Catégorie : football

  • Football : Privatisation de la FIFA, Infantino persiste dans son projet malgré la fronde de l’UEFA, l’un de ses proches conseillers claque la porte

    Football : Privatisation de la FIFA, Infantino persiste dans son projet malgré la fronde de l’UEFA, l’un de ses proches conseillers claque la porte

    La crise prend une ampleur inédite au sommet du football mondial. Alors que l’Union des associations européennes de football (UEFA) menace de boycotter les compétitions organisées par la FIFA, y compris la Coupe du monde, si le projet de privatisation partielle des activités commerciales de l’instance est maintenu, le président Gianni Infantino refuse de reculer. Au contraire, il poursuit son offensive en faveur de l’ouverture du capital commercial de la FIFA à des investisseurs privés, un projet qui provoque une onde de choc dans l’ensemble de la planète football.

    Dernier épisode en date de cette confrontation, la démission fracassante de Carlos Cordeiro, l’un des plus proches conseillers d’Infantino et principal architecte de plusieurs réformes financières de la FIFA. Son départ illustre la profondeur des divisions internes suscitées par une initiative que certains présentent déjà comme le changement le plus radical de l’histoire de l’organisation.

    Une nouvelle structure valorisée à 20 milliards de dollars

    Le projet porté par Gianni Infantino prévoit la création d’une nouvelle société commerciale baptisée FIFA Forward Enterprise (FFE). Cette entité regrouperait les droits commerciaux des principales compétitions organisées par la FIFA, notamment la Coupe du monde masculine, la Coupe du monde féminine, la Coupe du monde des clubs ainsi que les contrats de sponsoring, les droits télévisés, les licences et la billetterie.

    Selon les documents transmis aux 211 fédérations membres, cette nouvelle société serait valorisée autour de 20 milliards de dollars. Jusqu’à 20 % de son capital pourraient être cédés à des investisseurs privés, permettant à la FIFA de lever environ 4,2 milliards de dollars.

    Gianni Infantino affirme que cette opération donnerait aux fédérations nationales des moyens financiers sans précédent. Chaque association pourrait bénéficier d’une importante distribution exceptionnelle, tandis que les programmes de développement seraient considérablement renforcés pour le cycle 2026-2030.

    Le président de la FIFA assure également que l’instance conserverait plus de 80 % du capital ainsi que le contrôle exclusif de toutes les décisions sportives, réglementaires et organisationnelles. Selon lui, il ne s’agit nullement de vendre la Coupe du monde, mais simplement de mieux valoriser ses actifs commerciaux, afin d’accélérer le développement du football mondial.

    L’UEFA dénonce une marchandisation du football

    Ces arguments sont loin de convaincre les dirigeants européens.
    L’UEFA a rejeté avec fermeté cette proposition, dénonçant une initiative élaborée sans consultation préalable et susceptible de transformer progressivement le football mondial en actif financier.
    Plusieurs responsables européens estiment que cette opération ouvre la voie à une privatisation de fait des compétitions internationales les plus prestigieuses. Selon eux, l’entrée de fonds d’investissement dans la gouvernance commerciale du football risque d’accroître la pression sur la rentabilité, au détriment des intérêts sportifs.

    Le président de l’UEFA, Aleksander Čeferin, ainsi que plusieurs fédérations européennes considèrent que cette réforme pourrait créer un précédent historique et remettre en cause l’équilibre actuel entre les différentes confédérations.

    La menace est désormais explicite. Si le projet devait être adopté, l’UEFA pourrait retirer ses équipes nationales et ses clubs des compétitions organisées par la FIFA, y compris de la Coupe du monde. Une telle décision provoquerait une fracture institutionnelle sans précédent dans l’histoire moderne du football.

    Une opposition qui dépasse l’Europe

    La contestation ne se limite plus au continent européen.
    Plusieurs responsables de la CONCACAF et de la Confédération asiatique (AFC) ont également exprimé leurs inquiétudes sur le manque de transparence entourant cette opération financière.
    Des représentants du syndicat mondial des joueurs FIFPRO redoutent également que les impératifs des investisseurs privés conduisent à une inflation du calendrier international, déjà largement critiqué par les joueurs et les clubs.

    Les critiques portent aussi sur l’identité des investisseurs pressentis. Selon plusieurs médias internationaux, un consortium conduit par Thrive Capital, dirigé par Joshua Kushner, ferait partie des candidats intéressés par l’acquisition d’une participation dans la nouvelle société. Cette perspective alimente les interrogations sur l’influence croissante des grands fonds d’investissement dans l’économie du football mondial.

    Carlos Cordeiro démissionne avec fracas

    La contestation a franchi un nouveau cap avec la démission de Carlos Cordeiro.
    Ancien président de la Fédération américaine de football, ancien dirigeant de Goldman Sachs et conseiller stratégique de Gianni Infantino depuis 2021, il était considéré comme l’un des cerveaux de la modernisation économique de la FIFA.
    Dans une déclaration particulièrement sévère, il affirme ne pas avoir participé à l’élaboration du projet et estime que la FIFA n’a absolument pas besoin de vendre une partie de son actif le plus précieux.

    Selon lui, l’organisation dispose déjà d’une situation financière exceptionnelle.
    Grâce notamment au succès commercial de la Coupe du monde 2026, la FIFA affiche des revenus records, des réserves financières importantes et aucune dette structurelle.
    Dans ces conditions, Cordeiro considère qu’une telle opération ne répond à aucune nécessité économique et risque, au contraire, de priver durablement les générations futures des revenus issus des plus prestigieuses compétitions du football mondial.
    Sa démission est perçue comme un signal fort, tant son expertise financière faisait jusqu’ici figure de référence au sein de l’administration Infantino.

    Infantino refuse de céder

    Malgré cette fronde grandissante, Gianni Infantino demeure déterminé.
    Le président de la FIFA estime que ses opposants défendent essentiellement les intérêts des grandes puissances historiques du football, alors que son projet vise avant tout à renforcer les petites fédérations, notamment en Afrique, en Asie, en Océanie et dans les Caraïbes.
    Selon ses proches, l’objectif est de redistribuer davantage de ressources vers les pays en développement afin de réduire les inégalités économiques entre les différentes associations nationales.

    Infantino rappelle que l’ouverture du capital ne concernerait que les activités commerciales et non la gouvernance sportive de la FIFA.
    Les fédérations membres disposent désormais jusqu’au 19 septembre pour se prononcer sur cette réforme qui pourrait profondément transformer le modèle économique du football mondial.

    Un vote qui pourrait redessiner l’avenir de la FIFA

    Rarement un projet aura autant divisé la gouvernance internationale du football.
    Pour ses partisans, cette réforme représente une opportunité historique de générer plusieurs milliards de dollars supplémentaires au profit du développement du football mondial.
    Pour ses détracteurs, elle constitue au contraire le début d’une financiarisation irréversible des compétitions internationales, avec le risque de voir les investisseurs privés influencer progressivement les choix stratégiques de la FIFA.

    Le vote attendu des 211 fédérations membres s’annonce donc comme l’un des plus importants de l’ère Gianni Infantino. Son issue déterminera non seulement l’avenir économique de la FIFA, mais pourrait également redessiner durablement les rapports de force entre Zurich et les grandes confédérations continentales, au premier rang desquelles l’UEFA.

    Thom Biakpa

  • Marketing autour de la Coupe du monde : Nouveau bras de fer entre la FIFA et l’UEFA autour d’un projet à 3,5 milliards d’euros

    Marketing autour de la Coupe du monde : Nouveau bras de fer entre la FIFA et l’UEFA autour d’un projet à 3,5 milliards d’euros

    La FIFA pourrait bientôt franchir une étape importante dans la gestion commerciale de ses compétitions. L’instance mondiale du football étudie actuellement la possibilité de céder une participation minoritaire dans une société appelée à regrouper l’exploitation des droits commerciaux de ses principales compétitions.

    Selon plusieurs médias britanniques, cette opération porterait sur une part comprise entre 20 % et 30 % du capital de cette nouvelle structure. La transaction pourrait atteindre environ 3,5 milliards d’euros. La FIFA conserverait néanmoins une position majoritaire ainsi que le contrôle de la gouvernance de cette entité.

    Parmi les investisseurs intéressés figure Thrive Capital. Le fonds d’investissement dirigé par Joshua Kushner serait aujourd’hui le mieux placé pour prendre une participation dans cette société, tandis que JP Morgan accompagnerait le projet en qualité de partenaire financier. Joshua Kushner est le frère de Jared Kushner, ancien conseiller et gendre de Donald Trump.

    Cette nouvelle société aurait pour mission de gérer les droits commerciaux de la Coupe du monde masculine, de la Coupe du monde féminine ainsi que de la Coupe du monde des clubs. Interrogée sur le sujet, la FIFA a confirmé avoir reçu une proposition et lancé une phase de consultation, sans donner davantage de précisions sur les négociations en cours.

    Gianni Infantino défend cette évolution en estimant qu’une structure spécialisée permettrait de mieux valoriser les compétitions de la FIFA. Selon le président de l’organisation, cette approche favoriserait une redistribution plus importante des revenus générés par le football au profit de toutes les régions du monde.

    Cette perspective est toutefois loin de faire l’unanimité. L’UEFA s’est rapidement opposée au projet. Dans un communiqué relayé par The Times, l’instance européenne considère que l’ouverture du capital d’une telle structure constitue une limite à ne pas dépasser. Elle appelle l’ensemble des acteurs du football – fédérations, ligues, clubs et joueurs – à se mobiliser contre une initiative qu’elle juge préoccupante. Pour l’UEFA, la gouvernance du football ne peut devenir l’objet d’une opération financière menée dans un cadre insuffisamment transparent.

    Cette nouvelle divergence illustre les tensions persistantes entre Gianni Infantino et Aleksander Ceferin. Les deux dirigeants s’étaient déjà affrontés en 2021 lorsque la FIFA défendait l’idée d’organiser la Coupe du monde tous les deux ans. Ce projet avait finalement été abandonné face au manque de soutien des différentes confédérations.

    À ce stade, aucun calendrier n’a été communiqué concernant l’issue des discussions entre la FIFA, Thrive Capital et JP Morgan.

    Thom Biakpa

  • Football : Zinédine Zidane prend les commandes des Bleus et ouvre un nouveau chapitre de l’équipe de France

    Football : Zinédine Zidane prend les commandes des Bleus et ouvre un nouveau chapitre de l’équipe de France

    Le changement de génération est désormais officiel à la tête de l’équipe de France. Quelques jours après la fin de l’ère Didier Deschamps, la Fédération française de football a confirmé, ce mardi 28 juillet, la nomination de Zinédine Zidane au poste de sélectionneur des Bleus. Une décision attendue depuis plusieurs mois, tant l’ancien numéro 10 apparaissait comme le successeur naturel du champion du monde 1998.

    En choisissant Zidane, le président de la FFF, Philippe Diallo, confie les rênes de la sélection nationale à l’une des plus grandes figures du football français. Champion du monde en 1998, champion d’Europe en 2000 et Ballon d’Or la même année, « Zizou » retrouve les Bleus dans un nouveau costume, celui d’entraîneur.

    Comme à son habitude, l’ancien meneur de jeu est resté particulièrement discret avant l’officialisation de sa nomination. Présent dans les tribunes pendant la Coupe du monde, notamment pour soutenir son fils Luca, gardien de la sélection algérienne, éliminée en huitièmes de finale par la Suisse, il s’est gardé de tout commentaire sur son avenir ou sur le parcours de l’équipe de France. Il a également assisté à la finale du Mondial, attendant que son heure arrive une fois la compétition terminée.

    En coulisses, pourtant, le dossier semblait déjà réglé depuis plusieurs mois. Philippe Diallo avait confié connaître le nom du successeur de Didier Deschamps dès le mois de mars, tout en refusant de perturber la préparation des Bleus pour la Coupe du monde. La prudence était de mise jusqu’à la fin du parcours français, stoppé en demi-finale par l’Espagne.

    Depuis plusieurs années, Zidane n’avait jamais caché son ambition de prendre un jour les commandes de la sélection nationale. Déjà en 2012, quelques mois après la prise de fonction de Didier Deschamps, il évoquait son rêve de diriger les Tricolores. Plus récemment, en 2025, il réaffirmait se sentir pleinement légitime pour ce poste après plus d’une décennie passée sous le maillot bleu.

    Cette opportunité avait toutefois été retardée par la prolongation de Didier Deschamps en 2023. Le sélectionneur souhaitait poursuivre sa mission jusqu’à la Coupe du monde 2026, une volonté finalement validée par la Fédération malgré des discussions internes sur la durée de son mandat.

    Libre depuis la fin de sa seconde aventure au Real Madrid en 2021, Zidane revient sur le devant de la scène avec un palmarès d’entraîneur exceptionnel. À Madrid, il a notamment marqué l’histoire en remportant trois Ligues des champions consécutives entre 2016 et 2018, une performance inédite dans l’ère moderne de la compétition.

    À 54 ans, il hérite d’un groupe talentueux mais marqué par une fin de Mondial frustrante. Malgré un secteur offensif séduisant emmené par Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé et Michael Olise, la France a quitté la compétition en demi-finale face à l’Espagne avant de conclure sur une lourde défaite contre l’Angleterre lors du match pour la troisième place.

    Figure populaire et respectée, Zinédine Zidane conserve une image intacte auprès du public français, malgré l’épisode de son célèbre coup de tête contre Marco Materazzi lors de la finale de la Coupe du monde 2006, qui avait mis un terme à sa carrière internationale.

    Le nouveau sélectionneur entamera rapidement son mandat. Son premier rendez-vous officiel est fixé au 25 septembre, avec un déplacement en Turquie dans le cadre de la Ligue des nations. À ses côtés devrait prendre place David Bettoni, son fidèle adjoint depuis leurs années communes au centre de formation de l’AS Cannes puis sur le banc du Real Madrid.

    Une nouvelle page de l’histoire des Bleus s’ouvre ainsi avec l’arrivée d’une légende du football français, désormais chargée de transformer les ambitions de toute une nation en succès sur le terrain.

    Thom Biakpa

  • Football/ Équipe de France : Zinédine Zidane s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre chez les Bleus, il sera présenté le 28 juillet

    Football/ Équipe de France : Zinédine Zidane s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre chez les Bleus, il sera présenté le 28 juillet

    L’attente touche à sa fin. Après plusieurs années de spéculations et d’attentes, Zinédine Zidane va officiellement devenir le nouveau sélectionneur de l’équipe de France. La Fédération française de football a fixé au mardi 28 juillet, à 11 heures, la présentation de celui qui succédera à Didier Deschamps à la tête des Bleus.

    L’annonce interviendra à l’issue d’un Comité exécutif exceptionnel organisé dans la matinée. Le président de la FFF, Philippe Diallo, prendra ensuite la parole lors d’une conférence de presse organisée au siège de la Fédération, afin de dévoiler officiellement le nouveau patron de la sélection nationale. L’événement sera diffusé en direct sur la chaîne YouTube de l’instance, permettant aux supporters de suivre les premiers mots de Zidane dans ses nouvelles fonctions.

    Cette nomination marque le retour de l’ancien numéro 10 français sur un banc de touche après une longue période d’absence. Depuis son départ du Real Madrid à l’issue de la saison 2020-2021, le technicien de 54 ans avait choisi de rester éloigné des terrains. Malgré les nombreuses rumeurs l’envoyant dans plusieurs grands clubs européens, notamment au Paris Saint-Germain ou encore à l’Olympique de Marseille, Zidane n’avait jamais repris d’équipe.

    Son dernier passage sur le banc madrilène reste associé à une période exceptionnelle de sa carrière d’entraîneur. Sous ses ordres, le Real Madrid a remporté trois Ligues des champions consécutives, une performance historique qui demeure inégalée dans l’ère moderne de la compétition. Ce palmarès prestigieux nourrit désormais de grandes attentes autour de sa première expérience à la tête d’une sélection nationale.

    L’ancien meneur de jeu hérite d’une équipe de France qui tourne une page majeure de son histoire. Après quatorze années aux commandes, Didier Deschamps quitte son poste en laissant une empreinte considérable. Avec 185 rencontres dirigées, il devient le sélectionneur le plus durable de l’histoire des Bleus. Son bilan est également remarquable : 120 victoires, 35 matches nuls et seulement 30 défaites.

    Durant son mandat, Deschamps a conduit la France vers le titre de champion du monde en 2018, avant d’ajouter la Ligue des Nations à son palmarès en 2021. Il fait également partie du cercle très fermé des hommes sacrés champions du monde à la fois comme joueur et comme sélectionneur, aux côtés de Mário Zagallo et Franz Beckenbauer. Son aventure avec les Bleus s’est achevée après la défaite concédée face à l’Angleterre (6-4) lors de la petite finale de la Coupe du monde 2026.

    L’arrivée de Zinédine Zidane apparaît comme l’aboutissement d’un projet évoqué depuis plusieurs années. L’ancien champion du monde 1998 n’a jamais caché son envie de prendre un jour les rênes de la sélection française, un objectif qui se concrétise désormais.

    Sa prise de fonctions est attendue au mois de septembre, avec les premières rencontres de qualification qui ouvriront véritablement son mandat. D’ici là, plusieurs interrogations demeurent. La composition de son staff technique, le maintien ou non de certains membres de l’encadrement actuel, la durée de son contrat ainsi que les objectifs fixés par la Fédération n’ont pas encore été dévoilés.

    Ces différents éléments devraient être précisés lors de sa présentation officielle, un rendez-vous très attendu qui marquera le début d’une nouvelle ère pour l’équipe de France.

    Thom Biakpa

  • CAN 2032 : La candidature conjointe de l’AES obtient un premier feu vert de la CAF

    CAN 2032 : La candidature conjointe de l’AES obtient un premier feu vert de la CAF

    Le projet de candidature commune du Burkina Faso, du Mali et du Niger pour accueillir la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2032 poursuit son chemin. La Confédération africaine de football (CAF) a officiellement validé la déclaration d’intérêt présentée par les trois fédérations nationales, une avancée confirmée dans un communiqué de la Fédération nigérienne de football (FENIFOOT), publié le 20 juillet à Niamey.

    Cette étape fait suite à une réunion organisée le 18 juillet à New York entre le président de la CAF, Patrice Motsepe, et les responsables des fédérations des trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). Le Burkina Faso était représenté par le colonel Oumarou Sawadogo, le Mali par Mahazou Cisset et le Niger par Issaka Adamou. Le colonel-major Djibrilla Hima Hamidou, membre du Conseil de la FIFA et président d’honneur de la FENIFOOT, a également pris part aux discussions.

    Selon la FENIFOOT, Patrice Motsepe a salué cette initiative régionale, qu’il considère comme un exemple de coopération entre fédérations africaines. Il a néanmoins rappelé que la candidature devra suivre l’ensemble des procédures prévues par le règlement de la CAF avant d’être définitivement retenue.

    La validation de cette déclaration d’intérêt repose sur les dispositions de l’article 7.3 du règlement des candidatures de la CAF. Elle permet désormais aux trois fédérations de poursuivre l’élaboration de leur dossier officiel.

    La FENIFOOT précise que ce travail se fera en étroite collaboration avec la Fédération burkinabè de football (FBF) et la Fédération malienne de football (FEMAFOOT).

    Au début du mois de juillet 2026, la CAF avait lancé un appel à candidatures auprès de ses 54 associations membres pour l’organisation des CAN 2028, 2032 et 2036. Le cahier des charges de cette procédure a été élaboré avec l’appui du cabinet PwC et d’experts techniques, financiers et juridiques, dans le but d’assurer un processus de sélection transparent, crédible et conforme aux standards internationaux.

    La confédération a également annoncé une réforme de son calendrier. À compter de 2028, la Coupe d’Afrique des Nations sera organisée tous les quatre ans. Une nouvelle compétition continentale masculine destinée aux sélections nationales se disputera durant les années intermédiaires, en dehors des années de Coupe du monde.

    Le projet porté par les trois pays de l’AES s’inscrit dans une dynamique déjà amorcée sur le continent. L’édition 2027 de la CAN sera en effet organisée conjointement par le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie, une première qui pourrait servir de modèle à cette candidature sahélienne.

    La désignation du pays hôte de la CAN 2032 n’est toutefois pas attendue dans l’immédiat. Avant toute décision, la CAF devra évaluer la qualité des infrastructures sportives, des capacités d’hébergement, des réseaux de transport ainsi que l’ensemble des exigences techniques imposées aux pays candidats. De son côté, la FENIFOOT affirme sa volonté de poursuivre les préparatifs afin de donner toutes les chances de succès à cette candidature commune, présentée comme une initiative historique pour les trois États membres de l’AES.

    Thom Biakpa

  • Mondial 2026 : Plus de 700 drones neutralisés, le FBI dévoile l’ampleur du dispositif de sécurité de la compétition

    Mondial 2026 : Plus de 700 drones neutralisés, le FBI dévoile l’ampleur du dispositif de sécurité de la compétition

    Au lendemain de la Coupe du monde 2026, les autorités américaines dressent le bilan d’une opération sécuritaire d’une ampleur rarement atteinte pour un événement sportif. Le directeur du FBI, Kash Patel, a révélé que plus de 700 drones avaient été neutralisés au cours de la compétition, illustrant l’importance accordée à la protection de l’espace aérien pendant le tournoi.

    Intervenant le 20 juillet sur Fox News, le responsable de l’agence fédérale a expliqué que la menace représentée par les drones figurait parmi les principales préoccupations des services de sécurité.

    Pour y faire face, des unités spécialisées, formées au sein de la première école du FBI dédiée à la lutte contre les drones, située à Redstone Arsenal, dans l’État de l’Alabama, ont été déployées sur l’ensemble des sites ayant accueilli des rencontres.

    Selon Kash Patel, ces équipes ont permis d’intercepter et de neutraliser plus de 700 appareils au cours de la compétition. Cette annonce témoigne de la place grandissante qu’occupe la surveillance des drones dans les dispositifs de sécurité mis en œuvre lors des grands rassemblements internationaux.

    Au-delà de cette mission spécifique, le FBI affirme avoir mobilisé près de 5 000 personnes pour contribuer à la sécurisation du tournoi. Parmi elles figuraient plus de 4 000 agents provenant des bureaux extérieurs de l’agence, environ 800 agents du siège ainsi que deux bureaux d’attachés juridiques.

    L’organisation reposait également sur le soutien de 59 groupes de travail spécialisés dans la sécurité intérieure.
    Le contrôle des personnes accréditées a également constitué un volet majeur du dispositif. D’après le FBI, près de 300 000 vérifications d’antécédents ont été réalisées avant le début de la compétition. Ces contrôles concernaient aussi bien les joueurs et les membres des staffs techniques que l’ensemble du personnel autorisé à accéder aux différents sites du tournoi.

    Les responsables américains estiment que ces mesures ont contribué au bon déroulement de la compétition. Toujours selon Kash Patel, aucune « attaque criminelle significative » n’a été enregistrée durant les 78 rencontres organisées aux États-Unis, lesquelles ont attiré environ 6,5 millions de spectateurs.

    La question de la sécurité face aux drones s’impose désormais comme un enjeu incontournable des grandes compétitions sportives. Avant le Mondial 2026, les Jeux olympiques de Paris en 2024 avaient déjà nécessité la mise en place de dispositifs de brouillage et d’interception pour protéger les sites les plus sensibles contre ce type de menace.
    Ces annonces interviennent quelques heures après la fin officielle du tournoi.

    Disputée le 19 juillet au MetLife Stadium, la finale a vu l’Espagne s’imposer face à l’Argentine sur le score de 1-0 grâce à un but de Ferran Torres inscrit en prolongation. Ce succès offre à la Roja un deuxième titre mondial au terme d’une édition historique, première à réunir 48 sélections et première à être organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique.

    Présent dans les tribunes aux côtés du président de la FIFA, Gianni Infantino, le président américain Donald Trump a salué le déroulement de la compétition à son retour à Washington. Il a qualifié la FIFA d’« incroyable » et estimé que cette édition de la Coupe du monde avait surpassé les précédentes.

    Avec ce bilan présenté par le FBI, les autorités américaines mettent en avant l’ampleur des moyens déployés pour protéger l’un des plus grands événements sportifs de la planète, dans un contexte où les risques liés aux drones occupent une place croissante dans les stratégies de sécurité.

    Thom Biakpa

  • Coupe du monde 2026 : La FIFA réalise un record historique de 15 milliards de dollars de recettes

    Coupe du monde 2026 : La FIFA réalise un record historique de 15 milliards de dollars de recettes

    Avec des recettes estimées à 15 milliards de dollars, soit environ 13 milliards d’euros, la Coupe du monde 2026 s’impose comme l’événement le plus rentable de l’histoire de la FIFA. Jamais la Fédération internationale de football association n’avait généré un tel niveau de revenus à l’occasion d’un seul cycle de Coupe du monde. Cette performance financière exceptionnelle confirme la transformation du Mondial en une véritable machine économique, dont le poids dépasse désormais largement le seul cadre sportif.

    Organisée pour la première fois par trois pays – les États-Unis, le Canada et le Mexique, cette édition 2026 constitue également un tournant dans l’histoire de la compétition. Le passage de 32 à 48 équipes participantes, accompagné d’un calendrier porté à 104 rencontres réparties dans seize villes hôtes, a considérablement renforcé le potentiel commercial du tournoi. Ce nouveau format a offert à la FIFA davantage de contenus à vendre, plus de billets à commercialiser et un nombre accru d’opportunités pour ses partenaires économiques.

    L’essentiel de cette croissance repose sur les droits audiovisuels, qui demeurent la première source de revenus de l’organisation. Les diffuseurs et les plateformes de streaming se sont livrés une concurrence particulièrement intense pour obtenir les droits de retransmission d’une compétition suivie par plusieurs milliards de téléspectateurs à travers le monde. Les revenus issus de ces contrats dépassent désormais les quatre milliards de dollars, illustrant la valeur exceptionnelle de la marque « Coupe du monde ».

    Le sponsoring représente le deuxième pilier de cette réussite financière. Aux côtés des partenaires historiques, de nombreuses entreprises internationales issues des secteurs de la technologie, des services financiers, de l’énergie ou encore du commerce électronique ont investi des sommes considérables, afin d’associer leur image au plus grand rendez-vous du football mondial. La visibilité offerte par la compétition fait de la Coupe du monde un support marketing sans équivalent dans l’univers sportif.

    La billetterie et les offres d’hospitalité ont également largement contribué à cette envolée des recettes. Les stades nord-américains, parmi les plus vastes au monde, ont accueilli un nombre record de spectateurs, tandis que la très forte demande internationale a permis à la FIFA de mettre en place une politique tarifaire particulièrement ambitieuse. Les espaces VIP, les prestations haut de gamme et les programmes d’hospitalité destinés aux entreprises ont généré des revenus supplémentaires particulièrement importants.

    Avant le début de la compétition, la FIFA tablait déjà sur un cycle financier record compris entre 13 et 14 milliards de dollars. Les résultats enregistrés à l’issue du tournoi dépasseraient finalement ces prévisions, avec des recettes estimées à près de 15 milliards de dollars, grâce aux excellentes performances des ventes de billets, des contrats commerciaux et des revenus liés à l’hospitalité.

    Cette solidité financière permet à l’instance mondiale de renforcer sa politique de redistribution. Le Conseil de la FIFA a ainsi annoncé une augmentation historique des dotations destinées aux 48 fédérations qualifiées, portant les distributions à près de 900 millions de dollars. Selon l’organisation, ces ressources doivent financer le développement des infrastructures, la formation des jeunes, le football féminin ainsi que les programmes de soutien aux associations membres.

    Au-delà des bénéfices engrangés par la FIFA, les retombées économiques profitent également aux pays organisateurs. Les études menées avant la compétition estiment que la Coupe du monde 2026, combinée à la Coupe du monde des clubs 2025, pourrait générer plusieurs dizaines de milliards de dollars de richesse supplémentaire pour l’économie mondiale et soutenir la création de centaines de milliers d’emplois dans les secteurs du tourisme, des transports, de l’hôtellerie et des services. Les économistes rappellent toutefois que ces bénéfices varient selon les territoires et peuvent être atténués par les coûts liés aux infrastructures, à la sécurité et à l’organisation.

    Cette réussite économique nourrit néanmoins certaines critiques. Plusieurs observateurs dénoncent une commercialisation toujours plus poussée de la compétition, marquée par l’augmentation du prix des billets, le développement des offres premium et une place grandissante accordée aux partenaires commerciaux. Pour ses défenseurs, cette stratégie constitue toutefois un levier indispensable pour assurer le financement durable des programmes de développement du football à travers le monde.

    Avec 15 milliards de dollars de recettes, la Coupe du monde 2026 marque ainsi un tournant majeur dans l’histoire économique de la FIFA. Jamais l’instance dirigeante du football mondial n’avait atteint un tel niveau de revenus.

    Portée par l’élargissement de la compétition, l’explosion des droits de diffusion, la puissance du sponsoring et une stratégie commerciale particulièrement ambitieuse, la FIFA confirme que la Coupe du monde est devenue l’un des événements sportifs les plus rentables de la planète, capable de générer des retombées économiques d’une ampleur inédite.

    Thom Biakpa

  • Mondial 2026 : L’Espagne fait chuter l’Argentine de Léo Messi et décroche une deuxième étoile

    Mondial 2026 : L’Espagne fait chuter l’Argentine de Léo Messi et décroche une deuxième étoile

    Seize ans après avoir inscrit son nom au sommet du football mondial en Afrique du Sud, l’Espagne retrouve le toit de la planète. Au terme d’une finale longtemps verrouillée face à une Argentine incapable de renverser le cours du match, la Roja s’est imposée 1-0 après prolongation grâce à un but décisif de Ferran Torres. Une victoire méritée qui vient récompenser une campagne quasiment parfaite.

    Ferran Torres, le nouveau héros de la Roja

    Les grandes nations écrivent leur histoire grâce à des joueurs capables de surgir dans les moments décisifs. En 2010, Andrés Iniesta avait offert à l’Espagne sa première Coupe du monde en inscrivant le but victorieux contre les Pays-Bas à la 116e minute. Seize ans plus tard, Ferran Torres s’est inscrit dans cette lignée.

    À la 106e minute, sur une remise de la tête de Nico Williams, l’attaquant du FC Barcelone a conclu d’une reprise du pied gauche pour tromper Emiliano Martinez. Une réalisation qui a finalement récompensé la domination constante des Espagnols, maîtres du jeu du début à la fin.

    Après la rencontre, Torres a partagé son émotion en dédiant son but à l’ensemble du peuple espagnol, symbole d’un sacre attendu depuis plus d’une décennie.

    Une finale fermée, loin des festivals offensifs

    Contrairement aux finales spectaculaires de 2018 et 2022, riches en buts et en rebondissements, cette 23e finale de la Coupe du monde a proposé un scénario beaucoup plus tactique. Le score de 1-0 rappelle les finales remportées par l’Espagne en 2010 et par l’Allemagne en 2014.

    Le spectacle n’a d’ailleurs pas toujours été sur la pelouse. La mi-temps, prolongée durant 27 minutes, a offert un show grandiose réunissant Madonna, les anciennes légendes brésiliennes Ronaldo et Ronaldinho, ainsi que Shakira, dans une prestation particulièrement remarquée.

    Une domination espagnole sans partage

    Dès les premières minutes, l’Espagne a imposé son rythme. Lamine Yamal s’est procuré une première occasion dès la cinquième minute, mais Emiliano Martinez a repoussé sa tentative.

    La Roja a ensuite monopolisé le ballon pendant toute la rencontre, installant son jeu de possession dans le camp adverse. Pourtant, malgré cette maîtrise, les occasions franches sont longtemps restées rares. Oyarzabal a obligé Martinez à intervenir juste avant la pause, tandis que les Argentins traversaient une première période sans réussir le moindre tir.

    Au retour des vestiaires, les Espagnols ont accentué leur pression. Alex Baena, Rodri puis Nico Williams se sont successivement heurtés à un Martinez exceptionnel, auteur de plusieurs arrêts déterminants qui ont maintenu l’Argentine en vie jusqu’à la prolongation.

    L’Argentine totalement étouffée

    Habituée aux scénarios renversants tout au long de cette Coupe du monde, l’Albiceleste n’a jamais trouvé les ressources pour inquiéter son adversaire. Neutralisés dans tous les secteurs du jeu, les Argentins n’ont enregistré aucun tir durant le temps réglementaire et n’ont attendu les prolongations que pour tenter enfin leur première frappe.

    Leur tâche s’est encore compliquée avec l’expulsion d’Enzo Fernandez, sanctionné d’un second carton jaune à la 90e minute.

    Lionel Messi, très discret tout au long de cette finale, n’a jamais réussi à peser sur la rencontre. Le capitaine argentin, qui espérait conclure son parcours mondial par un nouveau sacre, est resté sans solution face à l’organisation défensive espagnole.

    Une victoire logique pour un champion impressionnant

    Le succès espagnol ne souffre d’aucune contestation. Solide défensivement, inspirée collectivement et dominante dans la maîtrise du ballon, la Roja a confirmé son statut de meilleure équipe du tournoi.

    Cette deuxième étoile vient couronner une sélection invaincue depuis 38 rencontres, une série qui constitue un nouveau record dans le football international. Plus impressionnant encore, les Espagnols n’ont concédé qu’un seul but durant l’ensemble de la compétition, une performance remarquable dans une Coupe du monde disputée pour la première fois à 48 équipes.

    En renouant avec le titre mondial, l’Espagne ouvre un nouveau chapitre de son histoire. Une génération emmenée par Lamine Yamal, Nico Williams, Rodri et désormais Ferran Torres inscrit son nom parmi les plus grandes de la Roja et confirme que le football espagnol est de retour au sommet du monde.

    Thom Biakpa

  • Africa Sports, la légende ivoirienne à la recherche d’un nouveau souffle

    Africa Sports, la légende ivoirienne à la recherche d’un nouveau souffle

    Pendant plusieurs décennies, l’Africa Sports a fait vibrer la Côte d’Ivoire, rempli les stades et remporté des trophées sur le continent. Aujourd’hui enlisé en Ligue 2, le géant vert et rouge lutte pour retrouver une place à la hauteur de son histoire. Son déclin raconte autant les transformations du football ivoirien que les limites d’un modèle de gouvernance longtemps dépendant de personnalités providentielles.

    Le 15 mars 2026, le stade Félix-Houphouët-Boigny a retrouvé l’une des affiches les plus chargées d’histoire du football ivoirien. L’ASEC Mimosas affrontait l’Africa Sports en seizièmes de finale de la Coupe nationale. Les Jaune et Noir se sont imposés sur la plus petite des marges. Mais, au-delà du résultat, l’événement avait quelque chose de mélancolique. L’un des deux géants arrivait en leader de la Ligue 1. L’autre évoluait toujours en deuxième division, cinq ans après la première relégation de son histoire.

    Un club né à Treichville

    L’histoire commence le 27 avril 1947, dans le quartier Habitat Craône de Treichville. Autour de Doua Sery, plus connu sous le nom de Sery Mogador, plusieurs passionnés fondent le Club Sportif Bété. La formation adoptera ensuite le nom d’Africa Sports et une identité plus large, appelée à dépasser son ancrage communautaire initial. Le vert et le rouge deviennent progressivement les couleurs de l’un des plus puissants mouvements populaires du pays.

    L’Africa n’est pas seulement une équipe. C’est un peuple de supporters, les « Oyé », organisé autour des Membres associés mobilisés, les célèbres MAM. Pendant des décennies, suivre l’Africa relève presque de l’appartenance familiale. Les victoires se célèbrent dans les quartiers, les défaites alimentent les conversations pendant des semaines et les élections à la tête du club passionnent parfois autant que les rencontres disputées sur le terrain.

    Cette ferveur accompagne la montée en puissance des Aiglons dans les années 1970 et 1980. L’Africa s’impose alors comme le nouveau club phare du pays. Entre le milieu des années 1970 et 1990, il remporte neuf championnats et atteint en 1986 la finale de la Coupe d’Afrique des clubs champions. Son palmarès compte aujourd’hui 18 titres de champion de Côte d’Ivoire, tandis que son succès de 2017 constituait sa 17e victoire en Coupe nationale.

    L’époque de Simplice Zinsou

    Cette période glorieuse reste indissociable de Simplice de Messé Zinsou. Journaliste sportif devenu homme d’affaires, il prend la tête du club à la fin des années 1970 et lui donne une ambition nouvelle. Personnage flamboyant, excellent communicant et recruteur passionné, il sillonne l’Afrique à la recherche de joueurs capables d’enflammer les tribunes. Sous sa présidence, l’Africa remporte notamment les championnats de 1977, 1978, 1982, 1983 et 1985.

    Les noms de Kallet Bially, Sékou Bamba, Emmanuel Moh, Kader Keïta, Rashidi Yekini, Alain Gouaméné, Jean-Jacques Tizié ou encore Abdoulaye Traoré ont, à différentes époques, nourri la mémoire collective des supporters. L’Africa attirait des talents ivoiriens, mais aussi des vedettes venues d’autres pays africains. Le club incarnait un football spectaculaire, populaire et volontiers excessif.

    La consécration continentale arrive en 1992 avec la victoire en Coupe d’Afrique des vainqueurs de coupe face au Vital’O du Burundi. Quelques mois plus tard, l’Africa remporte la Supercoupe d’Afrique contre le Wydad de Casablanca. En 1999, les Aiglons décrochent une seconde Coupe d’Afrique des vainqueurs de coupe, cette fois contre le Club Africain de Tunis. Peu de formations ivoiriennes peuvent revendiquer une telle continuité au plus haut niveau continental.

    L’ASEC, le rival qui a façonné l’Africa

    L’histoire de l’Africa Sports ne peut cependant être racontée sans celle de l’ASEC Mimosas. Fondés à un an d’intervalle, les deux clubs ont transformé leurs confrontations en rendez-vous national. Dans les tribunes du Félicia, les « Mimos » jaune et noir répondaient aux « Oyé » vert et rouge. La rivalité dépassait largement le classement. Elle traversait les quartiers, les familles et, parfois, les appartenances régionales ou politiques. Des supporters venaient même de pays voisins pour assister au derby.

    À partir de la fin des années 1980, le duel prend la forme d’un face-à-face entre deux dirigeants. D’un côté, Simplice Zinsou et son management fondé sur le prestige, la mobilisation populaire et le recrutement de vedettes. De l’autre, Roger Ouégnin, élu président de l’ASEC en novembre 1989, qui engage une professionnalisation méthodique de son club.

    Avec Philippe Troussier, puis Jean-Marc Guillou, Roger Ouégnin développe une organisation plus structurée. L’Académie MimoSifcom, fondée en 1993, produit une génération exceptionnelle comprenant notamment Kolo Touré, Yaya Touré, Emmanuel Eboué, Arthur Boka, Siaka Tiéné ou Gervinho. L’ASEC remporte la Ligue des champions africaine en 1998 et installe une domination durable sur le championnat ivoirien.

    Cette opposition résume deux conceptions du football. L’Africa s’est longtemps appuyé sur sa puissance populaire, ses mécènes et son aptitude à attirer des joueurs confirmés. L’ASEC a progressivement construit une institution, des infrastructures, une académie et des mécanismes de génération de revenus. Tant que les deux clubs disposaient de ressources comparables, leur rivalité les poussait vers l’excellence. Lorsque l’écart organisationnel s’est creusé, l’Africa a commencé à perdre du terrain.

    Le poids des divisions internes

    Le déclin ne s’explique pas par une seule mauvaise saison. L’Africa est depuis longtemps marqué par des luttes pour le contrôle de sa direction, des contestations électorales et des affrontements entre clans. Les présidents se succèdent, souvent sous la pression d’une partie des membres associés. Chaque changement entraîne de nouvelles orientations, de nouveaux recrutements et parfois la remise en cause du travail engagé précédemment. Même l’actuel dirigeant, Narcisse Kuyo Téa, a reconnu publiquement la profondeur historique de cette instabilité.

    Le club a également subi l’évolution de son environnement. L’arrivée massive du football européen à la télévision a réduit l’attractivité du championnat local. Les grandes vedettes ivoiriennes partent désormais très jeunes à l’étranger. Les recettes de billetterie, le sponsoring et la commercialisation des produits dérivés restent insuffisants pour entretenir durablement un club de cette dimension. Dans ce contexte, la ferveur populaire ne peut plus remplacer une organisation professionnelle.

    La sanction sportive tombe au terme de la saison 2020-2021. Après 74 années dans l’élite, l’Africa Sports descend pour la première fois en deuxième division. Le club croit obtenir sa remontée en 2024, avant qu’une décision liée à la réintégration de l’ISCA ne le maintienne finalement en Ligue 2. En 2025, il manque de nouveau l’accession après avoir longtemps été au contact de l’ES Agboville. La saison 2025-2026 se termine encore sans retour parmi l’élite.

    Une renaissance encore possible

    L’Africa Sports n’est pourtant pas un club ordinaire condamné à disparaître dans l’anonymat. Il conserve un nom, des couleurs, une histoire et une base populaire que beaucoup d’équipes récemment créées ne pourront jamais acquérir. Sa présence au Félicia face à l’ASEC en mars 2026 a démontré que la rivalité demeurait vivante, malgré les années d’absence du championnat de première division.

    Mais la nostalgie ne suffira pas. Le retour durable de l’Africa passe par une gouvernance stabilisée, une clarification du rôle des membres associés, des comptes transparents et un projet sportif préservé des changements de dirigeants. Il suppose également la création d’un véritable centre de formation, la construction ou la maîtrise d’infrastructures, une stratégie commerciale adaptée à la puissance de la marque et une meilleure exploitation de la communauté des anciens joueurs et supporters.

    L’Africa doit choisir entre rester un glorieux souvenir et devenir une institution moderne. Son histoire montre qu’il possède l’énergie populaire nécessaire pour renaître. Son présent rappelle que, dans le football contemporain, aucune légende ne peut durablement survivre sans organisation. Le jour où les Aiglons retrouveront la Ligue 1, ce ne sera pas seulement le retour d’un club. Ce sera celui d’une partie de la mémoire sportive ivoirienne.

  • Coupe du monde 2026 : L’Argentine renverse l’Angleterre et rejoint l’Espagne en finale

    Coupe du monde 2026 : L’Argentine renverse l’Angleterre et rejoint l’Espagne en finale

    L’Argentine disputera une nouvelle finale de Coupe du monde. Opposée à l’Angleterre mercredi en demi-finale, la sélection albiceleste a réalisé une spectaculaire remontée pour s’imposer 2-1 au terme d’une rencontre intense, marquée par l’influence déterminante de son capitaine, Lionel Messi.

    Cette affiche entre deux nations au passé riche en confrontations historiques a une nouvelle fois tenu toutes ses promesses. Dès le coup d’envoi, les Argentins ont imposé un pressing agressif et beaucoup d’intensité, tandis que les Anglais tentaient de maîtriser le ballon sans parvenir à créer de véritables décalages face au bloc sud-américain.

    Très surveillé, Lionel Messi est resté discret pendant une grande partie de la première période. Mais à la 37e minute, le numéro 10 a rappelé pourquoi il demeure l’un des plus grands joueurs de l’histoire en éliminant plusieurs défenseurs sur une accélération dont il a le secret, provoquant une faute qui a électrisé la rencontre sans toutefois déboucher sur un but.

    Au retour des vestiaires, l’Angleterre a cru faire un grand pas vers la finale. À la 55e minute, Morgan Rogers adressait un centre précis à Anthony Gordon, qui concluait l’action d’un plat du pied pour ouvrir le score. Les Three Lions semblaient alors avoir pris le contrôle des opérations.

    Mais l’Argentine n’a jamais renoncé. Portés par leur capitaine, les champions du monde en titre ont accentué la pression. Malgré plusieurs interventions décisives de Jordan Pickford devant Nicolas Gonzalez et Alexis Mac Allister, la défense anglaise a fini par céder.

    À la 85e minute, Lionel Messi servait parfaitement Enzo Fernandez à l’entrée de la surface. Le milieu argentin armait une frappe puissante qui ne laissait aucune chance au gardien anglais et remettait les deux équipes à égalité.

    L’Albiceleste ne s’est pas contentée de ce retour. Dans le temps additionnel, Messi délivrait une nouvelle passe de grande classe en déposant un centre précis sur la tête de Lautaro Martinez, dont la reprise offrait la victoire et la qualification à l’Argentine à la 90e+2 minute.

    S’il n’a pas trouvé le chemin des filets, Lionel Messi a une nouvelle fois pesé de tout son talent sur le destin de son équipe. Auteur de deux passes décisives et véritable chef d’orchestre du jeu argentin, le capitaine de 39 ans a confirmé qu’il restait l’homme des grands rendez-vous.

    Grâce à ce succès, l’Argentine se qualifie pour une nouvelle finale mondiale où elle défendra son titre face à l’Espagne. Une affiche de prestige entre les champions du monde en titre et les champions d’Europe, avec un Lionel Messi qui tentera d’ajouter un ultime trophée mondial à une carrière déjà légendaire.

    Thom Biakpa