Auteur/autrice : bestHamanie

  • CIO : Une Africaine à la Tête du Sport Mondial !

    CIO : Une Africaine à la Tête du Sport Mondial !

    Kirsty Coventry, 41 ans, va apporter un vent de fraîcheur au CIO, qui a fêté ses 130 ans l’année dernière/ REUTERS



    Kirsty Coventry, originaire du Zimbabwe, a été élue présidente du Comité international olympique (CIO), succédant ainsi à l’Allemand Thomas Bach. Cet événement marque une étape historique, car elle devient la première femme et la première africaine à occuper ce poste prestigieux, devançant Juan Antonio Samaranch, fils de l’ancien président du CIO.


    Âgée de 41 ans, Kirsty Coventry est une ancienne nageuse de haut niveau, double médaillée d’or aux Jeux Olympiques d’Athènes en 2004 et de Pékin en 2008. En outre, elle a remporté 15 médailles d’or lors de compétitions sur le continent africain. Membre du CIO depuis 2012, elle est également ministre de la Jeunesse et des Sports du Zimbabwe depuis 2019.


    Dans son discours d’acceptation, Kirsty Coventry a exprimé sa gratitude : « Je suis extrêmement honorée et ravie d’être élue à la présidence du Comité International Olympique ! Je tiens à remercier sincèrement mes collègues pour leur confiance et leur soutien. La jeune fille qui a commencé la natation au Zimbabwe il y a tant d’années n’aurait jamais pu rêver d’un tel moment. »


    Elle a également souligné l’importance de son élection : « Je suis particulièrement fière d’être la première femme présidente du CIO et la première originaire d’Afrique. J’espère que cette élection sera une source d’inspiration pour de nombreuses personnes. Aujourd’hui, un plafond de verre a été brisé, et je suis pleinement consciente de mes responsabilités en tant que modèle. »


    Kirsty a mis en avant le pouvoir du sport : « Le sport a le pouvoir inégalé de rassembler, d’inspirer et de créer des opportunités pour tous. Je m’engage à faire en sorte que nous exploitons ce pouvoir au maximum. Avec l’ensemble de la famille olympique, y compris les athlètes, les supporters et les sponsors, nous nous appuierons sur nos fondations solides, adopterons l’innovation et défendrons les valeurs d’amitié, d’excellence et de respect. L’avenir du Mouvement olympique est radieux, et j’ai hâte de me mettre au travail ! »


    Après son élection, Thomas Bach a félicité Kirsty Coventry, déclarant : « Félicitations à Kirsty Coventry pour son élection en tant que dixième présidente du CIO. Je salue chaleureusement la décision des membres du CIO et me réjouis de la solidité de notre coopération, en particulier pendant cette période de transition. Il ne fait aucun doute que l’avenir de notre Mouvement olympique est prometteur et que les valeurs que nous défendons continueront à nous guider dans les années à venir. »


    Cette élection représente un tournant significatif pour le sport mondial, et Kirsty Coventry est prête à relever les défis qui l’attendent à la tête du CIO.

    Thom Biakpa

  • CAF: Patrice Motsepe réélu à la présidence, Samuel Eto’o rejoint le Comité Exécutif

    CAF: Patrice Motsepe réélu à la présidence, Samuel Eto’o rejoint le Comité Exécutif

    Patrice Motsepe rempile tranquillement pour un deuxième mandat de quatre ans / AFP

    La Confédération Africaine de Football (CAF) a tenu sa 14e Assemblée Générale Extraordinaire au Caire le 12 mars 2025, un événement marquant pour le football sur le continent. Lors de cette réunion, Patrice Motsepe a été réélu pour un second mandat de quatre ans à la tête de la CAF. Parallèlement, l’ancienne star camerounaise Samuel Eto’o a été intégrée au Comité Exécutif (Comex) de l’organisation, tandis que le Mauritanien Ahmed Yahya a remporté un siège au Conseil de la FIFA.


    Motsepe confirmé pour un nouveau mandat


    Patrice Motsepe, homme d’affaires sud-africain et seul candidat à sa succession, a été réélu sans surprise, consolidant ainsi son mandat pour les quatre prochaines années. Cette réélection s’inscrit dans la volonté de Motsepe de poursuivre son agenda de développement du football africain. La présence du président de la FIFA, Gianni Infantino, à l’assemblée témoigne de l’importance de cet événement pour l’avenir du football en Afrique.

    Samuel Eto’o : une entrée remarquée au Comex

    L’élection de Samuel Eto’o au Comité Exécutif de la CAF a constitué l’une des grandes surprises de cette assemblée. Après une candidature initialement rejetée, l’icône du football africain a été élu par acclamation, étant le seul candidat proposé par l’Union des Fédérations de Football d’Afrique Centrale (UNIFFAC). À 44 ans, l’ancien attaquant fait une entrée significative dans les coulisses de la gouvernance du football continental.

    Ahmed Yahya et la désillusion d’Augustin Senghor

    Bien que Motsepe ait proposé à Eto’o de remplacer Seidou Mbombo Njoya au poste de vice-président de la CAF, Eto’o a choisi de céder cette position à Pierre-Alain Mounguengui, président de la Fédération gabonaise de football. Ainsi, Eto’o siégera au Comex en tant que membre, avec la possibilité de présider une commission, aux côtés de Bestine KazadiDitabala, désormais 5ème vice-présidente de la CAF.



    Le renouvellement des six sièges africains au Conseil Permanent de la FIFA a également été un moment clé de cette assemblée. Le Mauritanien Ahmed Yahya a remporté un siège prestigieux avec 35 voix sur 53, tandis qu’Augustin Senghor, président de la Fédération Sénégalaise de Football, a connu une grande déception en n’obtenant que 13 voix. L’Ivoirien Yacine Idriss Diallo a également échoué à se faire élire.



    Nouvelles figures au sein du Comex de la CAF



    Le renouvellement des représentants africains au Conseil de la FIFA a également vu la réélection de figures influentes telles que l’Égyptien Hany Abou Rida et le Marocain FouziLekja, qui conservent leurs sièges. Les autres élus africains pour le Conseil de la FIFA incluent le Nigérien Djibrilla Hima Hamidou, surnommé « Colonel Pelé », le Djiboutien Souleiman Hassan Waberi et la Comorienne Kanizat Ibrahim, qui succède à la Sierra-léonaise Isha Johansen.

    Le Comité Exécutif de la CAF a accueilli plusieurs nouvelles personnalités lors de cette assemblée. En plus de Samuel Eto’o, d’autres membres tels que Walid Sadi (Algérie), Wallace John Karia (Tanzanie), Kurt Okorako (Ghana), Bestine Kazadi (Congo) et Mustapha Raji(Liberia) ont été élus, apportant ainsi des perspectives nouvelles et une représentation élargie du football africain.

    Thom Biakpa

  • CAN 2023 : Il y a un an, les Éléphants footballeurs réalisaient un sacre inimaginable

    CAN 2023 : Il y a un an, les Éléphants footballeurs réalisaient un sacre inimaginable

    Les Éléphants de Côte d’Ivoire ivres de joie après leur sacre à la CAN 2023/ Photo: AFP

    Un sacre inoubliable


    Il y a un an, les Éléphants de Côte d’Ivoire ont réalisé un exploit qui semblait inimaginable. Ce triomphe, marqué par un éclair de génie, notamment le but phénoménal d’Haller, a été le point d’orgue d’une aventure footballistique extraordinaire. Après un début de tournoi chaotique, l’équipe a su se relever, offrant un dénouement épique qui a couronné leur parcours. Ce moment de gloire a été le reflet de la beauté et de l’imprévisibilité du football, où chaque match est une nouvelle page d’une histoire à écrire.



    Le stade olympique d’Ébimpé a vibré d’une joie collective, une communion entre les joueurs, le staff et les supporters, tous les yeux et les mains levés vers le ciel, témoignant d’une gratitude profonde envers le destin. Dans les moments de doute, lorsque tout semblait perdu, la providence a joué son rôle, transformant la désolation en miracle. Ce triomphe des Éléphants, qui défie toute logique, est une véritable ode à la résilience.


    Un ascenseur émotionnel


    L’ascenseur émotionnel vécu par les supporters et les joueurs a été indescriptible. De la défaite cuisante (4-0) contre la Guinée équatoriale à la victoire héroïque contre le Nigéria (2-1) en finale, chaque match a été une montagne russe d’émotions. Le suspense insoutenable lors des tirs au but contre le Sénégal (1-1 ; 5 tab à 4) et la victoire serrée contre le Mali (2-1) ont ajouté une intensité dramatique à cette épopée. Chaque victoire, même la plus étriquée, a été célébrée comme un pas de plus vers la gloire.


    La Côte d’Ivoire a non seulement remporté sa troisième étoile continentale le 11 février 2024, mais elle a également organisé la meilleure CAN jamais vue sur le continent. Avec plus de 1,2 million de spectateurs, une augmentation de 25 % par rapport à la précédente édition, et une couverture médiatique sans précédent, cette compétition a marqué un tournant dans l’histoire du football africain. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 2,2 milliards de vues vidéo et 3,6 milliards de vues sur TikTok témoignent de l’engouement suscité par cet événement.


    Une célébration historique

    La victoire des Éléphants a également été le fruit d’un travail acharné et d’une vision claire. Emerse Faé, en tant que remplaçant de Jean-Louis Gasset, a su relever le défi avec brio, inscrivant son nom dans les annales du football ivoirien. Idriss Diallo, à la tête de la Fédération ivoirienne de football (FIF) pour sa première compétition majeure, a également joué un rôle clé dans cette réussite. Ensemble, ils ont offert à la Côte d’Ivoire une couronne internationale tant attendue.

    Le 3 février dernier, Yopougon, une commune populaire de la Côte d’Ivoire, a revécu l’ambiance euphorique du quart de finale contre le Mali, tandis que le 11 février, la FIF a célébré le premier anniversaire de cette victoire mémorable. Les jardins de la FIF ont été le théâtre d’une célébration qui a replongé tous les acteurs sportifs dans l’océan de souvenirs intarissables, rappelant à chacun la magie de ce parcours exceptionnel.



    En somme, la CAN 2023 a été bien plus qu’un simple tournoi de football. Elle a été une célébration de l’esprit de la Côte d’Ivoire, une démonstration de force et de solidarité, et un moment gravé à jamais dans le cœur des Ivoiriens.

    Thom Biakpa

  • CAN 2025 au Maroc : Ces chocs qui promettent d’enflammer le premier tour

    CAN 2025 au Maroc : Ces chocs qui promettent d’enflammer le premier tour

    photo: AP


    Les 24 équipes qualifiées pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 connaissent désormais leur destin, suite au tirage au sort des groupes qui s’est tenu le lundi 27 janvier à Rabat. Cette 35e édition de la CAN se déroulera au Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026.

    Un tirage au sort électrisant


    Les sélections ont été réparties en six groupes de quatre équipes, classées selon leur classement FIFA. Les deux meilleures équipes de chaque groupe, ainsi que les quatre meilleures troisièmes, accéderont aux huitièmes de finale.

    Le Maroc, en tant que pays hôte, ouvrira la compétition face aux Comores le 21 décembre à Rabat. Les Lions de l’Atlas, considérés comme les favoris, affronteront également le Mali et la Zambie dans leur groupe. Le sélectionneur marocain, Walid Regragui, a reconnu la pression qui pèse sur son équipe : « Ce serait mentir de dire qu’on n’aura pas la pression. Le peuple marocain attend ce trophée depuis 1976. Nous avons la chance d’organiser cela chez nous, avec le meilleur public du monde. »


    Des affiches alléchantes


    Parmi les rencontres à ne pas manquer, le choc entre la Côte d’Ivoire, tenante du titre, et le Cameroun, quintuple champion d’Afrique, promet d’être particulièrement intense dans le groupe F.

    D’autres confrontations captivantes se profilent également au premier tour, telles que Sénégal-RD Congo, Nigeria-Tunisie et Égypte-Afrique du Sud.


    Le Sénégal, emmené par Gernot Rohr, se mesurera au Bénin, tout en croisant le fer avec la RD Congo, dirigée par le Français Sébastien Desabre, et le Botswana.


    Le Nigeria, finaliste de la dernière édition contre la Côte d’Ivoire (2-1), dirigé par le Franco-Malien Eric Chelle, se retrouvera face à la Tunisie ainsi qu’à deux outsiders, l’Ouganda et la Tanzanie, qui co-organiseront la prochaine édition de la CAN avec le Kenya.


    L’Égypte, détentrice du record avec sept titres de champion d’Afrique, se trouve dans un groupe avec l’Afrique du Sud, demi-finaliste en 2024.



    Quant à l’Algérie, bien qu’elle ait hérité d’un groupe relativement abordable, elle devra rester vigilante face à des adversaires comme le Burkina Faso et la Guinée équatoriale, qui l’avaient éliminée dès le premier tour il y a deux ans.


    Une absence remarquée


    Il est à noter que le Ghana, quadruple champion d’Afrique, était absent de cette cérémonie, n’ayant pas réussi à se qualifier pour la première fois depuis 2004.



    Les Groupes de la CAN 2025



    Groupe A : Maroc, Mali, Zambie, Comores


    Groupe B : Égypte, Afrique du Sud, Angola, Zimbabwe


    Groupe C : Nigeria, Tunisie, Ouganda, Tanzanie


    Groupe D : Sénégal, RD Congo, Bénin, Botswana


    Groupe E : Algérie, Burkina Faso, Guinée équatoriale, Soudan


    Groupe F : Côte d’Ivoire, Cameroun, Gabon, Mozambique


    La CAN 2025 s’annonce déjà comme un tournoi palpitant, avec des affrontements qui promettent de captiver les amateurs de football à travers le continent.

    Thom Biakpa

  • Football-Centrafrique : La nomination de Rigobert Song comme sélectionneur au cœur d’un conflit entre la Fédération et le ministère des Sports

    Football-Centrafrique : La nomination de Rigobert Song comme sélectionneur au cœur d’un conflit entre la Fédération et le ministère des Sports

    Rigobert Song lors de sa présentation par le ministère centrafricain des sports/ Photo: Actu Cameroun


    Ce lundi, Rigobert Song a été désigné comme le nouveau sélectionneur de l’équipe nationale de la République centrafricaine, une décision qui a rapidement suscité des controverses. En effet, cette nomination a été effectuée par le ministère des Sports sans consultation préalable de la Fédération Centrafricaine de Football, qui a exprimé son mécontentement dans un communiqué officiel.


    La Fédération a fait savoir qu’elle a appris la nouvelle avec « consternation et surprise » par le biais des réseaux sociaux, soulignant qu’elle n’avait pas été associée à ce processus décisionnel. Dans son communiqué, la Fédération a clairement indiqué qu’elle ne se reconnaissait pas dans cette décision unilatérale, la qualifiant de contraire aux règlements en vigueur. Ce désaccord met en lumière une crise inutile entre le ministère et la Fédération, qui aurait pu être évitée par un dialogue constructif.


    Il est important de noter que la Fédération avait précédemment décidé de nationaliser le poste de sélectionneur des Fauves A, ce qui rend la nomination de Song, un Camerounais de 48 ans, d’autant plus controversée. Ce choix semble également rappeler des tensions similaires observées dans le football camerounais, où des décisions prises sans concertation ont souvent conduit à des conflits internes.


    La situation actuelle soulève des questions sur la gouvernance du football en République centrafricaine et sur la manière dont les décisions sont prises au sein des instances dirigeantes. Les supporters et les observateurs du football attendent désormais de voir comment cette crise sera résolue et quelles seront les répercussions sur l’équipe nationale, qui aspire à se renforcer et à améliorer ses performances sur la scène internationale.

    Thom Biakpa

  • Sory Diabaté : L’un des architectes du football ivoirien s’est éteint, ce jeudi matin à l’âge de 62 ans

    Sory Diabaté : L’un des architectes du football ivoirien s’est éteint, ce jeudi matin à l’âge de 62 ans

    Sory Diabaté, l’ex-vice président de la FIF a quitté définitivement les terrains de foot ce jeudi / Photo : Getty Images

    Sory Diabaté, l’ancien président de la ligue professionnelle de la Fédération ivoirienne de football (FIF) est mort. La douleureuse nouvelle est tombée ce jeudi 5 septembre tôt dans la journée et confirmée par l’entourage du défunt.

    Selon un confrère du service des sports que nous avons joint, l’ex- candidat à la présidence de la FIF et vice-president de la faîtière du football ivoirien sous feu Sidi Diallo, a piqué une crise et a trépassé. En attendant de revenir sur cette triste nouvelle, nous présentons nos sincères condoléances à la famille éplorée, à  l’ex-président de la FIF, Jacques  Bernard Anouma, avec qui le défunt a longtemps collaboré, au monde sportif, à la famille du ballon rond de Côte d’Ivoire.

    Un grand nom du football ivoirien, quelques jours seulement après le décès de Souleyman Bamba en Turquie, vient de quitter… le terrain. Définitivement.  Adieu prési, Adieu l’homme sans histoire. Merci pour tout.

    Thom Biakpa

  • Le football africain en deuil : Issa Hayatou, l’ancien président de la CAF s’est éteint, ce Jeudi à Paris à l’âge de 77 ans

    Le football africain en deuil : Issa Hayatou, l’ancien président de la CAF s’est éteint, ce Jeudi à Paris à l’âge de 77 ans

    Issa Hayatou a tiré sa révérence à quelques heures de ses 78 ans à Paris / Photo : CAF

    Le football africain est en deuil. Issa Hayatou, l’ancien président de la Confédération Africaine de Football ( CAF) a tiré sa révérence, ce jeudi 8 août 2024, à Paris, à la veille de ses 78 ans.

    Figure emblématique du sport roi sur le continent africain, Issa Hayatou a dirigé la CAF de 1988 à 2017, suite à sa défaite surprise face au Malgache Ahmad Ahmad.

    Le Camerounais est un pur produit du sport. C’est par l’athlétisme qui commence, en devenant champion des 400 et 800 m au Cameroun. Plus tard, il participe aux jeux africains de 1965 au Congo Brazzaville.

    En 1974, il intègre la fédération camerounaise de football en tant que secrétaire général de l’institution. Par la suite, il est d’abord nommé en 1982 directeur des sports au ministère de la Jeunesse et des Sports. Ensuite, il devient en 1984 vice-président de la Fédération camerounaise de football, et finit président de la Fecafoot deux ans plus tard, en même temps qu’il est membre du comité exécutif de la Confédération africaine de football.

    Issa Hayatou devient en août 1987 le cinquième président de la CAF en remplaçant l’Éthiopien Ydnekatchew Tessema, décédé. Commence alors son très long règne, durant lequel le Camerounais est très souvent assimilé à « un  dictateur », pour son règne sans partage à la tête de la CAF.

    Ses décisions très souvent contestées ont fait qu’à un moment donné de son règne, il s’est mis à dos une grande partie des acteurs du football africain. Mais Issa Hayatou, c’est aussi des réussites, avec notamment l’organisation pour la première fois sur les terres africaines, de la Coupe du monde de football en 2010 en Afrique du Sud.

    Le natif de Garoua qui faisait savoir à qui voulait l’entendre qu’il ne  prendrait sa retraite que quand ses « forces » l’abandonneraient, a finalement été contraint de quitter la CAF par la petite porte, après sa défaite face au candidat Malgache.

    La transplantation rénale qui l’avait véritablement affaiblie en 2015, est le mal qu’il va combattre jusqu’à son dernier souffle, ce jeudi 8 Août à Paris en France. Issa Hayatou quitte le monde des vivants, à 24 heures de ses 78 ans. Lui qui est né le 9 août 1946 à Garoua au nord du Cameroun.

    Thom Biakpa

  • JO 2024 : Football, le Maroc s’impose face à l’Argentine (2-1) en match inaugural

    JO 2024 : Football, le Maroc s’impose face à l’Argentine (2-1) en match inaugural

    Les Lionceaux du Maroc ont réalisé l’exploit face à l’Argentine / Photo Afp

    Les Jeux Olympiques 2024 de Paris en France, ont débuté ce mercredi 24 juillet, pour ce qui concerne le football, l’une des nombreuses disciplines sportives qui vont rythmer la compétition jusqu’au 11 août prochain.

    En match inaugural, ce mercredi 24 juillet, en effet, le Maroc a réalisé l’exploit en s’imposant face à l’Argentine (2-1).

    Au stade Geoffroy-Guichard d’Auxerre, où s’est déroulée la rencontre, l’Argentine visiblement était en terre hostile, puisque l’équipe espoir de l’Albicéleste s’est faite siffler durant toute la rencontre en représailles à l’affaire du chant à caractère raciste, visant les joueurs de l’équipe de France A, entonné par leurs homologues argentins lors de la Copa America. Dans un stade acquis aux trois quarts par les supporters marocains, la rencontre a été longtemps fermée et pauvre en occasions jusqu’à l’ouverture du score sur une action magnifiquement conclue par Soufiane Rahimi (45+2).

    L’attaquant de 28 ans qui évolue à Al-Aïn Football Club (Émirats Arabes Unis), va même s’offrir un doublé en seconde période en transformant un penalty obtenu par Ilias Akomach (51e).

    Les Argentins bien que sonnés, vont réagir, par l’intermédiaire de leur sélectionneur Javier Mascherano, médaillé d’or à Athènes et à Pékin, qui effectue quatre changements, dont un gagnant avec Giuliano Simeone. Celui-ci réduit le score moins de dix minutes après son entrée en jeu (68e).

    Malgré la forte poussée de l’Albicéleste, les Lionceaux résistent, bien aidés par leur gardien Munir, qui a multiplié les exploits, dont un face-à-face remporté devant l’attaquant de Manchester City, Julian Alvarez. Au bout des 17 minutes d’arrêts de jeu dues à l’envahissement du terrain par les supporters argentins, les Marocains sont parvenus à maintenir leur avance.

    Les hommes de Tarik Sektioui, champions d’Afrique U23, réussissent donc leur entrée dans la compétition. Ils seront opposés lors du deuxième match, samedi 27 juillet à l’Ukraine (15h TU).

    En attendant donc la cérémonie d’ouverture officielle des J.O de Paris, ce vendredi 26 juillet, le Maroc et l’Argentine ont offert le premier feu d’artifice au public olympien avec une prestation appréciable.

    Pour les autres rencontres impliquant les équipes africaines, il faut savoir que la Guinée a été battue (1-2) par la Nouvelle Zélande, quand l’Égypte et la République Dominicaine se sont séparés sur un score vierge.    

    Thom Biakpa

  • “Coup du marteau” et Coupe d’Afrique des Nations, l’amorçage d’une économie du  sport sur le continent africain ?

    “Coup du marteau” et Coupe d’Afrique des Nations, l’amorçage d’une économie du sport sur le continent africain ?

    “Coup du marteau” et Coupe d’Afrique des Nations, l’amorçage d’une économie dunsport sur le continent africain ?

    C’est sous les rythmes des “Coups du marteau” victorieux, qu’Abidjan a clôturé la soirée du 11 février 2024, à la suite d’une Coupe d’Afrique des Nations haute en rebondissements et en spectacle au pays de l’hospitalité.

    Quelques jours après la clôture de la compétition, Patrice Motsepe, président de la CAN, annonçait une audience record de deux milliards de téléspectateurs sur la durée du tournoi. De quoi faire de l’économie du sport un levier de développement économique et social pour le continent ?

    Une contribution au soft power ivoirien

    La Coupe d’Afrique des Nations en Côte d’Ivoire a très tôt été annoncée comme l’incarnation d’une ère nouvelle pour le pays, dans la continuité du boom économique ivoirien de ces 10 dernières années. Ainsi, le Président Alassane Ouattara avait mis les bouchées doubles afin d’assurer la réussite de cet évènement. 1 milliard d’euros ont été investis par l’Etat afin d’améliorer les infrastructures du pays et d’élever les installations sportives aux normes de la CAF et la compétition a servi de date butoir pour finaliser un grand nombre de projets de travaux publics. Quelques mois avant la première rencontre sportive, l’autoroute côtière reliant Abidjan à San Pedro a été inaugurée, tout comme le pont Alassane Ouattara, un chef-d’œuvre architectural moderniste qui surplombe majestueusement la lagune Ebrié reliant les communes de Cocody et du Plateau.

    En termes de soft power, la compétition a été un succès et a montré la capacité de l’Etat ivoirien à mobiliser tout son appareil public pour organiser la venue de 24 délégations sportives et de près d’un million de touristes sur la durée de l’évènement. Elle a permis de donner vie aux initiatives de promotion du tourisme dans le pays. Sur le même modèle que le Rwanda avec le Paris Saint-Germain (PSG), le Ministère du tourisme a scellé un partenariat avec l’Olympique de Marseille (OM) pour mettre en avant l’offre touristique sur le territoire ivoirien. Dans le sillon de cette promotion, le secteur privé s’est également mobilisé, notamment avec le lancement du fonds d’investissement hôtelier Dalia Hospitality porté par le constructeur ivoirien Porteo et l’entreprise française Centaurus Hospitality.

    Un potentiel économique inexploité

    A l’échelle du continent, les études menées par les bailleurs internationaux estiment que l’économie du sport pèse pour 0,5% du PIB, bien en deçà de la moyenne à l’échelle mondiale estimée à 2% du PIB. Cette réalité économique contraste avec la contribution du continent au monde du sport international. De nos jours, des athlètes africains de premier plan animent la scène sportive mondiale, avec notamment trois africains dans le top 15 du classement pour le ballon d’or 2023. Outre atlantique, 16 joueurs africains évoluent en NBA dont le MVP en titre, le Camerounais Joël Embiid. Dans d’autres disciplines comme le MMA et la boxe, on peut citer Francis Ngannou ou encore Kamaru Usman qui ont contribué à la médiatisation de leur sport. S’agissant du football, malgré l’émergence de ligues compétitives en Afrique du Sud, au Maroc, en Egypte et en Tanzanie, la plupart des fédérations africaines peinent à structurer l’économie de leur ligue nationale. La Côte d’Ivoire en est un exemple flagrant, avec sa ligue nationale classée seulement 17ème en Afrique par la FIFA. Cette même ligue dont la Fédération de football a fixé en 2022 un salaire plancher de 160 000 francs CFA (240 euros) pour les joueurs de sa première division professionnelle quand on sait que les  salaires moyens en première ligue française sont de 100 000 euros par mois en moyenne ou que ceux de la ligue mexicaine sont quant à eux de 30 000 euros par mois en moyenne.

    Le sport : des retombées sociales positives et essentielles pour la jeunesse africaine

    Nelson Mandela disait que « le sport a le pouvoir de changer le monde » tant ses vertus inclusives transcendent les divisions propres à un pays. En regardant les défis d’éducation et de cohésion nationale auxquels font face les pays africains, avec en première ligne la jeunesse du continent, force est de constater que les caractéristiques fédératrices et pédagogiques du sport doivent faire partie de la solution. Sachant que l’un des atouts majeurs du continent africain réside dans son capital humain avec plus de 400 millions de jeunes âgés de 15 à 35 ans, proposer une stratégie alliant éducation et sport est susceptible de favoriser l’inclusion de la jeunesse à l’Etat national. En 2050, alors que plus de la moitié des africains aura moins de 25 ans, il est capital de concevoir une stratégie d’éducation de masse qui touche toutes les catégories sociales. Le sport peut être l’une des clés de voûte de cette massification de l’éducation.

    En effet, le sport est un vecteur de valeurs inégalable, unissant des générations distinctes, des classes sociales variées et fédérant au-delà des frontières. C’est un domaine où les origines sociales comptent moins que la discipline, le potentiel et la détermination de l’athlète, donnant souvent les mêmes mises de départ aux jeunes, indépendamment de leur condition sociale. Avec 60% de jeunes de moins de 25 ans et des structures éducatives qui s’efforcent tant bien que mal d’absorber les flux intégrant le système scolaire, le sport en Afrique incarne un vecteur d’inclusion et d’éducation alternatif important voire essentiel pour assurer la cohésion de la Nation. Par ailleurs, le fair-play mais également l’unité de toutes les populations sans distinction d’origine et de genre autour des figures sportives nationales sont un puissant facteur de rassemblement.

    La pratique du sport nécessite des centres de formation, des centres sportifs de loisirs qui permettent de renforcer le développement humain, particulièrement dans des pays où l’IDH reste relativement faible et l’accès à une éducation de qualité inégalitaire. Des exemples parlants existent en Côte d’Ivoire, la fédération ivoirienne de Taekwondo compte plus de 46 000 licenciés, 43 000 licenciés de football (1). Malgré un budget public restreint à 15 millions d’euros, le pays compte 53 fédérations sportives à son actif.

    L’un des principaux défis du secteur sportif africain réside dans la professionnalisation de ses compétitions nationales, la structuration de ses fédérations dirigeantes et le développement du système de formation qui les alimente. Il est utile de rappeler que les pays qui tirent le plus de profits du football par exemple, tels que le Brésil ou le Royaume-Uni, sont tributaires d’un écosystème de formation amateur et professionnel dense. Avant de parvenir à des succès commerciaux, ces pays ont dynamisé leur ligue nationale en s’appuyant sur un tissu de formation riche, renforçant les compétences humaines et promouvant la discipline et la rigueur des athlètes qui ont plus tard servi de viviers aux équipes locales. En ce sens, il est pertinent de mettre en avant la carrière du “Roi Pelé”, qui, formé au Brésil, a, par la suite, mené l’intégralité de sa carrière professionnelle dans son Brésil natal et, de ce fait, a contribué à renforcer l’attractivité de la ligue brésilienne sur la durée.

    C’est donc en étant conscient de tout le potentiel caché derrière l’économie du sport et en prétextant la fin de la CAN de l’hospitalité que Yassa tenait à proposer à sa communauté un article sur l’économie du sport dont la réalisations’est basée sur des entretiens exclusifs auprès de deux entrepreneurs sportifs en Afrique de l’Ouest. Ismaël Bakayoko,  Président de l’African MMA League et Jean-Luc Agboyibo, Directeur Général d’Omega Sports Holding.

    En tant qu’association promouvant l’entrepreneuriat de la jeunesse africaine, nous cherchons, via cet article, à mettre en avant des projets entrepreneuriaux concrets qui laissententrevoir un développement et une professionnalisation du sport dans nos pays.

    Omega Sports Holding – le pari de rendre le sport africain profitable et de développer les ligues sportives locales

    Peu d’acteurs s’aventurent dans le sport en Afrique de l’Ouest, mais encore moins décident d’y investir. C’est le pari qu’a fait le fonds d’investissement Omega Sports Holding dirigé par Jean-Luc Agboyibo, Togolais de 37 ans et passionné de basket-ball. Doté d’une expertise technique acquise après 4 ans passés à développer la Basketball Africa League, compétition développée par la NBA en partenariat avec la FIBA, l’expert dans le management sportif s’est lancé dans le projet aux côtés de Cheikh Sanankoua, investisseur respecté et promoteur du centre commercial Cosmos à Abidjan.

    La société compte deux investissements à son actif dans le RCA d’Abidjan et dans l’Abidjan Basketball Club. La première équipe figure en tête du classement de mi-saison de La Ligue 1 ivoirienne tandis que l’ABC-Fighters s’est qualifiée en 2023 pour la Basketball Africa League – compétition de basket de référence en Afrique. Omega Sports Holding a annoncé ses deux investissements en Afrique de l’Ouest en 2023 et 2024, face à une conjecture qu’ils estiment fortement encourageante pour le secteur dans les prochaines années.

    Dans deux des sports les plus attractifs que sont le basketball et le football, les sources de revenus sont réelles mais souvent inexploitées. Contrats de sponsorings rémunérateurs, ventes de services associés à l’image du club – location des complexes sportifs, hôtellerie, restauration – transferts de joueurs, les rentrées d’argent sont là mais varient en fonction du cadre règlementaire spécifique à chaque sport.

    La FIFA fixe un cadre règlementaire qui favorise la rémunération de la formation

    Ainsi, dans le domaine du football, la FIFA fixe un cadre réglementaire clair qui encadre les transferts de joueurs. Il permet aux clubs de faire valoir leur expertise en formation et d’en tirer des sources de revenus. Précurseurs dans ce type de partenariats, l’académie Génération Foot et le FC Metz se sont associés au Sénégal en 2003. Cette collaboration a contribué à la formation et à l’émergence de légendes africaines du football parmi lesquelles Sadio Mané, Emmanuel Adebayor, Papiss Cissé. Elle continue aujourd’hui à porter ses fruits avec le décollage de jeunes stars tels qu’Ismaïla Sarr et Pape Matar Sarr. Aujourd’hui, un total de 8 joueurs de l’effectif professionnel messin sont issus des rangs de Génération Académie. Face à ce succès pour les écuries européennes, d’autres clubs ont emboité le pas avec la signature d’accords au Sénégal entre l’Olympique de Marseille & Diambars et le Stade Brestois & Challenge Football Center tous deux en 2022. Le pari d’Omega Sports Holding s’inscrit dans une démarche plus ambitieuse de développement des ligues nationales et africaines à travers la professionnalisation du secteur. Le modèle économique qu’ils comptent structurer repose d’abord sur la popularisation d’une image de marque liée aux clubs à laquelle seraient associées des infrastructures commerciales (centre commerciaux, complexes sportifs et restauration). L’émergence en Afrique de l’Ouest de classes moyennes désireuses de dépenser leurs salaires dans des activités de loisirs viendrait complémenter les revenus tirés des volets sportif et médiatique.

    La NBA axe son modèle économique sur l’évènementiel et l’émergence d’une ligue panafricaine via la Basketball Africa League

    Dans une logique similaire, la NBA a lancé depuis 2019 son projet de ligue africaine de basketball en collaboration avec la FIBA, Fédération Internationale de Basketball, basée en Suisse. La première édition s’est tenue en 2021 et a été intégralement organisée à Kigali, au Rwanda. Financée par la NBA, dont le chiffre d’affaires a dépassé les 10 milliards de dollars en 2022, l’édition 2024 de la compétition rassemble 12 champions nationaux africains. Ceux- ci disputeront une saison de 48 matchs dans le cadre d’une compétition africaine inédite se déroulant dans quatre villes du continent : à Pretoria, au Caire, à Kigali et à Dakar. Divisées en quatre conférences de trois équipes, chaque club qualifié disputera 12 rencontres pendant la phase de poule. Le modèle économique de la BAL repose essentiellement sur le sponsoring lié à l’évènementiel et les rediffusions télévisées. En ce sens, les revenus tirés de la vente des places s’adaptent aux réalités économiques africaines avec des places débutant à 75 rands (3,5) en Afrique du Sud et 2 500 francs CFA (3,8) en Afrique de l’Ouest. La ligue capitalise sur l’expertise marketing de la NBA aux Etats-Unis pour rentabiliser ses activités. L’édition 2024 compte parmi ses principaux partenaires commerciaux des marques internationales et nationales comme Nike, Hennessy, RwandAir et Afreximbank. En complément de revenu, la ligue lancera une série télévisée “Origin : The Story of the Basketball Africa League” mise en scène par Richard Brown et le directeur Sud-Africain, Tebogo Malope, qui sera produite par les Américains Fisher Stevens, Masai Ujiri, et le Nigérian Akin Omotoso.

    Par ailleurs, la compétition sera diffusée dans 214 pays et territoires via des contrats conclus avec une dizaine de structures, parmi lesquelles des chaînes publiques (TV5 monde), privées (Canal +, ESPN, American Forces Network, Africa Union of Broadcasting) des plateformes de streaming (Tencent, Visionnary TV) et des diffuseurs radios (Voice Of Africa)

    Plus directe dans son approche, le développement de la BAL table sur l’avènement d’une ligue panafricaine de basketball “par le haut”, en comptant sur ses partenaires financiers et institutionnels pour développer les ligues locales. Cette compétition à portée internationale est susceptible de proposer un effet d’entrain à l’échelle africaine, en stimulant une compétition saine entre les fédérations de basketball, dont l’un des critères de performance reposera sur la participation des clubs nationaux à la Basketball Africa League. Elles seront ainsi poussées à structurer leurs ligues afin d’assurer leur représentation dans la compétition.

    African MMA League, l’émergence d’une ligue panafricaine pour les combattants du continent

    Doté d’une popularité hors norme, le MMA s’est imposé dans le monde du sport comme l’un des sports les plus “bankables” de ces dix dernières années. Comptant sur une audience mondiale de près de 449 millions de téléspectateurs, la scène MMA a gagné en popularité grâce à son format multisport inédit. Combattants de jiu-jitsu, de lutte, de muay-thaï ou de boxe anglaise, tous peuvent désormais s’affronter sur un même ring de MMA, au sein de l’une des nombreuses ligues nationales ou internationales amateures et professionnelles (UFC, PFL, Ares, One Championship).

    Enrichi par la diversité des traditions sportives pratiquées dans ses enceintes et par leurs écoles sportives, le MMA s’est affirmé rapidement, sans avoir besoin de développer son appareil de formation au préalable. En effet, même si un nombre croissant de centres spécialisées MMA voient le jour, les ligues n’en ont pas eu besoin pour lancer leurs premiers combats. Elles ont, d’abord, été tributaires des structures existantes de formations en arts martiaux qui leur ont fourni leurs premières cohortes de sportifs performants et leur ont permis  d’offrir, d’emblée, un spectacle de haut niveau. Ainsi, pour un investissement initial minime et moyennant des campagnes marketing réussies, plusieurs ligues sont parvenues à être rentables et à s’étendre à l’international, répondant à la logique de “premier arrivé, premier servi”.

    Un cadre règlementaire international en pleine construction

    Sur le volet règlementaire, deux fédérations ont été pionnières pour encadrer la pratique sportive à l’échelle internationale : la GAMMA, basée aux Pays-Bas avec une présence sur cinq continents, et l’IMMAF, basée en Suisse avec une représentation dans plus de 120 pays. Aujourd’hui, une bataille rude fait rage entre les deux acteurs afin de proposer les partenariats les plus intéressants auprès des fédérations nationales, dans un contexte réglementaire en pleine construction. A l’échelle africaine, l’IMMAF a lancé sa compétition amateure continentale en 2016. Sept éditions plus tard, c’est à Luanda que s’est déroulée la finale de la compétition en 2023. Avec l’organisation de ce tournoi auquel était intégrées 19 Fédérations africaines, l’IMMAF semblait prendre l’ascendant sur le continent africain, mais sa prédominance a été remise en cause en 2023 avec l’obtention par la GAMMA des droits de diffusion MMA aux Jeux Africains – compétition agréée par le Comité International Olympique et gérée par l’Union Africaine.

    Face à l’intérêt croissant des fédérations internationales pour l’Afrique, il était donc étonnant de ne voir aucune ligue professionnelle africaine émerger, et ce d’autant plus que de nombreux diffuseurs TV desservent aujourd’hui le continent, à la recherche de contenu. Ainsi, malgré l’existence de fédérations nationales et de ligues amateurs aux Nigéria et en Afrique du Sud, aucune compétition professionnelle n’avait été lancée à l’échelle continentale. L’African MMA League fait donc le pari ambitieux de structurer les ligues amateurs, professionnelles ainsi que les fédérations des pays couverts par sa compétition.

    Un business-model simple et une ambition de structurer l’ensemble de la filière amateure et professionnelle Face à ce constat, l’African MMA League (AML) a lancé sa première édition à Abidjan en novembre 2023, quelques semaines après l’inauguration de la fédération ivoirienne de MMA. Avec la participation de 32 combattants amateurs et professionnels ainsi que des fédérations de MMA sénégalaise, guinéenne et nigériane, la première compétition a été rediffusée sur LiveTV. Des revenus additionnels ont été assurés via des contrats de sponsoring sécurisés auprès de trois sociétés souhaitant promouvoir leur marque autour de l’évènement. Sur le volet technique, la fondation AML bénéficie de l’expertise d’un dirigeant chevronné en la personne d’Ismaël Bakayoko, ancien combattant et coach à l’UFC, et d’une dizaine de formateurs ayant fait leurs preuves aux Etats-Unis. En complément, la ligue a récemment signé un partenariat avec l’UFC, la ligue américaine de référence dans le monde du MMA, qui leur apporte en contrepartie un savoir-faire technique essentiel à leur effort de professionnalisation.

    Par ailleurs, afin de structurer le secteur et d’étendre son empreinte en Côte d’Ivoire, l’AML a tissé des partenariats avec les principales fédérations d’art martiaux nationales, notamment de boxe-thaï, de jiu-jitsu, de boxe anglaise et de kickboxing. Sur la base de ces accords, AML et Ismaël Bakayoko ont pour ambition de structurer l’organisation des différentes filières amateures en Afrique de l’Ouest et de favoriser les passerelles avec la compétition professionnelle afin de permettre aux combattants du sous-continent de générer des revenus du sport. L’entreprise repose donc sur un modèle économique simple avec des revenus générés par le sponsoring, les droits de diffusion télévisuels – TV et en pay-per-view – les droits tirés sur les  rentes évènementielles (hôtellerie, restauration, ventes de produits) et des coûts liés à la location des salles, du matériel ainsi que le paiement des salariés et des prix remis aux combattants. Plusieurs défis subsistent afin de poursuivre sur la voie de la professionnalisation. Les situations de monopoles de certaines chaînes télévisuelles limitent la rémunération des contrats de diffusion et poussent les promoteurs à chercher des sources alternatives de revenus. Dans une perspective de structuration de la filière amateure, une interrogation majeure se pose quant à la capacité de la fédération ivoirienne de MMA de tirer des recettes des licences sportives amateurs et à la gestion optimale de ces fonds pour améliorer les conditions de pratique des licenciés. Néanmoins, la réussite du premier événement de novembre ainsi que l’expérience des associés à la tête de l’African MMA League, nous laissent présager des jours heureux pour le développement du MMA en Afrique de l’Ouest.

    Mentions – Dans le cadre de ce numéro, Yassa tient à remercier M. Jean-Luc Agboyibo, Directeur Général d’Omega Sports Holding, et M. Ismaël Bakayoko, Président de la fondation AML, pour leurs contributions.

    Suite donnée à l’article – Cet article donnera lieu à un cycle de conférences proposées par Yassa, en collaboration avec des structures partenaires.

    Rédigé par Sharon Yapi, Santiago Haffner avec les apports de l’équipe Yassa

  • Sport – Kelvin Kiptum, le Kényan recordman du monde du marathon est mort

    Sport – Kelvin Kiptum, le Kényan recordman du monde du marathon est mort

    Michael Reaves/Getty Images

    Le monde du sport et plus particulièrement du marathon s’est réveillé, le lundi 12 février dernier, avec une très triste nouvelle. Kelvin Kiptum, le Kényan détenteur du record du monde du marathon a perdu la vie dans un accident de la circulation à Kaptagat.

     

    Le champion de la course de fond auréolé de plusieurs titres dans cette discipline sportive est mort en compagnie de son entraîneur rwandais, Gervais Hakizimana âgé de 36 ans. Kelvin Kiptum tire ainsi  sa révérence de façon dramatique, alors qu’il s’apprêtait à tenter, en avril prochain, d’être le premier homme à boucler un marathon en moins de deux heures.

     

    Ce décès a plongé le monde du sport dans l’émoi, mais aussi le Kénya, son pays, dans une profonde consternation. Le président de la République du Kenya, William Ruto, a présenté ses condoléances à la famille éplorée et a fait une étonnante promesse, celle de construire une maison sur le terrain acheté par le défunt athlète.

     

    Il a promis construire sur ce terrain qu’avait acheté l’athlète pour s’y installer avec sa famille, une « une maison rapide pour l’homme le plus rapide ». Cette maison sera construite en 7 jours comme voulu par le président William Ruto, juste avant les obsèques de Kelvin Kiptum, prévues ce 24 février 2024, soit en début de semaine prochaine. C’est dans cette maison qui comptera 3 chambres que sera inhumé l’athlète.

     

    Pendant ce temps, l’enquête autour de cet accident se poursuit, notamment avec l’interrogatoire poussé dont font l’objet trois individus missionnés par un équipementier chinois dont Kiptum venait de dénoncer le contrat.

     

    Les records du monde du marathon sont actuellement détenus par le Kényan Kelvin Kiptum avec un temps de 2 h 0 min 35 s établi le 8 octobre 2023 lors du Marathon de Chicago, aux États-Unis, et par l’Éthiopienne Tigist Assefa, créditée de 2 h 11 min 53 s le 24 septembre 2023 lors du marathon de Berlin.

     

    Né le 2 décembre 1999 à Eldoret Kelvin Kiptum, surnommé le guépard quitte le monde des vivants à l’âge de 24 ans.  Une grosse perte pour le marathon et pour l’Afrique.

    Thom Biakpa