aériennes peuvent trouver dans le rugby un positionnement différent de celui du football. La discipline véhicule des valeurs de discipline, de solidarité et de leadership qui intéressent particulièrement les entreprises.

    Le rugby féminin représente également une possibilité de croissance. Les hiérarchies internationales y sont moins figées et le rugby à sept offre un accès potentiel aux Jeux olympiques. Le Kenya, Madagascar ou l’Ouganda peuvent y progresser rapidement à condition de développer des clubs et des compétitions dès les catégories de jeunes.

    L’avenir du rugby africain ne dépendra probablement pas de l’apparition soudaine d’un deuxième géant capable de rivaliser avec les Springboks.

    Il passera plutôt par la construction progressive de plusieurs pôles compétitifs. Le Zimbabwe peut devenir une référence du rugby à quinze. Le Kenya peut consolider sa place dans le rugby à sept. Madagascar peut transformer sa passion populaire en résultats. L’Algérie peut relier sa diaspora à une base locale. La Côte d’Ivoire peut reconstruire une discipline dont elle a autrefois porté les couleurs au niveau mondial.

    Le rugby africain existe bien au-delà de l’Afrique du Sud. Mais il demeure encore dispersé.

    Les Springboks peuvent rester le géant du continent sans en rester l’unique visage.

  • Coupe du monde 2026 : La Côte d’Ivoire éliminée par la Norvège, la France déroule face à la Suède

    Coupe du monde 2026 : La Côte d’Ivoire éliminée par la Norvège, la France déroule face à la Suède

    L’aventure de la Côte d’Ivoire à la Coupe du monde 2026 s’est arrêtée aux portes des seizièmes de finale. Opposés à la Norvège, mardi 30 juin au AT&T Stadium de Dallas, les Éléphants se sont inclinés 2-1 après une rencontre qu’ils ont longtemps maîtrisée dans le jeu, sans toutefois réussir à faire preuve du réalisme nécessaire devant le but.

    Les premières minutes offrent un duel équilibré entre les deux sélections. La Norvège se montre la première dangereuse avec une tête d’Erling Haaland, neutralisée grâce à une intervention d’Odilon Kossounou. Au fil de la rencontre, les hommes d’Emerse Faé prennent progressivement le contrôle des opérations, imposent leur rythme et multiplient les offensives.

    Ghislain Konan se procure une première occasion dans un angle fermé, tandis que Nicolas Pépé manque une énorme opportunité au second poteau après un excellent service de Yan Diomandé. Malgré cette domination ivoirienne, les Scandinaves frappent au moment où on les attend le moins.

    À la 39e minute, Martin Ødegaard trouve Antonio Nusa, qui repique dans l’axe avant d’enrouler une frappe imparable dans la lucarne de Yahia Fofana pour ouvrir le score (1-0). Juste avant la pause, Ibrahim Sangaré évite même le deuxième but en intervenant de justesse devant Haaland.

    Au retour des vestiaires, les Éléphants poursuivent leurs efforts. Nicolas Pépé bute sur le gardien Orjan Nyland, Guéla Doué multiplie les centres dangereux et les corners s’enchaînent en faveur des Ivoiriens. Malgré cette pression constante, la défense norvégienne résiste. De l’autre côté, Diallo sauve son équipe sur sa ligne devant Heggem, maintenant les siens dans le match.

    La récompense finit par arriver à la 74e minute. Entré en cours de jeu, Amad Diallo réalise une superbe percée dans la surface avant de conclure d’une frappe du pied gauche qui trompe Nyland et remet les deux équipes à égalité (1-1).

    Relancés, les Ivoiriens poussent pour décrocher leur qualification. Mais à la 86e minute, la Norvège fait une nouvelle fois parler son efficacité. Bien servi par Patrick Berg, Erling Haaland, oublié au second poteau, conclut sans trembler et inscrit son 60e but en sélection, offrant la victoire et la qualification à son équipe (2-1).

    Une dernière tentative d’Amad Diallo est repoussée par Nyland, scellant définitivement l’élimination des Éléphants.
    Les chiffres traduisent pourtant la bonne prestation ivoirienne. La Côte d’Ivoire a tenté 14 frappes contre 9 pour la Norvège, dont 5 cadrées contre 4. Les hommes d’Emerse Faé ont également obtenu 14 corners, contre seulement 3 pour leurs adversaires. Seule la possession de balle est légèrement revenue aux Norvégiens (53 % contre 47 %).

    À l’issue de la rencontre, Emerse Faé n’a pas caché sa déception au micro de beIN Sports, tout en rendant hommage à l’engagement de ses joueurs.
    « C’est le foot. Quand on a des occasions, on doit savoir les mettre. Malheureusement, on prend ce but à la fin. Les joueurs ont tout donné et se sont battus jusqu’au bout. On est tombés sur une équipe valeureuse, qui a bien défendu jusqu’au bout », a déclaré le sélectionneur ivoirien.

    Le technicien a également retenu les enseignements de cette première expérience mondiale pour son groupe : « C’est le haut niveau, les petits détails, ça ne se joue pas à grand-chose. C’était la première Coupe du monde pour tout le monde. Ils ont bien grandi, bien appris, on reviendra. »

    Avant de conclure avec un message d’espoir : « On aura tout donné, tout essayé jusqu’au bout. Ce n’est pas passé aujourd’hui, mais on va continuer. »

    Malgré cette élimination, les Éléphants quittent la compétition avec des motifs de satisfaction dans le contenu de leur jeu. Plus entreprenants que leurs adversaires, ils ont cependant payé leur manque d’efficacité dans les zones décisives, tandis que la Norvège a parfaitement exploité ses occasions pour décrocher son billet pour les quarts de finale, où elle retrouvera le Brésil.

    Dans l’autre affiche de cette journée, la France n’a laissé aucune chance à la Suède. Emmenés par un Kylian Mbappé étincelant, les Bleus se sont largement imposés 3-0 et poursuivent sereinement leur parcours dans cette Coupe du monde 2026.

    Thom Biakpa

  • Coupe du monde 2026 : Le Maroc renverse les Pays-Bas et s’offre un huitième de finale face au Canada

    Coupe du monde 2026 : Le Maroc renverse les Pays-Bas et s’offre un huitième de finale face au Canada

    Le Maroc poursuit son aventure dans cette Coupe du monde 2026. Au terme d’une rencontre particulièrement disputée à l’Estadio de Monterrey, les Lions de l’Atlas ont éliminé les Pays-Bas à l’issue de la séance de tirs au but, après un score de 1-1 au terme des prolongations. Menés en seconde période, les hommes de Mohamed Ouahbi ont trouvé les ressources nécessaires pour revenir dans les ultimes instants du temps réglementaire avant de faire la différence depuis les onze mètres. Ils affronteront désormais le Canada en huitièmes de finale.

    Dès le coup d’envoi, les deux sélections ont affiché une grande intensité. L’importance de l’enjeu s’est rapidement ressentie sur le terrain, où les duels se sont multipliés. Les contacts rugueux, les tacles appuyés et plusieurs interventions musclées ont rythmé une première période très engagée, obligeant l’arbitre Wilton Sampaio à intervenir à plusieurs reprises pour calmer les esprits. Un joueur a même terminé le visage en sang après un choc survenu à la 37e minute.

    Sur le plan offensif, les occasions franches sont restées rares avant la pause. Le Maroc s’est néanmoins montré dangereux grâce à El Aynaoui, qui a failli profiter d’un corner, puis par Achraf Hakimi, dont la tentative lointaine a inquiété la défense néerlandaise à la 21e minute. En face, Micky Van de Ven a répondu par une puissante frappe juste avant la mi-temps, sans parvenir à faire évoluer le tableau d’affichage.

    Au retour des vestiaires, les Lions de l’Atlas ont considérablement haussé le rythme. Très actif dans son couloir droit, Hakimi est passé tout près d’ouvrir le score après une passe d’Azzedine Ounahi, mais sa frappe a terminé sur la barre transversale à la 53e minute. Quelques instants plus tard, le capitaine marocain s’est de nouveau retrouvé en excellente position avant d’être stoppé par un tacle parfaitement maîtrisé de Van de Ven, auteur d’un retour décisif.

    Alors que le Maroc semblait prendre progressivement le contrôle des débats, les Pays-Bas ont frappé sur une transition rapide. Lancé dans la profondeur par Wout Weghorst, Crysencio Summerville a résisté au retour de la défense marocaine avant de servir Cody Gakpo dans la surface. L’attaquant néerlandais a conclu d’une frappe puissante qui n’a laissé aucune chance à Yassine Bounou à la 72e minute. Très ému après son but, Gakpo, récemment touché par un drame familial, a célébré cette réalisation en larmes, entouré de ses coéquipiers.

    Loin de renoncer, le Maroc a continué à pousser jusqu’aux dernières secondes. Son insistance a finalement été récompensée dans le temps additionnel. Monté apporter le surnombre, Issa Diop a repris de la tête un centre de Talbi à la 91e minute pour remettre les deux équipes à égalité et offrir une prolongation à son équipe.
    Dans la foulée, les Lions de l’Atlas ont bien failli prendre l’avantage. Servi dans la surface, Soufiane Rahimi a éliminé son défenseur avant de se présenter face à Bart Verbruggen. Le gardien néerlandais a toutefois réalisé une parade exceptionnelle pour détourner le ballon en corner, signant l’un des arrêts les plus spectaculaires du tournoi.

    Les trente minutes supplémentaires ont été beaucoup plus prudentes. Soucieuses de ne pas commettre l’erreur fatale, les deux formations ont privilégié la solidité défensive, laissant le suspense se prolonger jusqu’à la séance de tirs au but.

    Lors de cet ultime exercice, les deux équipes ont connu plusieurs échecs. Finalement, c’est Ismaël Saibari qui a offert la qualification au Maroc en transformant le tir au but décisif.

    Une délivrance pour tout un peuple et une nouvelle page d’histoire pour les Lions de l’Atlas, qui poursuivent leur parcours mondial et retrouveront le Canada en huitièmes de finale avec l’ambition de continuer à rêver.

    Thom Biakpa

  • Coupe du monde: L’Afrique du Sud tombe les armes à la main, le Maroc défie les Pays-Bas

    Coupe du monde: L’Afrique du Sud tombe les armes à la main, le Maroc défie les Pays-Bas

    L’aventure de l’Afrique du Sud en Coupe du monde a pris fin de la plus cruelle des manières. Opposés au Canada en seizièmes de finale, les Bafana Bafana ont longtemps résisté avant de céder dans les ultimes instants de la rencontre, s’inclinant sur le score de 1-0 dimanche 28 juin. Une élimination frustrante pour une sélection sud-africaine qui a pourtant livré une prestation pleine de courage et d’ambition.

    Durant toute la rencontre, les Sud-Africains ont tenu tête à une équipe canadienne réputée pour sa solidité et son réalisme. Bien organisés défensivement, les Bafana Bafana ont également su se montrer dangereux en contre-attaque et se procurer plusieurs occasions de faire basculer la rencontre. Par moments, ils ont même pris l’ascendant dans le jeu, affichant une maîtrise technique et une intensité qui ont mis leurs adversaires en difficulté.

    Alors que les deux équipes semblaient se diriger vers une prolongation, le Canada a finalement trouvé la faille dans le temps additionnel de la seconde période. Ce but tardif a anéanti les espoirs sud-africains et plongé les joueurs ainsi que leurs supporters dans une immense déception. Malgré cette sortie prématurée, l’Afrique du Sud quitte la compétition avec les honneurs, après avoir démontré un état d’esprit irréprochable et un football séduisant.

    Cette élimination réduit un peu plus la présence africaine dans cette Coupe du monde, où les représentants du continent continuent de se battre pour prolonger leur parcours.
    Tous les regards se tournent désormais vers le Maroc, grand espoir africain à ce stade de la compétition. Les Lions de l’Atlas affronteront les Pays-Bas dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 juin au SoFi Stadium d’Inglewood. Une affiche prestigieuse qui promet un duel de très haut niveau entre deux équipes ambitieuses.

    Fort de l’expérience acquise lors de son parcours historique au Mondial 2022, où il avait atteint les demi-finales, le Maroc abordera cette rencontre avec de solides arguments. Les hommes du sélectionneur marocain devront toutefois réaliser un match presque parfait pour espérer venir à bout d’une sélection néerlandaise talentueuse, disciplinée et habituée aux grands rendez-vous internationaux.

    L’enjeu est immense pour les Lions de l’Atlas, qui rêvent de poursuivre leur aventure et de porter haut les couleurs du football africain. Une qualification face aux Pays-Bas permettrait non seulement de prolonger leur parcours dans le tournoi, mais aussi d’entretenir l’espoir de voir une nation africaine briller une nouvelle fois sur la scène mondiale.
    Après la désillusion sud-africaine, le continent retient désormais son souffle en attendant de voir si le Maroc saura relever le défi et poursuivre le rêve africain dans cette Coupe du monde.

    Thom Biakpa