Catégorie : football

  • Mondial 2026 : Pape Thiaw et le Sénégal rêvent d’un nouveau coup d’éclat face à la France

    Mondial 2026 : Pape Thiaw et le Sénégal rêvent d’un nouveau coup d’éclat face à la France

    Le Sénégal s’apprête à lancer sa campagne mondiale avec un rendez-vous de prestige. Ce mardi 16 juin, les Lions de la Teranga défient la France à New York pour leur premier match de la Coupe du monde 2026. Un choc qui suscite une forte attente, aussi bien sur le terrain que dans les tribunes.

    À la veille de cette rencontre, le sélectionneur sénégalais Pape Thiaw s’est montré serein et déterminé. Conscient de la qualité de l’adversaire, il estime néanmoins que son équipe possède les arguments nécessaires pour rivaliser avec l’une des grandes puissances du football international.

    L’entraîneur compte également sur un soutien important venu des communautés sénégalaises établies en Amérique du Nord. Si les groupes de supporters traditionnellement présents derrière la sélection n’ont pas fait le déplacement en masse depuis Dakar, la diaspora installée aux États-Unis et au Canada devrait largement se mobiliser pour accompagner les Lions.

    Dans cette optique, les autorités sénégalaises ont facilité l’accès aux rencontres en mettant à disposition plusieurs centaines de billets destinés aux ressortissants vivant sur le continent nord-américain. L’objectif est clair : permettre à l’équipe nationale d’évoluer dans une ambiance favorable malgré l’éloignement de son public habituel.

    Face à eux se dressera une équipe de France habituée aux sommets. Finaliste des deux dernières éditions du Mondial et sacrée championne du monde en 2018, la sélection française abordera cette affiche avec l’étiquette de favorite. Une réalité que Pape Thiaw ne conteste pas.
    Pour autant, le technicien refuse toute forme de résignation. Il rappelle que le Sénégal figure parmi les nations les plus compétitives du continent africain et s’appuie sur un effectif composé de joueurs évoluant au plus haut niveau mondial.

    Cette confrontation réveille inévitablement les souvenirs de 2002, lorsque le Sénégal avait créé la sensation en battant la France lors du match d’ouverture de la Coupe du monde en Corée du Sud et au Japon. Un succès historique qui reste gravé dans la mémoire des supporters africains.

    Mais pour Pape Thiaw, ce passé glorieux ne doit pas détourner l’attention de l’essentiel. Le sélectionneur préfère se concentrer sur les enjeux du présent et sur la performance que son équipe devra produire pour atteindre ses objectifs.
    Convaincu du potentiel de son groupe, il rejette déjà l’idée qu’un éventuel succès sénégalais puisse être considéré comme un exploit inattendu. Selon lui, les Lions ont désormais l’ambition et les moyens de s’imposer durablement parmi les meilleures sélections de la planète.

    Thom Biakpa

  • Mondial 2026/ Tunisie : Sabri Lamouchi viré, Hervé Renard appelé à la rescousse

    Mondial 2026/ Tunisie : Sabri Lamouchi viré, Hervé Renard appelé à la rescousse

    La Fédération tunisienne de football a décidé de réagir sans attendre après le début difficile des Aigles de Carthage à la Coupe du monde. Mardi 16 juin, son président a officialisé la fin de la collaboration avec Sabri Lamouchi, seulement quelques mois après sa prise de fonction à la tête de la sélection nationale.
    Nommé en janvier 2026 à l’issue de la CAN 2025, le technicien français n’aura dirigé que cinq rencontres. Son passage sur le banc tunisien se termine sur un bilan décevant : une seule victoire, un match nul et trois défaites.

    La lourde correction subie face à la Suède (5-1) lors de l’entrée en lice de la Tunisie au Mondial a précipité cette décision. Dominés dans tous les secteurs du jeu, les Tunisiens ont vécu une soirée compliquée qui a convaincu les dirigeants d’opérer un changement immédiat.

    Pour relancer l’équipe, la Fédération a choisi de faire confiance à un autre entraîneur français au profil expérimenté, en l’occurrence Hervé Renard. Habitué des grandes compétitions internationales et des sélections africaines, le technicien de 57 ans était libre depuis la fin de son aventure avec l’Arabie saoudite.

    Renard s’était notamment illustré lors de la Coupe du monde 2022 en conduisant les Saoudiens à une victoire retentissante contre l’Argentine, future championne du monde. Sa mission sera désormais de redonner confiance aux Aigles de Carthage et de tenter de relancer leur parcours dans cette Coupe du monde.

    Le nouveau sélectionneur doit prendre immédiatement ses fonctions et diriger son premier entraînement dès ce mardi après-midi à Monterrey, où la sélection tunisienne prépare la suite de sa campagne mondiale.

    Thom Biakpa

  • Mondial 2026 : Donald Trump absent du premier match des États-Unis, une décision qui interpelle

    Mondial 2026 : Donald Trump absent du premier match des États-Unis, une décision qui interpelle

    Le président américain Donald Trump ne sera pas dans les tribunes de Los Angeles ce vendredi 12 juin pour assister à l’entrée en lice de la sélection américaine face au Paraguay dans le cadre de la Coupe du monde 2026. Cette absence, remarquée dès son annonce, contraste avec une tradition observée par les dirigeants des pays hôtes lors des précédentes éditions du tournoi.

    Alors que les États-Unis accueillent une partie importante de cette Coupe du monde organisée conjointement avec le Canada et le Mexique, la Maison-Blanche a choisi de déléguer sa représentation officielle. Le secrétaire d’État Marco Rubio conduira ainsi la délégation américaine présente au stade, accompagné du secrétaire aux Transports Sean Duffy et du secrétaire à la Sécurité intérieure Markwayne Mullin.

    Cette décision marque une rupture avec une pratique devenue courante depuis 2006, année à partir de laquelle la FIFA a instauré la présence systématique du pays organisateur lors du match d’ouverture de sa sélection nationale. Au fil des éditions, les chefs d’État des nations hôtes avaient pris l’habitude de participer à cet événement symbolique. Au Brésil, Dilma Rousseff avait assisté au premier match de la Seleção en 2014.

    Quatre ans plus tard, Vladimir Poutine était présent à Moscou pour lancer le tournoi organisé en Russie. Plus récemment, en 2022, l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani, avait également pris place dans les tribunes lors de l’ouverture du Mondial à Doha.
    En choisissant de ne pas assister aux deux premières rencontres impliquant les États-Unis en tant que pays coorganisateur, Donald Trump s’écarte donc de cet usage diplomatique et sportif.

    Une décision qui suscite des interrogations alors que l’événement représente une vitrine mondiale pour le pays.
    Selon un communiqué publié par le département d’État, la Coupe du monde constitue un moment majeur pour les États-Unis. Le porte-parole Tommy Pigott a souligné que la compétition mettait en valeur « le leadership et l’hospitalité américains » devant des millions de téléspectateurs à travers le monde, dans un contexte particulier marqué par les célébrations du 250e anniversaire de la nation américaine.

    Pour autant, le président n’exclut pas de participer à certaines rencontres du tournoi. Interrogé récemment dans le Bureau ovale sur une éventuelle présence dans les stades, Donald Trump s’est montré affirmatif, déclarant simplement : « J’irai, j’irai », sans toutefois préciser quels matchs il compte suivre ni à quelle date.

    Cette édition 2026 de la Coupe du monde revêt une dimension historique puisqu’elle réunit pour la première fois 48 sélections nationales. Le tournoi a officiellement débuté le jeudi 11 juin à Mexico avec la rencontre inaugurale entre le Mexique et l’Afrique du Sud. La finale, quant à elle, se disputera le 19 juillet à New York, point d’orgue d’une compétition appelée à battre de nombreux records d’affluence et d’audience.

    Thom Biakpa.

  • Coupe du Monde 2026 : L’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan refoulé des États-Unis, la polémique enfle

    Coupe du Monde 2026 : L’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan refoulé des États-Unis, la polémique enfle

    À quelques heures du coup d’envoi de la Coupe du Monde, une autre controverse majeure vient assombrir les préparatifs de la compétition. L’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, pourtant sélectionné par la FIFA pour officier lors du tournoi, a été empêché d’entrer sur le territoire américain à son arrivée à Miami.

    Selon plusieurs médias internationaux, l’officiel somalien a été retenu pendant près de onze heures par les services de l’immigration avant d’être finalement renvoyé vers la Turquie. Les autorités américaines ont justifié cette décision par des préoccupations liées aux procédures de sécurité, sans fournir davantage d’explications sur les motifs précis de ce refus d’entrée.

    Face à cette situation, la FIFA a rapidement confirmé qu’Omar Abdulkadir Artan ne prendrait finalement pas part à la compétition, mettant ainsi un terme à tout espoir de le voir officier lors du Mondial.

    L’affaire a toutefois rapidement dépassé le cadre sportif pour prendre une dimension politique. Réagissant à cette décision, le Premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, a publiquement déclaré que l’arbitre somalien serait le bienvenu au Canada. Malgré cette ouverture et les nombreuses réactions suscitées par l’incident, aucune solution alternative n’a pu être trouvée, afin de permettre à l’officiel de rejoindre le tournoi.

    Cette exclusion suscite d’autant plus d’interrogations qu’Omar Abdulkadir Artan figure parmi les arbitres les plus respectés du continent africain. En 2025, il avait été désigné meilleur arbitre de l’année par la Confédération africaine de football (CAF), une distinction qui récompense son professionnalisme et la qualité de ses prestations sur les terrains internationaux.

    Alors que la Coupe du Monde s’apprête à débuter, cet épisode risque de continuer à alimenter les débats autour des questions de mobilité, de sécurité et de gouvernance dans les grandes compétitions sportives internationales. Une polémique dont les répercussions pourraient dépasser largement le cadre du football.

    Thom Biakpa

  • Coupe du monde 2026 : La fouille des joueurs sénégalais sur le tarmac américain déclenche une vive controverse

    Coupe du monde 2026 : La fouille des joueurs sénégalais sur le tarmac américain déclenche une vive controverse

    À quelques heures de l’ouverture de la Coupe du monde de football 2026, organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, les premières tensions liées à l’événement commencent déjà à émerger. Une scène inhabituelle impliquant la sélection nationale du Sénégal a récemment suscité une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et relancé le débat sur les procédures de sécurité appliquées par les autorités américaines.

    Les Lions de la Teranga soumis à un contrôle dès leur arrivée

    L’incident s’est produit en Caroline du Nord, où l’avion transportant les joueurs et le staff de l’équipe nationale sénégalaise venait tout juste d’atterrir. À peine descendus de l’appareil, les membres de la délégation ont été pris en charge par les agents du Bureau des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (CBP).
    Selon plusieurs témoignages et images diffusées en ligne, les joueurs, entraîneurs et membres de l’encadrement ont été invités à s’asseoir sur le tarmac avant de subir des contrôles individuels approfondis. Détecteurs de métaux, inspections minutieuses des effets personnels et vérifications de sécurité se sont enchaînés sous les yeux de nombreux observateurs.

    Parmi les personnes concernées figuraient plusieurs figures majeures du football sénégalais, notamment Sadio Mané, Nicolas Jackson et Iliman Ndiaye. Les autorités américaines auraient justifié cette opération par la nécessité de s’assurer qu’aucun objet interdit ou illicite n’était introduit sur le territoire.

    Une vidéo virale qui alimente la polémique

    Les images de cette intervention n’ont pas tardé à faire le tour des réseaux sociaux. La vidéo, largement partagée et commentée, montre les membres de la sélection attendant leur tour sur la piste de l’aéroport tandis que les agents procèdent aux contrôles.
    Pour de nombreux internautes, la méthode employée apparaît excessive et peu respectueuse à l’égard d’une délégation sportive officielle. D’autres soulignent toutefois que les autorités américaines appliquent des protocoles de sécurité particulièrement stricts dans le contexte international actuel. Cette séquence intervient dans un climat géopolitique déjà marqué par des tensions diplomatiques et un renforcement des contrôles aux frontières américaines, alimentant davantage les critiques.

    L’Ouzbékistan également concerné

    Le Sénégal n’est pas la seule équipe à avoir fait l’objet de telles mesures. La sélection d’Ouzbékistan a également été soumise à des contrôles similaires lors de son arrivée à New York dans le cadre de sa préparation internationale.
    Des images relayées par ESPN montrent notamment l’utilisation de chiens renifleurs ainsi que le passage systématique de détecteurs de métaux sur les joueurs et les membres du staff. L’équipe ouzbèke, dirigée par l’ancien champion du monde italien Fabio Cannavaro, se préparait alors à affronter les Pays-Bas lors d’un match amical.

    Un avant-goût des défis de la Coupe du monde 2026

    Ces incidents soulèvent déjà des interrogations sur l’accueil réservé aux sélections étrangères lors du Mondial 2026. Alors que les États-Unis accueilleront la majorité des rencontres de la compétition, plusieurs observateurs s’inquiètent des conséquences que pourraient avoir des procédures de sécurité particulièrement rigoureuses sur le bon déroulement du tournoi.

    Si les autorités américaines mettent en avant la nécessité de garantir la sécurité du territoire et de l’événement, les critiques estiment qu’un équilibre devra être trouvé afin d’éviter que ces contrôles ne nuisent à l’image d’une compétition censée célébrer le rassemblement des nations autour du football.

    Une chose est certaine, à mesure que l’échéance approche, chaque incident de ce type sera scruté de près et risque d’alimenter les débats bien au-delà des terrains de jeu.

    Thom Biakpa

  • ASEC Mimosas : l’école ivoirienne qui a façonné le football africain

    ASEC Mimosas : l’école ivoirienne qui a façonné le football africain

    Dans l’imaginaire du football ivoirien, l’ASEC Mimosas n’est pas seulement un club. C’est une institution, une école, une marque sportive et l’un des plus puissants symboles de la capacité de l’Afrique à former, structurer et révéler ses propres talents. Derrière les couleurs jaune et noir se cache une histoire singulière, née à Abidjan dans les années 1947-1948 autour d’un groupe d’employés de commerce et de fonctionnaires passionnés de football. Le nom même du club, Association Sportive des Employés de Commerce, rappelle cette origine populaire et corporative, avant que l’ASEC ne devienne progressivement l’un des géants du football ivoirien et africain.

    Très tôt, le club adopte une philosophie qui va marquer son identité : « que les enfants s’amusent en jouant au football ». Cette vision, associée à Guy Fabre, premier grand entraîneur professionnel du club, n’est pas qu’une formule. Elle résume une culture de jeu fondée sur la technique, le plaisir, l’intelligence collective et la formation. À une époque où le football africain se structure encore, l’ASEC choisit déjà de construire une identité forte, reconnaissable, presque pédagogique.

    L’évolution du club va connaître un tournant majeur à partir de 1989, avec l’arrivée de Me Roger Ouégnin à la présidence du Conseil d’administration. Sous son impulsion, l’ASEC entre dans une nouvelle ère : professionnalisation de l’organisation, développement des infrastructures, structuration du centre d’entraînement de Sol Béni et montée en puissance de l’Académie MimoSifcom. Le club ne veut plus seulement gagner des titres. Il veut bâtir un modèle durable, capable de produire des joueurs, des résultats et une culture institutionnelle.

    Cette stratégie porte rapidement ses fruits. L’ASEC Mimosas devient une référence nationale, avec un palmarès impressionnant : 30 titres de champion de Côte d’Ivoire, 21 Coupes nationales, 16 Coupes Félix Houphouët-Boigny, une Ligue des champions de la CAF, une Super Coupe d’Afrique et une Coupe UFOA selon le palmarès officiel du club. Le sommet continental est atteint en 1998, lorsque les Mimos remportent la Ligue des champions de la CAF, un sacre qui installe définitivement le club parmi les grandes institutions du football africain.

    Mais la véritable particularité de l’ASEC est ailleurs. Elle se trouve dans sa capacité à transformer la formation en avantage compétitif. L’Académie MimoSifcom, fondée dans les années 1990 autour de la vision de Roger Ouégnin et Jean-Marc Guillou, devient l’un des laboratoires les plus célèbres du continent. Elle associe formation sportive, encadrement scolaire et discipline de vie. L’ASEC rappelle d’ailleurs que l’accès à l’Académie est gratuit, avec une volonté affirmée de faciliter l’accès du plus grand nombre à une formation d’élite, sportive et scolaire.

    De cette école sortiront certains des plus beaux noms du football ivoirien et africain. Kolo Touré, Yaya Touré, Didier Zokora, Gervinho, Salomon Kalou, Boubacar Barry ou encore Siaka Tiéné font partie des joueurs associés à cette matrice ASEC-MimoSifcom, qui a fortement contribué à l’émergence de la génération dorée ivoirienne. Cette génération participera à l’entrée de la Côte d’Ivoire dans une nouvelle dimension internationale, avec les Coupes du monde, les Coupes d’Afrique des nations et une présence massive dans les grands championnats européens.

    L’histoire de l’ASEC est aussi portée par de grandes figures locales. Laurent Pokou, légende absolue du football ivoirien, reste l’un des noms les plus emblématiques associés au club. Eustache Manglé, surnommé « Le Lion », Ignace Wognin, Youssouf Fofana, Abdoulaye Traoré, Gadji Céli ou encore Donald-Olivier Sié appartiennent également à cette galerie de figures qui ont nourri la légende jaune et noire. Du côté des entraîneurs, l’ASEC a connu des personnalités fortes comme Guy Fabre, Oscar Fulloné, Philippe Troussier, Jean-Marc Guillou ou, plus récemment, Julien Chevalier, associé aux derniers titres nationaux du club.

    L’autre force de l’ASEC, souvent sous-estimée, réside dans son écosystème de supporters. Les « Actionnaires » ne sont pas de simples fans. Ils forment une communauté organisée, mobilisée autour du club, notamment à travers le CNACO, organe chargé de structurer, mobiliser et coordonner les supporters. Cette culture populaire donne à l’ASEC une profondeur particulière : le club appartient à une mémoire collective, à des familles, à des quartiers, à une histoire nationale.

    Aujourd’hui, l’ASEC Mimosas demeure l’un des rares clubs africains à réunir autant de dimensions : un palmarès national dominant, une histoire continentale forte, une académie mythique, une base populaire organisée et une marque sportive reconnue au-delà de la Côte d’Ivoire. Son défi est désormais de transformer cet héritage en puissance moderne : renforcer son modèle économique, mieux valoriser ses talents, retrouver durablement le très haut niveau continental et s’imposer comme une référence africaine du sport-business.

    Car l’ASEC n’est pas seulement le club des trophées passés. C’est une idée du football africain : celle d’un football capable de former avant d’acheter, de structurer avant d’improviser, de transmettre avant de briller. À travers son histoire, ses figures et son académie, le club jaune et noir rappelle que les grandes institutions sportives ne se construisent pas seulement sur les victoires. Elles se construisent sur une culture, une méthode et une fidélité à une vision. À ce titre, l’ASEC Mimosas reste bien plus qu’un club ivoirien : une école africaine du football.

  • Florentino Pérez prolonge son règne au Real Madrid

    Florentino Pérez prolonge son règne au Real Madrid

    Florentino Pérez poursuit son histoire avec le Real Madrid. À 79 ans, l’homme d’affaires espagnol a été réélu président du club madrilène, au terme d’un scrutin particulièrement suivi puisqu’il s’agissait de la première véritable élection disputée depuis près de vingt ans. Selon Reuters, Pérez a obtenu 65 % des suffrages, contre 35 % pour Enrique Riquelme, entrepreneur espagnol du secteur des énergies renouvelables, sur un total de 33 555 socios votants. Le Real Madrid a confirmé sa réélection jusqu’en 2030.

    Cette victoire confirme le poids considérable de Florentino Pérez dans l’histoire récente du Real Madrid. Arrivé une première fois à la présidence en 2000 après avoir battu Lorenzo Sanz, il avait immédiatement marqué les esprits avec la politique des « Galactiques », attirant successivement Luís Figo, Zinedine Zidane, Ronaldo puis David Beckham. Cette stratégie a installé le Real Madrid dans une nouvelle dimension médiatique, commerciale et sportive.

    Après une première période entre 2000 et 2006, Florentino Pérez quitte volontairement ses fonctions, avant de revenir en 2009. Son second mandat est encore plus marquant. Il recrute Cristiano Ronaldo, Karim Benzema, Gareth Bale, James Rodríguez, Toni Kroos ou encore Luka Modrić, et reconstruit un club capable de dominer l’Europe. Sous sa présidence, le Real Madrid a notamment remporté plusieurs Ligues des champions, dont celles de 2014, 2016, 2017, 2018, 2022 et 2024. Le club indique aujourd’hui que son bilan global à la tête de l’institution atteint 57 trophées toutes sections confondues, football et basketball compris.

    Mais Florentino Pérez n’est pas seulement un président de football. Ingénieur de formation, patron du groupe de construction ACS, il a imposé une vision de gestionnaire et de bâtisseur. Sous son impulsion, le Real Madrid a modernisé ses infrastructures, notamment avec le développement de la Ciudad Real Madrid à Valdebebas et la transformation du stade Santiago-Bernabéu. Le club revendique aussi une puissance économique exceptionnelle, Reuters rappelant que le Real Madrid a enregistré 1,19 milliard d’euros de revenus sur la saison 2024-2025 et qu’il est valorisé par Forbes à 6,75 milliards de dollars.

    Cette réélection n’est toutefois pas un simple plébiscite. Le score d’Enrique Riquelme, qui a rassemblé plus d’un tiers des votants, traduit l’existence d’un débat interne sur l’avenir du club. Le point le plus sensible concerne le modèle de propriété. Florentino Pérez défend l’idée d’une modernisation financière permettant d’ouvrir une petite partie du capital à des investisseurs extérieurs, tout en maintenant le modèle associatif du club. Son adversaire y voyait, lui, un risque de privatisation progressive d’une institution historiquement détenue par ses socios.

    Le nouveau mandat de Pérez s’ouvre donc sur une double mission : préserver l’ADN populaire et institutionnel du Real Madrid, tout en poursuivant sa transformation en géant mondial du sport-business. Cette tension résume toute la singularité de son parcours. Florentino Pérez est à la fois l’homme des grandes signatures, le président des succès européens, le bâtisseur d’infrastructures et le promoteur d’un modèle économique offensif. Mais il est aussi une figure clivante, associée à une présidence très personnalisée, à la Super League européenne et à une conception très industrielle du football moderne.

    En reprenant les commandes jusqu’en 2030, Florentino Pérez s’offre l’occasion de consolider encore son héritage. Il est déjà l’un des présidents les plus influents de l’histoire du football mondial. La question, désormais, n’est plus seulement de savoir combien de titres le Real Madrid remportera sous sa direction, mais quel type de club il laissera derrière lui : une institution toujours contrôlée par ses membres, ou une puissance sportive mondiale progressivement adaptée aux logiques financières du XXIe siècle.

  • Blaise Matuidi, du milieu de terrain au capital-risque : la reconversion intelligente d’un champion du monde

    Blaise Matuidi, du milieu de terrain au capital-risque : la reconversion intelligente d’un champion du monde

    Longtemps, la reconversion des footballeurs s’est résumée à trois options visibles : entraîneur, consultant ou ambassadeur de marque. Blaise Matuidi a choisi une autre voie. Depuis la fin de sa carrière sportive, l’ancien joueur du PSG, de la Juventus, de l’Inter Miami et de l’équipe de France s’est imposé dans un univers encore peu exploré par les footballeurs européens : l’investissement dans les start-up.

    Blaise Matuidi n’a jamais été le joueur le plus spectaculaire de sa génération. Il n’était ni le plus technique, ni le plus médiatique, ni le plus flamboyant. Mais il a bâti sa carrière sur une qualité rare : la capacité à comprendre le jeu avant les autres, à occuper les bons espaces, à servir le collectif et à durer au plus haut niveau. C’est peut-être cette intelligence de positionnement qui explique aussi sa reconversion. Au lieu de chercher à prolonger artificiellement sa présence dans le football, Matuidi a déplacé son terrain de jeu : des pelouses européennes aux tables d’investissement.

    Champion du monde avec la France en 2018, ancien cadre du Paris Saint-Germain, triple champion d’Italie avec la Juventus et passé par l’Inter Miami en fin de carrière, Matuidi a officiellement pris sa retraite sportive en décembre 2022, à 35 ans. La FIFA rappelait alors qu’il mettait un terme à une carrière qui l’avait vu devenir champion de France, champion d’Italie et champion du monde.

    Mais sa deuxième vie professionnelle avait déjà commencé. Avec Origins, le fonds qu’il a cofondé avec Salomon Aiach et Ilan Abehassera, Blaise Matuidi s’est positionné sur le capital-risque, plus précisément sur les start-up consumer tech, c’est-à-dire les entreprises technologiques tournées vers les usages grand public : applications sociales, marketplaces, santé digitale, sport tech, gaming, intelligence artificielle appliquée au consommateur ou encore nouvelles expériences numériques. Origins se présente comme un fonds qui accompagne des fondateurs de start-up du pré-amorçage à la série A, avec une promesse simple : ne pas apporter seulement du capital, mais aussi de l’influence.

    C’est là que le modèle devient intéressant. Origins ne fonctionne pas comme un fonds classique qui se contenterait de signer des chèques et d’attendre la croissance des entreprises financées. Le fonds revendique une capacité de distribution et de visibilité portée par ses investisseurs, principalement des athlètes et des célébrités. Sur son site, Origins met en avant une audience cumulée d’environ 160 millions de followers et explique que cette puissance d’influence peut aider les start-up de son portefeuille à accélérer leur notoriété et leur croissance. Le fonds indique également investir des tickets généralement compris entre 100 000 et 500 000 dollars dans des entreprises consumer tech.

    Autrement dit, Blaise Matuidi ne s’est pas contenté de devenir business angel. Il participe à la construction d’un modèle hybride : à mi-chemin entre le venture capital, le marketing d’influence et le réseau d’athlètes-investisseurs. Dans une économie numérique où l’acquisition de clients coûte de plus en plus cher, cette proposition est particulièrement pertinente. Pour une jeune start-up, lever des fonds est une étape importante. Mais se faire connaître, obtenir des utilisateurs, créer de la confiance et accéder à une communauté peut parfois être encore plus décisif. Origins tente précisément de transformer l’audience des sportifs en avantage stratégique.

    Cette reconversion est d’autant plus intéressante qu’elle traduit un décalage entre les cultures sportives européenne et américaine. Dans une interview à Sifted, Matuidi expliquait qu’en arrivant aux États-Unis, il avait observé une différence importante : les athlètes nord-américains sont beaucoup plus tôt exposés aux affaires, tandis que les sportifs européens restent souvent concentrés presque exclusivement sur leur discipline. Il résumait le message d’Origins ainsi : un sportif ne doit pas se voir uniquement comme un athlète.

    Ce point est central. Aux États-Unis, il est devenu courant de voir des stars du sport investir dans des start-up, des marques, des médias, des franchises ou des fonds. LeBron James, Serena Williams, Kevin Durant ou encore Stephen Curry ont compris que leur carrière sportive pouvait devenir une plateforme économique. En Europe, le mouvement existe, mais il reste moins structuré. Matuidi appartient donc à une génération de sportifs européens qui cherchent à combler ce retard, non pas en copiant superficiellement les Américains, mais en adaptant leur capital de notoriété, de réseau et de crédibilité au monde de l’investissement.

    Le choix du venture capital n’est pas anodin. C’est un métier exigeant, risqué, où la plupart des investissements peuvent échouer, mais où quelques réussites peuvent créer une valeur considérable. Cela demande de la patience, une capacité d’analyse, une compréhension des marchés, une lecture des fondateurs et un bon accès aux opportunités. Matuidi a lui-même reconnu avoir commencé par de petits investissements en tant que business angel, en apprenant progressivement par la pratique, y compris par les erreurs.

    Cette trajectoire donne une autre lecture de sa carrière sportive. Matuidi était un joueur de système, un joueur d’équilibre, un joueur capable de se mettre au service d’une organisation plus grande que lui. Dans l’investissement, cette logique reste utile. Un bon investisseur n’est pas seulement celui qui a de l’argent. C’est celui qui sait où se placer, quelles équipes rejoindre, quels signaux détecter, quelles personnes accompagner et comment créer de la valeur autour d’un projet.

    Origins semble avoir compris cette mécanique. Selon Maddyness, le fonds s’intéresse notamment à la consumer AI, aux réseaux sociaux, aux marketplaces, au gaming, à la sport tech et à la health tech. La même source indique qu’Origins comptait déjà un portefeuille d’une dizaine d’entreprises et avait coinvesti avec des fonds internationaux de premier plan comme Sequoia, Andreessen Horowitz, Left Lane, Singular, DST ou Coatue.

    Pour le monde du sport, la reconversion de Blaise Matuidi est donc plus qu’une belle histoire personnelle. Elle illustre une transformation profonde : les athlètes ne sont plus condamnés à être seulement les visages des marques. Ils peuvent devenir actionnaires, investisseurs, partenaires stratégiques, créateurs de fonds, apporteurs de dealflow et accélérateurs de croissance. Leur notoriété peut être convertie en capital économique, à condition d’être structurée, encadrée et mise au service d’une vraie thèse d’investissement.

    C’est aussi un sujet important pour l’Afrique. Sur le continent, de nombreux sportifs disposent d’une popularité considérable, parfois supérieure à celle de dirigeants économiques ou politiques. Mais cette popularité est encore trop souvent monétisée de manière limitée : contrats publicitaires, apparitions, événements, sponsoring ponctuel. Le modèle Matuidi montre une voie plus ambitieuse : utiliser la crédibilité sportive pour entrer dans le capital, accompagner des entrepreneurs, financer l’innovation, ouvrir des marchés et participer à la construction d’écosystèmes.

    Cela ne signifie pas que tous les sportifs doivent créer un fonds d’investissement. Le capital-risque exige des compétences, une équipe, une méthode et une discipline. Mais cela signifie que les athlètes africains, actuels ou retraités, peuvent penser leur après-carrière autrement. Ils peuvent investir dans la sport tech, la santé, l’éducation, les médias, l’agriculture, la fintech, les infrastructures sportives ou les marques grand public. Ils peuvent devenir des acteurs économiques, pas seulement des icônes populaires.

    Blaise Matuidi n’a donc pas simplement changé de métier. Il a changé de statut. Hier, il était un joueur précieux dans les systèmes de ses entraîneurs. Aujourd’hui, il tente de devenir un acteur de l’écosystème qui finance les entreprises de demain. Sa reconversion rappelle une leçon essentielle : dans le sport moderne, la carrière ne s’arrête plus au dernier match. Elle peut devenir le premier actif d’une nouvelle vie d’entrepreneur et d’investisseur.

  • Amical Côte d’Ivoire – France : Les Éléphants renversent les Bleus et font le plein de confiance avant le Mondial

    Amical Côte d’Ivoire – France : Les Éléphants renversent les Bleus et font le plein de confiance avant le Mondial

    À une semaine du lancement de la Coupe du monde, la Côte d’Ivoire a envoyé un message fort. Opposés à la France dans un match amical de préparation disputé à Nantes, les Éléphants ont renversé une situation mal engagée pour s’imposer 2 buts à 1 face à l’une des nations favorites du tournoi.

    Dans une Beaujoire largement acquise à la cause ivoirienne grâce à une forte mobilisation de la diaspora, les hommes d’Emerse Faé ont d’abord dû résister à la pression française. Les Bleus ont monopolisé le ballon durant une bonne partie de la première période, mais se sont heurtés à un Yahya Fofana impérial. Le gardien ivoirien a multiplié les interventions décisives devant Kylian Mbappé, Michael Olise puis Rayan Cherki, maintenant son équipe dans le match.

    Malgré cette solidité défensive, la Côte d’Ivoire a fini par céder juste avant la pause. Profitant d’une action individuelle de grande qualité, Rayan Cherki a trouvé l’ouverture à la 45e minute.

    Une réalisation contestée par les Ivoiriens, qui estimaient qu’une faute avait été commise sur Ghislain Konan dans la construction de l’action. Cette frustration a notamment valu un avertissement à Franck Kessié.

    Pourtant, les Éléphants avaient déjà montré qu’ils pouvaient faire mal. Quelques minutes avant l’ouverture du score française, Simon Adingra avait récupéré un ballon dangereux avant de buter sur un excellent Mike Maignan.

    Au retour des vestiaires, le visage de la rencontre a changé. Plus entreprenante et plus libérée, la sélection ivoirienne a commencé à prendre l’ascendant. L’entrée de plusieurs joueurs offensifs, dont Nicolas Pépé et Amad Diallo, a apporté une nouvelle dynamique.
    L’égalisation est arrivée à la 53e minute. Bien lancé sur le flanc droit par Nicolas Pépé, Guéla Doué a conclu son effort d’une finition efficace pour remettre les deux équipes à égalité. Un moment particulier puisque son frère, Désiré Doué, suivait la scène depuis le banc français.

    Revigorés par ce but, les Ivoiriens ont intensifié leur pressing et leurs attaques rapides. Face à des Bleus moins inspirés, ils ont progressivement pris confiance.

    La délivrance est finalement intervenue à sept minutes de la fin du temps réglementaire. Une nouvelle fois impliqué, Nicolas Pépé a trouvé Guéla Doué sur le côté. Le centre en retrait du latéral ivoirien a parfaitement servi Amad Diallo, qui a conclu l’action pour offrir la victoire aux siens à la 83e minute.

    Ce succès de prestige permet à la Côte d’Ivoire d’aborder son entrée dans le Mondial. Du côté français, cette défaite constitue un signal d’alerte avant le premier match de la compétition contre le Sénégal, prévu le 16 juin.

    Thom Biakpa

  • Basketball Africa League : le grand pari du basket africain

    Basketball Africa League : le grand pari du basket africain

    Longtemps resté dans l’ombre du football, le basketball africain est en train de construire sa propre scène continentale. Avec la Basketball Africa League, plus connue sous le sigle BAL, le continent dispose désormais d’une compétition professionnelle capable de réunir ses meilleurs clubs, d’attirer des sponsors internationaux, de créer des récits sportifs et d’offrir une vitrine nouvelle aux talents africains.

    Lancée avec le soutien de la NBA Africa et de la FIBA, la BAL est devenue en quelques années l’un des projets sportifs les plus ambitieux du continent. Son principe est simple : réunir les meilleurs clubs africains dans une compétition panafricaine structurée, médiatisée et capable de rapprocher le basket africain des standards internationaux. La saison 2026, sixième édition du tournoi, a réuni douze clubs issus de douze pays, avec des matchs organisés notamment à Rabat, Dakar, Kigali et Pretoria.

    Cette édition a confirmé la montée en puissance de la compétition. Les playoffs ont rassemblé huit équipes : Al Ahly d’Égypte, Al Ahly Ly de Libye, ASC Ville de Dakar du Sénégal, Club Africain de Tunisie, Dar City de Tanzanie, FUS Rabat du Maroc, Petro de Luanda d’Angola et les RSSB Tigers du Rwanda. Au terme du tournoi, les RSSB Tigers ont remporté le titre 2026 en battant Petro de Luanda 90-88 en finale, avec une performance majeure de Craig Randall II, auteur de 33 points et désigné MVP de la finale.

    Au-delà du résultat sportif, la BAL raconte une transformation plus profonde : celle de l’industrie du sport en Afrique. La compétition ne se limite pas à faire jouer des clubs entre eux. Elle cherche à créer un écosystème : billetterie, droits audiovisuels, sponsoring, production de contenus, merchandising, expérience spectateur, développement des joueurs, attractivité des villes hôtes et professionnalisation des organisations. En cela, elle se distingue fortement des compétitions africaines traditionnelles, souvent freinées par le manque de moyens, l’instabilité organisationnelle et la faible exposition médiatique.

    La présence de la NBA donne au projet une dimension particulière. Elle apporte une expertise en marketing sportif, en spectacle, en storytelling, en gestion d’événements et en valorisation des athlètes. La BAL reprend une partie des codes du sport-business américain : musique, entertainment, contenus courts, identité visuelle forte, stars mises en avant, expérience fan, statistiques et narration autour des joueurs. C’est une manière de vendre le basket non seulement comme un sport, mais comme un produit culturel et médiatique.

    Pour les joueurs africains, l’enjeu est majeur. La BAL offre une plateforme de visibilité qui n’existait pas à cette échelle. Un joueur performant peut désormais être vu par des recruteurs, des clubs étrangers, des agents et des médias spécialisés. Le parcours de plusieurs talents issus du continent montre déjà que la compétition peut devenir un tremplin vers des championnats plus rémunérateurs, voire vers les circuits liés à la NBA. La ligue a également mis en place des passerelles avec la NBA Academy Africa, à travers le programme BAL Elevate, qui permet à de jeunes talents d’être intégrés aux effectifs des clubs participants.

    Mais la BAL pose aussi une question essentielle : peut-elle réellement transformer le basket africain local ? Car le risque serait de créer une belle vitrine continentale sans renforcer suffisamment les championnats nationaux. Aujourd’hui, plusieurs clubs restent dépendants de financements ponctuels, de sponsors publics ou privés, et d’un environnement local encore fragile. Pour que la BAL produise un impact durable, elle doit être connectée à des ligues nationales plus solides, à des centres de formation mieux structurés, à des entraîneurs qualifiés et à une meilleure gouvernance des fédérations.

    Le modèle économique reste également un défi. Les ambitions sont grandes, mais la rentabilité d’une ligue panafricaine demande du temps. Les déplacements, la production TV, la sécurité, la logistique, les infrastructures et la promotion coûtent cher. Selon Reuters, la ligue envisagerait à terme un modèle de franchises permanentes, avec la vente de dix franchises à 50 millions de dollars chacune, afin de consolider sa viabilité économique. Une telle évolution marquerait un changement profond : on passerait d’une compétition de clubs qualifiés sportivement à une ligue plus fermée, construite autour d’acteurs capables d’investir durablement.

    Cette perspective peut séduire les investisseurs, mais elle soulève aussi un débat. Une ligue de franchises peut apporter stabilité, capital et professionnalisation. Mais elle peut aussi réduire l’accès des clubs plus modestes et éloigner la compétition de certaines logiques sportives traditionnelles. Pour l’Afrique, l’enjeu sera donc de trouver le bon équilibre : attirer des capitaux sans fermer la porte aux talents, construire des marques fortes sans abandonner l’ancrage local, professionnaliser sans reproduire des modèles déconnectés des réalités du continent.

    Il ne faut pas non plus ignorer la dimension politique. Le sport africain se développe souvent dans des environnements où les États, les sponsors publics, les marques nationales et les enjeux diplomatiques jouent un rôle important. La BAL, très liée au Rwanda à travers l’organisation régulière de phases finales à Kigali, a déjà été confrontée à des controverses géopolitiques, notamment autour des tensions régionales et des partenariats de sponsoring. Ces épisodes rappellent que le sport n’est jamais totalement séparé du contexte politique dans lequel il se déploie.

    Malgré ces défis, la dynamique est réelle. La BAL donne au basket africain ce qui lui manquait depuis longtemps : un récit continental, une vitrine professionnelle et une plateforme capable de connecter les talents, les clubs, les villes, les sponsors et les fans. Elle permet aussi de rappeler que l’Afrique n’est pas seulement un réservoir de joueurs pour les universités américaines, l’Europe ou la NBA. Elle peut aussi devenir un marché sportif à part entière, avec ses compétitions, ses marques, ses stars et ses publics.

    La Basketball Africa League mérite donc d’être suivie de près. Elle n’est pas encore une ligue totalement installée, ni un modèle économique définitivement stabilisé. Mais elle représente l’un des laboratoires les plus intéressants du sport africain contemporain. À travers elle se joue une question plus large : l’Afrique peut-elle passer du statut de continent producteur de talents à celui de continent organisateur, diffuseur et propriétaire de sa propre valeur sportive ?

    La BAL n’a pas encore répondu à toutes les interrogations. Mais elle a déjà posé les bases d’une ambition nouvelle : faire du basketball africain non plus une promesse dispersée, mais une industrie continentale en construction.