Auteur/autrice : bestHamanie

  • CAN 2025 : Le naufrage des panthères crée une onde de choc politique au Gabon, l’équipe et le staff suspendus, des cadres écartés

    CAN 2025 : Le naufrage des panthères crée une onde de choc politique au Gabon, l’équipe et le staff suspendus, des cadres écartés

    La défaite de trop aura fait basculer toute une sélection. Éliminé sans la moindre victoire dès la phase de groupes de la CAN 2025, le Gabon ne s’est pas contenté d’un simple constat d’échec sportif. En quelques heures, l’État a tranché : l’équipe nationale est suspendue, son staff dissous et deux de ses cadres historiques, Pierre-Emerick Aubameyang et Bruno Ecuele Manga, écartés.

    Une décision spectaculaire, annoncée le mercredi 31 décembre sur la télévision nationale par le ministre par intérim de la Jeunesse et des Sports, Simplice-Désiré Mamboula. Rarement un revers sportif aura déclenché une réaction politique d’une telle ampleur.

    Une sortie de compétition sans appel

    Sur le terrain, les Panthères n’ont jamais su exister. Trois matches, trois défaites, et une élimination actée avant même la dernière rencontre. Le revers face au Mozambique (3-2), le 28 décembre, avait déjà condamné le Gabon, rendant le match contre la Côte d’Ivoire, championne en titre, presque anecdotique malgré un score accroché (3-2).
    Mais aux yeux des autorités gabonaises, ce bilan dépasse le cadre du sport. Il est interprété comme un affront national, un symbole d’un mal plus profond.

    Une sanction politique assumée

    Dans un communiqué au ton sévère, le gouvernement évoque une prestation « déshonorante » et justifie la suspension de l’équipe nationale « jusqu’à nouvel ordre ». La mesure s’accompagne d’un grand ménage : staff technique remercié, cadres historiques mis à l’écart, et remise en question globale du fonctionnement de la sélection.
    La vidéo officielle, brièvement retirée puis remise en ligne le 1er janvier, confirme que l’exécutif assume pleinement cette décision, malgré les réactions qu’elle suscite.

    Le président monte au créneau

    Le sujet s’est rapidement imposé au Conseil des ministres. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a dénoncé des « manquements structurels persistants », pointant une absence de vision, une mauvaise gestion des ressources et une gouvernance sportive défaillante.
    Plus sévère encore, le chef de l’État a évoqué une « érosion de la fibre patriotique » au sein de la sélection, une accusation lourde de sens dans un pays où l’équipe nationale est traditionnellement perçue comme un symbole d’unité.

    Un football à reconstruire

    En suspendant sa sélection, le Gabon envoie un message clair : l’échec ne sera plus toléré sans conséquences. Cette décision, quasiment sans précédent à ce niveau, ouvre désormais une période d’incertitude.
    Refondation du football, réforme des instances, nouvelle génération de joueurs ? Rien n’est encore défini, mais une chose est sûre : la CAN 2025 marque une rupture profonde pour les Panthères.

    Plus qu’une élimination, le Gabon traverse désormais une crise institutionnelle du sport roi, dont l’issue pourrait façonner durablement l’avenir du football national.

    Thom Biakpa

  • CAN Maroc 2025 : Tops et flops à l’issue de la phase des groupes

    CAN Maroc 2025 : Tops et flops à l’issue de la phase des groupes

    La phase de groupes de cette Coupe d’Afrique des nations au Maroc a livré son verdict, avec son lot de certitudes, de surprises et de frustrations. Sur les terrains, les stars ont assumé leur statut, certaines nations ont écrit l’histoire, tandis qu’en coulisses, l’organisation et l’ambiance ont parfois laissé perplexes.

    Les anciens ont encore de l’or dans les jambes

    Malgré leur âge relativement avancé, Mohamed Salah (33 ans), Sadio Mané (33 ans) et Riyad Mahrez (34 ans) n’étaient pas venus au Maroc pour faire de la figuration. Leaders techniques, visages emblématiques de leurs sélections, les trois hommes ont répondu présent dès la phase de groupes. Mahrez termine co-meilleur buteur avec trois réalisations, Salah a fait parler son sang-froid avec deux buts dont un décisif dans les ultimes secondes face au Zimbabwe, et Mané, buteur et passeur, a guidé le Sénégal en tête d’un groupe relevé. L’expérience n’a décidément pas d’âge.

    Des terrains à la hauteur de l’événement

    Rarement les pelouses d’une CAN n’auront été aussi unanimement saluées. Malgré des pluies abondantes en fin d’année, les terrains marocains ont tenu bon. À Rabat, un nouveau système d’absorption a fait merveille, et ailleurs, la qualité des surfaces a permis aux équipes les plus techniques d’exprimer pleinement leur jeu. Un détail ? Pas vraiment, tant il a pesé dans la qualité globale des rencontres.

    El Kaabi, l’art de la bicyclette

    Il n’aura fallu que quelques minutes à Ayoub El Kaabi pour marquer les esprits. Entré en jeu lors du match d’ouverture contre les Comores, l’attaquant marocain a fait chavirer le stade avec une bicyclette somptueuse. Titulaire par la suite, il a remis ça contre la Zambie, avec une nouvelle reprise acrobatique, avant de s’offrir un doublé. Aux côtés de Brahim Diaz, El Kaabi s’impose comme l’un des symboles de ce début de tournoi côté marocain.

    Le Bénin et le Mozambique, invités inattendus

    Cette CAN a aussi souri aux outsiders. Le Bénin, rebaptisé Guépards, a enfin mis fin à une interminable série noire en décrochant sa première victoire en phase finale face au Botswana. Le Mozambique, de son côté, a signé un succès historique contre le Gabon dans un match spectaculaire. Trois points chacun, et une qualification pour les huitièmes parmi les meilleurs troisièmes : l’histoire s’écrit parfois à petits pas, mais elle s’écrit quand même.

    Le Cameroun, surprise bien organisée

    Peu nombreux étaient ceux qui voyaient le Cameroun rivaliser à ce point dans un groupe relevé. Deuxième derrière la Côte d’Ivoire, les Lions Indomptables ont impressionné par leur cohésion et leur engagement. En peu de temps, David Pagou a bâti un collectif solide, capable de travailler sans relâche, porté par quelques individualités marquantes, Bryan Mbeumo en tête. Une performance inattendue, mais loin d’être volée. Mais tout n’a pas été à la hauteur

    Une qualification qui interroge

    Voir une équipe accéder aux huitièmes de finale avec seulement deux points laisse un goût étrange. Battue par le Nigeria, tenue en échec par l’Ouganda et la Tunisie, la Tanzanie a tout de même validé son billet pour la phase à élimination directe. Le format, une fois encore, pose question.

    Le naufrage du Gabon

    Annoncé comme un possible trouble-fête après une campagne qualificative impressionnante pour la Coupe du monde, le Gabon a sombré. Trois matchs, trois défaites, et une élimination sans appel. Cette sortie marque probablement la dernière CAN de Pierre-Emerick Aubameyang, dans un climat déjà tendu, aggravé par des décisions politiques fortes : dissolution du staff et mise à l’écart de plusieurs joueurs. Une fin brutale, difficile à comprendre.

    Un calendrier mal inspiré

    Déplacée à plusieurs reprises, la CAN s’est finalement tenue entre le 21 décembre et le 18 janvier, en pleine période de fortes pluies au Maroc. Un choix dicté par les contraintes du calendrier international, mais dont les conséquences ont été visibles : tribunes parfois clairsemées, fanzones désertées, ferveur atténuée. Le spectacle y a perdu en intensité hors des stades.

    Une ambiance en demi-teinte

    Le sélectionneur sud-africain Hugo Broos n’a pas mâché ses mots. Comparée aux CAN du Gabon ou de la Côte d’Ivoire, celle-ci manque de vie dans les rues. En dehors des abords immédiats des stades, la fièvre du tournoi peine à gagner les quartiers de Tanger, Rabat ou Casablanca. Un contraste frappant pour une compétition censée faire vibrer tout un pays.

    Arbitrage sous tension

    Comme souvent, l’arbitrage s’est retrouvé au cœur des débats. Penalties contestés, VAR défaillante, cartons rouges incompris : les polémiques se sont multipliées dès la phase de groupes. Les sorties médiatiques acerbes de certains sélectionneurs témoignent d’un climat tendu. Reste à espérer que la suite de la compétition se déroule dans davantage de sérénité.

    Thom Biakpa

  • CAN 2025 : Déjà trois pays officiellement éliminés, trois autres qualifiés et une dernière ligne droite sous haute tension

    CAN 2025 : Déjà trois pays officiellement éliminés, trois autres qualifiés et une dernière ligne droite sous haute tension

    La phase de groupes de la CAN 2025 entre dans son moment décisif. Après la clôture de la deuxième journée, dimanche 28 décembre, la compétition bascule dès ce lundi 29 dans une troisième et dernière série de rencontres qui s’annonce aussi stratégique que spectaculaire. Si certaines sélections ont déjà validé ou perdu leur billet pour les huitièmes de finale, la majorité du plateau reste engagée dans un véritable sprint final.

    Sur les 24 équipes engagées, seules six connaissent déjà leur sort. Trois sont assurées de poursuivre l’aventure, trois autres ont vu leurs espoirs définitivement s’éteindre. Pour les 18 restantes, chaque but, chaque duel et chaque décision arbitrale pourrait faire basculer le destin.

    Trois éliminations déjà actées

    La règle de la différence de buts particulière, prioritaire sur la différence générale, a déjà fait des dégâts. Le Botswana, la Guinée équatoriale et le Gabon sont officiellement éliminés, indépendamment de leurs résultats lors de la dernière journée.

    Dans le groupe D, le Botswana, lanterne rouge avec zéro point, ne peut plus rattraper le Bénin, qui l’a battu lors de la deuxième journée. Même constat dans le groupe E pour la Guinée équatoriale, condamnée par sa défaite face au Soudan. Enfin, dans le groupe F, le Gabon a subi le même sort après son revers contre le Mozambique.

    Trois cadors déjà tranquilles

    À l’opposé, l’Algérie, l’Égypte et le Nigeria ont parfaitement négocié leurs deux premières sorties et abordent la dernière journée sans pression. Grâce à deux victoires en autant de matches, ces trois sélections sont assurées de terminer en tête de leur groupe.
    Les Pharaons ne peuvent plus être rejoints par l’Afrique du Sud dans le groupe B. Le Nigeria, porté par une attaque efficace, est intouchable dans le groupe C, tandis que l’Algérie domine le groupe E sans être inquiétée par le Burkina Faso ou le Soudan.

    Des groupes encore très ouverts

    Ailleurs, le suspense est total. Dans le groupe A, aucune équipe n’est encore à l’abri. Le Maroc mène avec 4 points, mais le Mali et la Zambie restent en embuscade, tandis que les Comores conservent une chance réelle de qualification, soit directe, soit parmi les meilleurs troisièmes. Le possible retour d’Achraf Hakimi ajoute encore un enjeu sportif à cette dernière journée.

    Les groupes B et C présentent des configurations similaires : derrière l’Égypte et le Nigeria, la lutte fait rage pour la deuxième place, mais aussi pour une troisième position potentiellement qualificative. Afrique du Sud, Tunisie, Zimbabwe, Tanzanie et Ouganda devront jouer avec calcul et audace.

    Le groupe D, théâtre d’un choc à trois

    Le groupe D promet l’une des fins de phase de groupes les plus intenses. Sénégal, RDC et Bénin se tiennent en un point. Si les Lions de la Teranga occupent la tête, rien n’est encore figé. À moins d’un scénario catastrophe, ces trois équipes devraient néanmoins se retrouver en huitièmes, soit via une qualification directe, soit grâce au classement des meilleurs troisièmes.

    Duels décisifs dans les groupes E et F

    Dans le groupe E, l’affrontement entre le Burkina Faso et le Soudan s’annonce capital. À égalité de points, les deux nations jouent gros, car une défaite pourrait compromettre toute chance de qualification.

    Enfin, le groupe F offre un scénario particulièrement dense. La Côte d’Ivoire, le Cameroun et le Mozambique peuvent encore tout envisager : première place, qualification directe ou passage par la case des meilleurs troisièmes. Seul le Gabon est définitivement hors course.

    Un final à suspense

    Avec encore 12 matches à disputer et de multiples scénarios possibles, cette dernière journée de phase de groupes s’annonce comme un condensé de tension, de calculs et de passion. La CAN 2025 tient toutes ses promesses : un tournoi imprévisible, où rien n’est jamais acquis avant le coup de sifflet final.

    Thom Biakpa

  • Le football français et africain en deuil : Jean-Louis Gasset, ex-selectionneur de la Côte d’Ivoire est mort

    Le football français et africain en deuil : Jean-Louis Gasset, ex-selectionneur de la Côte d’Ivoire est mort

    Le monde du football est en deuil. Jean-Louis Gasset, entraîneur respecté et figure majeure du Montpellier Hérault Sport Club (MHSC) est décédé ce vendredi 26 décembre dans la matinée, a annoncé le club dans un communiqué empreint d’émotion. Avec lui disparaît bien plus qu’un technicien : un homme de club, un passeur de savoir et une personnalité unanimement appréciée dans le milieu du football.

    Né dans le sillage du MHSC, Jean-Louis Gasset incarnait l’âme même du club montpelliérain. Fils de Bernard Gasset, l’un des membres fondateurs du MHSC aux côtés de Louis Nicollin, il a grandi avec le club et l’a servi sans relâche, sous toutes ses formes. Joueur, éducateur, formateur puis entraîneur de l’équipe première à trois reprises, il a traversé les générations avec une constance rare, la dernière fois entre octobre 2024 et avril 2025.

    Homme de terrain et de conviction, Jean-Louis Gasset était reconnu pour son sens aigu du travail, sa rigueur et surtout sa capacité à transmettre. Ces qualités l’ont conduit bien au-delà de Montpellier. Il a laissé son empreinte dans plusieurs clubs de renom tels que le Paris Saint-Germain, l’Espanyol Barcelone, l’AS Saint-Étienne ou encore l’Olympique de Marseille.

    Au sommet du football international, il a également été l’un des proches collaborateurs de Laurent Blanc en équipe de France.
    Son parcours l’a aussi mené en Afrique, où il a dirigé la sélection nationale de Côte d’Ivoire entre janvier 2022 et janvier 2024. À la tête des Éléphants, il a qualifié l’équipe pour la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2023, organisée en terre ivoirienne. Son passage restera associé à une exigence professionnelle élevée, une approche tactique rigoureuse et un profond respect des valeurs humaines, qui lui ont valu l’estime du football africain.

    Dans son message d’hommage, le MHSC évoque un homme au sourire marquant, à la voix reconnaissable entre toutes et au verbe juste, capable de fédérer et d’inspirer. Jean-Louis Gasset laisse derrière lui une trace indélébile dans l’histoire du club pailladin et du football français.

    Le président Laurent Nicollin, les dirigeants, les joueurs et l’ensemble du MHSC ont exprimé leur profonde compassion à la famille de Jean-Louis Gasset, en particulier à son fils Robin, aujourd’hui adjoint de Zoumana Camara à la tête de l’équipe première, à sa fille Coralie, à sa mère Éliane, ainsi qu’à l’ensemble de ses proches.

    Avec la disparition de Jean-Louis Gasset, le football perd un homme de valeurs, discret mais essentiel, dont l’héritage continuera de vivre sur les terrains et dans les mémoires.

    Thom Biakpa

  • CAN 2025 : Champions en titre, les Éléphants entrent en lice face au Mozambique

    CAN 2025 : Champions en titre, les Éléphants entrent en lice face au Mozambique

    À Marrakech, la Côte d’Ivoire s’apprête à entrer en scène. Ce mercredi à 17h30 (TU), les champions d’Afrique en titre affrontent le Mozambique pour leur premier match dans le Groupe F, marquant la fin de la première journée de la phase de poules. Un rendez-vous attendu, mais abordé avec calme par les Éléphants, loin de toute agitation excessive.

    Depuis leur arrivée au Maroc, le mot d’ordre est clair : sérénité. Les séances d’entraînement se déroulent dans une atmosphère détendue, ponctuée de sourires et de plaisanteries, sans jamais perdre de vue l’objectif principal. Pour le sélectionneur Emerse Faé, cette décontraction n’est pas synonyme de relâchement, bien au contraire. Il insiste sur l’implication totale de ses joueurs, concentrés et pleinement engagés dans la mission de défense du titre.

    Il faut dire que cette équipe ivoirienne connaît la valeur de la résilience. Lors de la CAN précédente, elle avait frôlé l’élimination dès le premier tour avant de se hisser jusqu’au sacre, au terme d’un parcours aussi improbable que mémorable. Deux ans plus tard, le visage du groupe a évolué : près de la moitié de l’effectif a été renouvelée. Sur les 26 joueurs convoqués, seuls 12 ont déjà goûté à la gloire continentale.

    Parmi eux, Jean-Michael Seri incarne la continuité. À 34 ans, le milieu de terrain reste un repère, un lien entre les générations. Pour lui, l’état d’esprit n’a pas changé : le plaisir de porter le maillot national, l’envie de se dépasser pour le pays et cette ambiance collective qui traverse les époques.

    À ses côtés, de nouveaux visages découvrent la CAN. L’attaquant Yan Diomandé ou encore le latéral Guela Doué, déjà fort de 12 sélections, symbolisent ce renouveau. Enthousiaste et parfaitement intégré, Doué souligne la discipline et la motivation du groupe, ainsi que la qualité du travail effectué au quotidien.

    Un seul nuage vient assombrir légèrement le tableau : le forfait de Sébastien Haller, absent de cette campagne. Mais pour le reste, tout semble réuni pour permettre aux Éléphants de défendre dignement leur couronne. Un défi de taille, puisque conserver un titre continental est une performance rare, que seule l’Égypte est parvenue à accomplir, avec trois sacres consécutifs entre 2006 et 2010.

    Face au Mozambique, la Côte d’Ivoire ouvre donc un nouveau chapitre. Sans tapage, mais avec ambition. Et toujours avec cette confiance tranquille qui accompagne les équipes conscientes de leur force.

    Thom Biakpa

  • CAN 2025 : le Maroc assure l’essentiel face aux Comores pour son entrée en lice

    CAN 2025 : le Maroc assure l’essentiel face aux Comores pour son entrée en lice

    Le Maroc a parfaitement lancé sa Coupe d’Afrique des nations 2025 en s’imposant face aux Comores (2-0), dimanche soir, dans un stade Prince Moulay Abdellah incandescent.

    Longtemps maladroits et sous pression, les Lions de l’Atlas ont dû attendre la seconde période pour faire parler leur supériorité, grâce à un Brahim Diaz inspiré et à un chef-d’œuvre d’Ayoub El Kaabi.

    Attendus parmi les grands favoris de la compétition, les hommes de Walid Regragui n’avaient pas droit à l’erreur pour ce premier rendez-vous. L’objectif était double : prendre les trois points et démontrer leur capacité à gérer la pression populaire. Si tout n’a pas été parfait, le contrat est rempli.

    Le Maroc débute sa CAN avec une victoire rassurante et peut envisager la suite avec confiance.

    Une première période crispante malgré la domination

    Privés d’Achraf Hakimi, laissé sur le banc malgré sa récente distinction de Joueur africain de l’année 2025, les Marocains ont entamé la rencontre dans une ambiance électrique, sous une pluie battante et devant des tribunes acquises à leur cause.
    Rapidement dominateurs, les Lions de l’Atlas ont pourtant manqué une occasion en or d’ouvrir le score. Dès la 11e minute, Soufiane Rahimi a vu son penalty, obtenu après une faute sur Brahim Diaz, être repoussé par le genou du gardien comorien Yannick Pandor. Un échec qui a installé le doute dans les rangs marocains.

    La malchance s’est ensuite invitée avec la sortie prématurée de Romain Saïss, contraint de quitter ses partenaires sur blessure, visiblement très affecté. Peu tranchants offensivement et imprécis dans les derniers mètres, les Marocains n’ont cadré qu’un seul tir lors de cette première période.

    En face, les Comores, solidaires et disciplinés, ont parfaitement exécuté leur plan défensif malgré une possession famélique (20 %) et ont même frôlé l’ouverture du score dans le temps additionnel, sans une intervention décisive de Yassine Bounou.

    Diaz libère le Maroc, El Kaabi sublime la victoire

    Au retour des vestiaires, le Maroc a affiché un tout autre visage. Plus intense, plus juste techniquement, il a progressivement étouffé le bloc comorien. La délivrance est finalement venue à la 55e minute : Noussaïr Mazraoui, très actif sur son côté droit, a trouvé Brahim Diaz dans la surface. Le milieu offensif du Real Madrid a conclu d’un plat du pied précis pour faire exploser le stade.

    Les Comores n’ont toutefois pas abdiqué et ont continué à jouer leurs coups. Rafiki Saïd a même semé la panique dans la défense marocaine, mais s’est heurté à un Bounou vigilant, décisif pour préserver l’avantage.
    Le coup de grâce est intervenu à un quart d’heure de la fin. Tout juste entré en jeu, Ayoub El Kaabi a inscrit un but somptueux d’un retourné acrobatique, sur un centre d’Anass Salah-Eddine (74e). Un geste de grande classe qui a définitivement scellé le sort de la rencontre.

    Une entrée réussie avant le choc contre le Mali

    Grâce à ce succès logique, le Maroc lance idéalement sa CAN 2025 et peut désormais se projeter vers son prochain match face au Mali, prévu le 26 décembre. Les Comores, courageux mais trop limités offensivement, tenteront quant à eux de se relancer le même jour à Casablanca contre la Zambie.

    Thom Biakpa

  • Mondial 2026 : Les supporters sénégalais et ivoiriens confrontés à des restrictions d’entrée aux États-Unis

    Mondial 2026 : Les supporters sénégalais et ivoiriens confrontés à des restrictions d’entrée aux États-Unis

    À mesure que la Coupe du monde 2026 se rapproche, l’enthousiasme sportif se heurte déjà à des considérations politiques. À six mois du coup d’envoi de la compétition, que se partageront les États-Unis, le Canada et le Mexique, une décision de la Maison-Blanche vient compliquer la perspective de nombreux supporters africains.

    Le mardi 16 décembre, le président américain Donald Trump a signé une proclamation présidentielle durcissant les conditions d’entrée sur le territoire américain pour les ressortissants de plusieurs pays. Cette mesure prévoit à la fois une interdiction totale d’accès pour certains États et des restrictions partielles pour d’autres, parmi lesquels figurent le Sénégal et la Côte d’Ivoire, deux nations qualifiées pour le Mondial.

    Des supporters ciblés, pas les équipes

    Le texte présidentiel précise que les athlètes et les représentants diplomatiques ne sont pas concernés par ces restrictions. Les sélections sénégalaise et ivoirienne pourront donc prendre part à la compétition sans entrave. En revanche, leurs supporters devront composer avec des procédures de visa renforcées, susceptibles de freiner, voire d’empêcher, leur déplacement vers les États-Unis.

    Outre le Sénégal et la Côte d’Ivoire, treize autres pays sont soumis à ces limitations partielles, notamment le Nigeria, le Bénin, la Gambie, la Mauritanie ou encore la Zambie. Cinq États supplémentaires rejoignent par ailleurs la liste des pays frappés d’une interdiction totale d’entrée, qui incluait déjà l’Iran et Haïti.

    Sécurité et immigration en toile de fond

    L’administration américaine justifie ces décisions par des préoccupations sécuritaires et migratoires. Le département de la Sécurité intérieure évoque des taux élevés de dépassement de visa, estimés à environ 4 % pour le Sénégal et 8 % pour la Côte d’Ivoire. Des chiffres qui servent d’argument central à ce durcissement, mais qui suscitent déjà critiques et interrogations dans le contexte d’un événement sportif mondial censé rassembler au-delà des frontières.

    Un contexte sportif déjà bien défini

    Sur le terrain, le Sénégal a été versé dans le groupe I, où il affrontera notamment la France et la Norvège, en plus d’une équipe issue des barrages. Les Lions de la Teranga doivent également rencontrer les États-Unis en match de préparation le 31 mai, à Charlotte. La Côte d’Ivoire, de son côté, évoluera dans le groupe E aux côtés de l’Allemagne, de Curaçao et de l’Équateur.

    Un débat inévitable avant le coup d’envoi

    À moins d’un an du début du tournoi, ces restrictions jettent une ombre sur l’organisation du Mondial 2026, en particulier sur l’accessibilité de la compétition pour les supporters africains. Alors que la FIFA promeut un football universel et inclusif, la question de la libre circulation des fans s’impose déjà comme l’un des enjeux sensibles de cette édition.

    Thom Biakpa

  • CAN 2025 : Didier Drogba prend la défense de Nicolas Pépé après sa non-sélection par Emerse Faé

    CAN 2025 : Didier Drogba prend la défense de Nicolas Pépé après sa non-sélection par Emerse Faé

    La mise à l’écart de Nicolas Pépé pour la CAN 2025 continue de provoquer un vif remous autour des Éléphants. Et l’entrée en scène de Didier Drogba, figure emblématique du football ivoirien, a donné un nouveau souffle au débat. Comme l’indique Foot Mercato, l’ancien capitaine des Éléphants a publiquement témoigné son soutien à l’ailier de Villarreal, accentuant encore davantage les discussions déjà bien nourries depuis la publication de la liste d’Emerse Faé.

    Un absent qui interroge

    Avant même l’annonce du sélectionneur, les performances de Pépé plaidaient pour lui : régulièrement titularisé avec Villarreal, il s’est distingué par sa régularité en Liga et par des prestations solides sur la scène européenne. Beaucoup voyaient en lui un atout confirmé, expérimenté, capable d’apporter de la profondeur offensive et une forme de continuité après le sacre de 2023.

    La surprise a donc été immédiate au moment de la révélation de la liste. L’absence du champion d’Afrique a suscité incompréhension et critiques, autant chez les supporters que chez certains analystes, qui soulignaient son temps de jeu conséquent en Espagne et son expérience des grands rendez-vous.

    Drogba relance le débat d’un simple message

    C’est dans ce contexte tendu que Didier Drogba a posté un message bref, teinté d’ironie, en réponse à une notification sur les réseaux sociaux lui demandant « ce qu’il y avait de nouveau ». Quelques mots suffisent chez lui pour provoquer une onde de choc nationale : sa prise de position a été interprétée comme un geste clair de solidarité envers Pépé, actuellement au centre d’un tourbillon médiatique.

    L’impact est immédiat : quand Drogba parle, le pays écoute. Sa voix, encore puissante auprès du public comme dans la sphère footballistique, a redonné une dimension politique et émotionnelle à un sujet déjà brûlant.

    Les choix de Faé scrutés à la loupe

    À l’approche de l’entrée en lice de la Côte d’Ivoire, le 21 décembre au Maroc, chaque décision d’Emerse Faé est passée au crible. Le sélectionneur n’a pas encore détaillé les raisons de la non-convocation de Pépé, ce qui laisse la porte ouverte à de nombreuses hypothèses : choix tactiques, concurrence accrue à son poste, ou volonté de renouveler l’effectif.

    Quoi qu’il en soit, l’affaire Pépé est devenue l’un des principaux sujets entourant la préparation des Éléphants. Et avec l’intervention de Drogba, elle semble loin d’être close.

    Thom Biakpa

  • Cameroun : Samuel Eto’o chasse le sélectionneur Marc Brys à 20 jours de la CAN

    Cameroun : Samuel Eto’o chasse le sélectionneur Marc Brys à 20 jours de la CAN

    À moins de trois semaines de l’ouverture de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2024 au Maroc, la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) a créé la surprise sans vraiment en être une, en annonçant, lundi 1ᵉʳ décembre, le licenciement du sélectionneur belge Marc Brys. Cette décision marque un nouvel épisode dans un long bras de fer institutionnel qui secoue le football camerounais depuis plusieurs mois.

    Un divorce annoncé entre Brys et Eto’o

    La relation entre Marc Brys, nommé en mai 2024 par le ministère des Sports, et Samuel Eto’o, fraîchement réélu président de la Fecafoot, n’a jamais trouvé le terrain de l’apaisement. Nommé hors du cadre habituel de la fédération, le coach belge apparaissait d’emblée comme un corps étranger au sein du système fédéral. Eto’o avait d’ailleurs prévenu : « Aucun joueur, aucun entraîneur ne sera plus au-dessus du Cameroun », une déclaration que beaucoup avaient interprétée comme un avertissement adressé à Brys.

    Les tensions récurrentes entre les deux autorités, à savoir : le ministère et la Fecafoot ont fini par éclater au grand jour, fragilisant progressivement la position du technicien belge. Le comité d’urgence de la Fecafoot a évoqué, dans son communiqué, de mauvais résultats, mais aussi « de multiples incidents » et « des actes et propos irrévérencieux » pour justifier le licenciement.

    Un bilan sportif insuffisant

    Sur le plan sportif, Marc Brys n’a pas réussi à inverser la tendance. Certes, le Cameroun a obtenu son ticket pour la CAN 2024, mais les performances globales restent jugées décevantes: un 2ᵉ place derrière le Cap-Vert lors des qualifications au Mondial, élimination en demi-finales des barrages face à la RDC, une cohésion de groupe et une dynamique de jeu qui n’ont jamais atteint les niveaux espérés. Ces résultats, additionnés aux tensions politiques, ont scellé le sort du sélectionneur.

    David Pagou propulsé à la tête des Lions indomptables

    Pour assurer la continuité à l’approche de la CAN, la Fecafoot a nommé David Pagou, 56 ans, ancien adjoint numéro deux de Brys, comme nouveau sélectionneur. Une transition express, puisqu’il a dans la foulée dévoilé sa liste des 28 joueurs retenus pour la compétition.

    Et les choix sont loin d’être anecdotiques. Pagou a opté pour un renouveau générationnel, écartant plusieurs cadres historiques, dont Vincent Aboubakar (capitaine), Frank Zambo Anguissa (vice-capitaine) et André Onana (gardien titulaire).

    Une décision forte, qui pourrait ouvrir une nouvelle ère ou provoquer de nouvelles turbulences internes.

    Un feuilleton loin d’être terminé

    Si la Fecafoot a acté le départ de Marc Brys, le ministère des Sports n’a pas encore réagi, laissant planer le doute sur d’éventuels rebondissements. Le conflit institutionnel entre les deux entités, qui dure depuis des mois, pourrait connaître un nouveau chapitre à l’approche de la CAN.

    À 20 jours du début de la compétition, le Cameroun se retrouve à la croisée des chemins, entre volonté de reconstruction et instabilité chronique. Le défi est immense pour David Pagou, chargé de ramener sérénité, cohésion et performance à une sélection en pleine mutation.

    Thom Biakpa

  • Sport/ Ligue 1 : Le Nigérian Terem Moffi et l’Ivoirien Jérémy Boga agressés par des supporters niçois après une nouvelle défaite de leur équipe à Lorient

    Sport/ Ligue 1 : Le Nigérian Terem Moffi et l’Ivoirien Jérémy Boga agressés par des supporters niçois après une nouvelle défaite de leur équipe à Lorient

    La tension est montée d’un cran à Nice. Dans la nuit de dimanche à lundi, au retour de la sixième défaite consécutive de l’OGC Nice sur la pelouse de Lorient (3-1), lors de la 14ᵉ journée de Ligue 1, plusieurs joueurs et dirigeants ont été violemment pris à partie par des supporters en colère devant le centre d’entraînement du club.

    Selon plusieurs sources confirmant les informations de L’Équipe et RMC, les attaquants Terem Moffi (Nigérian) et Jérémy Boga (Ivoirien) ont été physiquement agressés. Jérémy Boga, touché lors de l’altercation, a obtenu cinq jours d’incapacité totale de travail (ITT) et a déposé plainte contre X. Moffi serait lui aussi en ITT. Face à ces incidents, l’UNFP a condamné des violences jugées « intolérables » et se réserve le droit de se constituer partie civile.

    Environ 400 supporters attendaient le car des joueurs, bloquant son passage et allumant des fumigènes pour exprimer leur mécontentement. Le directeur sportif Florian Maurice, vivement critiqué pour le recrutement estival, a été particulièrement ciblé et a dû être exfiltré par la sécurité. L’entraîneur Franck Haise a tenté de calmer la situation en dialoguant avec les fans, tout en reconnaissant les difficultés actuelles du groupe.

    Dans un communiqué, le club azuréen a affirmé comprendre la frustration liée aux résultats mais a fermement condamné ces débordements, apportant son soutien aux membres agressés.

    Ces incidents s’inscrivent dans un contexte déjà tendu autour du public niçois, impliqué ces dernières saisons dans plusieurs affaires, dont un envahissement de terrain contre Marseille en 2022 ou encore des chants et banderoles controversés.

    Actuellement 10ᵉ de Ligue 1, Nice tentera de réagir dimanche avec la réception d’Angers. Après deux jours de repos, les joueurs reprendront l’entraînement mercredi.