Catégorie : football

  • France – Côte d’Ivoire : un amical qui a tout d’une grande affiche

    France – Côte d’Ivoire : un amical qui a tout d’une grande affiche

    Ce jeudi soir, la Beaujoire de Nantes accueille une affiche qui dépasse largement le cadre d’un simple match amical. À quelques jours du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, la France et la Côte d’Ivoire se retrouvent pour une rencontre de préparation à forte valeur symbolique, sportive et émotionnelle. Le match est prévu ce 4 juin 2026 à 21h10, dans un stade annoncé à guichets fermés par la Fédération française de football.

    Sur le papier, les Bleus partent avec le statut de favori. Finaliste de la dernière Coupe du monde, championne du monde en 2018, l’équipe de France reste l’une des grandes références du football international. Ce rendez-vous s’inscrit aussi dans une séquence particulière : Didier Deschamps dispute ses derniers mois à la tête de la sélection française, lui qui a annoncé son départ après le Mondial 2026. Chaque match de préparation prend donc une dimension supplémentaire, comme une étape vers la dernière grande mission d’un sélectionneur qui aura profondément marqué l’histoire des Bleus.

    Face à elle, la Côte d’Ivoire arrive avec une ambition claire : se mesurer à l’une des meilleures nations du monde avant de retrouver la scène mondiale. Les Éléphants ont manqué les Coupes du monde 2018 et 2022, mais leur retour dans la compétition rappelle que le football ivoirien reste l’un des plus importants du continent africain. La FIFA a confirmé la présence de cadres, mais aussi de jeunes révélations comme Amad Diallo et Yan Diomandé dans la liste ivoirienne pour le Mondial 2026.

    L’histoire entre les deux sélections reste courte, mais elle est déjà significative. Depuis 2005, la France et la Côte d’Ivoire se sont affrontées à trois reprises : une victoire française 3-0 en 2005, un nul 0-0 en 2016, puis une nouvelle victoire des Bleus 2-1 en mars 2022. Les Éléphants n’ont donc jamais battu la France en sélection A. Mais dans un match amical, surtout à l’approche d’une grande compétition, l’enjeu ne se limite pas à la statistique. Il s’agit aussi de jauger un groupe, de tester des automatismes et d’envoyer un signal.

    Cette rencontre aura aussi une saveur particulière dans les tribunes. France – Côte d’Ivoire, ce n’est pas seulement une opposition sportive. C’est une affiche traversée par l’histoire, les migrations, les doubles cultures et les liens très forts entre les deux pays. En France, la diaspora ivoirienne devrait répondre présente, avec cette ferveur reconnaissable faite de drapeaux orange-blanc-vert, de chants, de fierté et d’attachement aux Éléphants. Dans ce type de match, l’ambiance est rarement neutre : elle raconte une proximité humaine autant qu’une rivalité sportive.

    Sur le terrain, l’opposition promet d’être intéressante. La France possède une profondeur d’effectif impressionnante, capable d’aligner vitesse, puissance, créativité et expérience. La Côte d’Ivoire, elle, aura l’occasion de tester sa solidité face à une équipe habituée aux grands rendez-vous. Pour les Éléphants, ce match peut permettre de mesurer le niveau d’exigence du très haut niveau mondial : défendre bas ou presser haut, ressortir proprement le ballon, gérer les temps faibles, tenir physiquement et rester lucide face à des attaquants capables de faire basculer une rencontre en quelques secondes.

    Mais l’intérêt de cette affiche va au-delà du résultat. Elle dit aussi quelque chose de la nouvelle place du football africain. Aujourd’hui, les sélections du continent ne veulent plus être regardées comme de simples outsiders. Elles disposent de joueurs formés dans les meilleurs clubs européens, d’un réservoir de talents considérable et d’une ambition de plus en plus assumée. La Côte d’Ivoire, avec son histoire récente, ses générations successives et sa passion populaire, fait partie de ces nations africaines qui veulent exister autrement sur la scène mondiale.

    Ce soir, la France voudra se rassurer, affiner ses réglages et confirmer son statut. La Côte d’Ivoire, elle, cherchera sans doute à montrer qu’elle n’arrive pas au Mondial pour faire de la figuration. Dans une Beaujoire pleine, face à un adversaire prestigieux, les Éléphants auront une belle occasion d’envoyer un message : le football ivoirien est de retour, et il entend être pris au sérieux.

    France – Côte d’Ivoire reste officiellement un match amical. Mais dans l’atmosphère, dans les enjeux et dans l’imaginaire des supporters, il aura tout d’une grande affiche internationale.

  • PSG-Arsenal : la finale qui raconte le nouveau pouvoir économique de la Ligue des champions

    PSG-Arsenal : la finale qui raconte le nouveau pouvoir économique de la Ligue des champions

    La victoire du Paris Saint-Germain face à Arsenal en finale de Ligue des champions n’est pas seulement un dénouement sportif. Elle raconte aussi la transformation profonde du football européen, devenu une industrie mondialisée où la performance sur le terrain se confond de plus en plus avec la puissance économique, la stratégie de marque, les droits audiovisuels et la capacité des clubs à s’inscrire dans un écosystème financier global.

    Le PSG s’est imposé face à Arsenal au terme d’une finale tendue, conclue aux tirs au but après un score de 1-1 à l’issue de la prolongation. Le club parisien a remporté la séance 4-3, conservant ainsi son titre européen et confirmant son installation au sommet du football continental. Pour Arsenal, le scénario est cruel : les Londoniens ont longtemps cru pouvoir contenir Paris, mais ils ont finalement échoué au moment où les grandes finales se décident souvent, dans le mélange de lucidité, de nerfs et de détails.

    Sportivement, cette finale consacre une évolution importante du projet parisien. Le PSG n’est plus seulement le club des grandes individualités, construit autour de stars mondiales et d’une logique de prestige immédiat. Il apparaît désormais comme une équipe plus collective, plus équilibrée, plus jeune et mieux structurée. Cette mutation est essentielle : elle montre que le football moderne ne récompense pas seulement l’accumulation de talents, mais la cohérence d’un projet sportif, la stabilité d’un modèle et la capacité à construire une identité de jeu.

    Face à lui, Arsenal représentait une autre forme de réussite : celle d’un club anglais redevenu compétitif après plusieurs années de reconstruction. Sous Mikel Arteta, les Gunners ont retrouvé une stature européenne, avec un effectif jeune, une forte identité tactique et une puissance financière portée par la Premier League. Leur présence en finale rappelle que l’Angleterre reste le centre économique du football européen. Mais leur défaite confirme aussi que la puissance du championnat anglais ne garantit pas automatiquement la domination continentale.

    Car la Ligue des champions n’est plus seulement la plus prestigieuse des compétitions de clubs. Elle est devenue une machine économique. Pour la saison 2025-2026, l’UEFA prévoit 4,4 milliards d’euros de revenus bruts pour ses compétitions masculines de clubs, dont 2,467 milliards d’euros distribués aux clubs engagés en Ligue des champions et en Supercoupe d’Europe. Le simple fait de participer à la phase de ligue assure déjà une allocation de 18,62 millions d’euros à chacun des 36 clubs qualifiés, avant même les primes de performance, les bonus de qualification et la part liée à la valeur commerciale du club.

    Cette architecture financière explique pourquoi la Ligue des champions est devenue vitale pour les grands clubs. Y participer, c’est sécuriser des revenus, attirer des sponsors, augmenter la valeur de l’effectif, renforcer l’attractivité auprès des joueurs et consolider sa marque mondiale. La gagner, c’est franchir un seuil supplémentaire : celui du prestige sportif transformé en actif économique. Pour le PSG, ce nouveau titre renforce sa crédibilité internationale, sa valorisation de marque et sa capacité à se présenter comme l’un des centres de gravité du football mondial.

    Mais ce modèle pose aussi une question de fond : la Ligue des champions enrichit-elle tout le football européen ou accentue-t-elle la domination des plus puissants ? Le nouveau format, avec 36 clubs et davantage de matchs, augmente les revenus et multiplie les affiches de prestige. Mais il favorise aussi les clubs déjà installés, ceux qui disposent d’un coefficient élevé, d’un marché télévisuel fort, d’un effectif profond et d’une capacité à absorber la densité du calendrier. Autrement dit, la compétition devient plus spectaculaire, mais aussi plus exigeante économiquement.

    La finale PSG-Arsenal illustre également l’importance stratégique des droits audiovisuels. Le football européen dépend de plus en plus des diffuseurs, des plateformes et de la capacité à monétiser l’attention mondiale. Au Royaume-Uni, la décision de ne pas diffuser gratuitement cette finale a relancé le débat sur l’accès populaire aux grands événements sportifs, d’autant que des millions de vues illégales auraient été enregistrées sur des plateformes pirates. Ce phénomène rappelle une tension centrale : plus le football devient cher à produire et à diffuser, plus il risque de s’éloigner d’une partie de son public historique.

    Il y a enfin un enjeu politique. Le football est devenu un instrument de rayonnement pour les villes, les États, les investisseurs et les grandes marques. Le PSG, propriété qatarie, incarne depuis plusieurs années cette nouvelle géopolitique du sport, où les clubs sont aussi des outils d’influence, de réputation et de puissance douce. Arsenal, de son côté, symbolise la force commerciale de la Premier League, championnat devenu produit d’exportation mondial. Leur duel n’était donc pas seulement franco-anglais. Il opposait deux modèles de puissance dans l’économie du football.

    Cette finale doit être lue comme un moment charnière. Le PSG a gagné un match, mais la Ligue des champions a surtout confirmé son statut de laboratoire du football contemporain : un espace où se croisent jeu, argent, technologie, médias, investisseurs, supporters et diplomatie.

    Le football reste une affaire de buts, d’émotions et de trophées. Mais la finale PSG-Arsenal rappelle une évidence : derrière chaque grande nuit européenne se joue désormais une bataille beaucoup plus vaste, celle du contrôle économique, médiatique et politique du sport le plus populaire au monde.

  • Coupe du monde 2026 : le football entre dans une nouvelle ère, l’Afrique aussi

    Coupe du monde 2026 : le football entre dans une nouvelle ère, l’Afrique aussi

    À quelques jours du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, le football mondial s’apprête à changer d’échelle. Pour la première fois, le tournoi réunira 48 nations, sera organisé par trois pays et se disputera dans seize villes d’Amérique du Nord. Au-delà du jeu, cette édition raconte une transformation profonde : celle d’un football devenu industrie globale, outil d’influence politique et formidable scène d’expression pour l’Afrique.

    Le 11 juin 2026, lorsque le ballon roulera à Mexico, la Coupe du monde ne lancera pas seulement une nouvelle compétition. Elle ouvrira une nouvelle séquence de l’histoire du football mondial. Le tournoi organisé conjointement par les États-Unis, le Mexique et le Canada sera le plus vaste jamais organisé par la FIFA : 48 équipes, 104 matchs, seize villes hôtes, des déplacements sur trois pays et une finale prévue le 19 juillet au New York New Jersey Stadium. Jamais la Coupe du monde n’avait autant assumé son statut d’événement planétaire total, à la fois sportif, économique, médiatique et diplomatique.

    Cette édition marque d’abord une rupture historique. Depuis 1998, le format à 32 équipes avait installé un équilibre relativement stable. L’élargissement à 48 nations change la nature même de la compétition. Il ouvre la porte à davantage de pays, élargit l’audience, multiplie les marchés concernés et renforce le poids commercial du tournoi. Pour la FIFA, c’est une manière d’étendre l’universalité du football. Pour les diffuseurs, les sponsors et les villes hôtes, c’est une promesse d’audience, de consommation et de visibilité. Pour les nations émergentes du football, c’est une opportunité rare : accéder à la plus grande scène sportive du monde et y raconter autre chose qu’une simple participation.

    L’économie de cette Coupe du monde illustre parfaitement cette montée en puissance. Selon l’analyse socio-économique publiée par la FIFA, l’édition 2026 pourrait générer 80,1 milliards de dollars de production économique brute, 40,9 milliards de dollars de contribution au PIB mondial et environ 824 000 emplois équivalents temps plein à l’échelle globale. Les dépenses liées à l’événement sont estimées à 13,9 milliards de dollars, dont une part majeure liée au tourisme, aux opérations de la FIFA, aux dépenses des villes hôtes et aux investissements nécessaires à l’organisation.

    Mais derrière ces chiffres, il faut lire une réalité plus large : la Coupe du monde est devenue un actif stratégique. Elle vend des billets, des droits TV, de l’hospitalité, de la publicité, des contenus numériques, de l’image nationale et de l’influence. Elle transforme des stades en plateformes commerciales, des villes en vitrines touristiques et des sélections nationales en marques mondiales. En 2026, le football ne sera donc pas seulement joué sur les pelouses de Dallas, Los Angeles, Toronto, Vancouver, Monterrey ou New York. Il se jouera aussi dans les hôtels, les fan zones, les plateformes de streaming, les studios TV, les réseaux sociaux, les contrats de sponsoring et les stratégies d’influence des États.

    C’est dans ce contexte que la participation africaine prend une dimension particulière. L’Afrique arrive à cette Coupe du monde avec une représentation historique. Neuf nations africaines ont obtenu leur qualification directe : le Maroc, le Sénégal, l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Cap-Vert et l’Afrique du Sud. La République démocratique du Congo a ensuite rejoint le tournoi par les barrages intercontinentaux, offrant au continent une présence renforcée dans cette édition élargie.

    Pour le football africain, le symbole est fort. Pendant longtemps, la Coupe du monde a été le lieu des exploits isolés. Le Cameroun de 1990, le Sénégal de 2002, le Ghana de 2010 ou encore le Maroc de 2022 ont chacun, à leur manière, repoussé les limites de ce que l’on croyait possible pour une sélection africaine. La demi-finale marocaine au Qatar a toutefois changé la perception. Pour la première fois, une équipe africaine ne s’est pas contentée de surprendre : elle a imposé une idée nouvelle, celle d’un continent capable de rivaliser tactiquement, physiquement et mentalement avec les plus grandes nations du football mondial.

    Mais la présence africaine doit aussi être analysée sous l’angle économique. Chaque qualification à la Coupe du monde représente un levier financier direct pour les fédérations. La FIFA a approuvé une contribution record de 727 millions de dollars pour les associations participantes, dont 655 millions de dollars de prize money. Chaque sélection qualifiée est assurée de recevoir au moins 10,5 millions de dollars, en incluant la prime de participation minimale et l’aide à la préparation. Pour plusieurs fédérations africaines, ces montants peuvent représenter une ressource majeure, à condition d’être bien gouvernés et investis dans les infrastructures, les centres de formation, l’encadrement technique et le football local.

    C’est là que se situe peut-être le véritable débat africain. Une Coupe du monde ne doit pas être seulement une fête de quelques semaines. Elle doit devenir un accélérateur de structuration. Les sélections africaines disposent de joueurs évoluant dans les meilleurs championnats du monde, d’une diaspora sportive puissante, d’un public massif et d’un potentiel commercial encore sous-exploité. Mais le défi reste celui de l’organisation : gouvernance des fédérations, qualité des championnats nationaux, infrastructures, formation des entraîneurs, médecine du sport, data, marketing, droits TV, académies, protection des jeunes talents et capacité à transformer les exploits internationaux en développement durable du football local.

    La dimension politique n’est jamais loin. La Coupe du monde est aussi une scène où les nations cherchent à exister. Pour les pays africains, bien figurer au Mondial, c’est renforcer leur image, fédérer leur population, mobiliser leur diaspora et projeter une forme de puissance douce. Le Maroc l’a démontré en 2022 : un parcours sportif peut devenir un récit continental, diplomatique et culturel. L’Afrique du Sud l’avait déjà montré en 2010 en organisant la première Coupe du monde sur le sol africain. En 2026, l’enjeu sera de passer d’une logique de fierté ponctuelle à une logique de puissance sportive durable.

    Cette Coupe du monde sera aussi un révélateur des inégalités du football mondial. Les grandes nations européennes et sud-américaines restent mieux structurées, mieux financées et plus habituées aux grands rendez-vous. Les sélections africaines, elles, devront souvent composer avec des calendriers complexes, des déplacements longs, des conditions climatiques variables et des attentes populaires immenses. Le nouveau format offre davantage de chances d’atteindre la phase à élimination directe, mais il ne garantit rien. L’élargissement ouvre la porte ; la performance, elle, exigera préparation, rigueur et stabilité.

    Cette Coupe du monde 2026 offre en tout cas un terrain idéal pour raconter le sport autrement. Bien sûr, les matchs, les buts, les stars, les surprises et les désillusions resteront au cœur de l’événement. Mais le tournoi dit aussi quelque chose du monde : la puissance économique du football, l’influence des États, la bataille des marques, la place des diasporas, le rôle des infrastructures, la gouvernance des fédérations et l’ambition africaine.

    À quelques jours du coup d’envoi, une question court déjà sur le continent : l’Afrique peut-elle aller plus loin que le Maroc en 2022 ? La réponse se jouera sur le terrain. Mais une chose est certaine : avec dix représentants, une génération de talents mondialisés et une confiance nouvelle, le football africain n’arrive plus à la Coupe du monde comme un invité exotique. Il arrive comme un acteur attendu, observé et désormais jugé à l’aune de ses propres ambitions.

  • Football/ Prix Marc-Vivien Foé : Le Malien Mamadou Sangaré sacré meilleur joueur africain de ligue 1

    Football/ Prix Marc-Vivien Foé : Le Malien Mamadou Sangaré sacré meilleur joueur africain de ligue 1

    Longtemps resté dans l’ombre des joueurs les plus médiatisés de Ligue 1, Mamadou Sangaré a fini par imposer son nom comme une évidence. Le milieu malien du RC Lens a remporté l’édition 2026 du prix Marc-Vivien Foé, distinction décernée chaque année au meilleur joueur africain du championnat de France. Une consécration logique pour celui qui symbolise à lui seul l’intensité, la générosité et l’ambition du club artésien cette saison.

    Avec 313 points récoltés auprès du jury de RFI et France 24, le joueur de 24 ans a largement devancé les Sénégalais Lamine Camara et Moussa Niakhaté, succédant ainsi au Marocain Achraf Hakimi. Une victoire nette qui vient réparer une certaine injustice après son absence remarquée parmi les grands favoris des trophées UNFP.

    À Lens, personne ne s’en étonne vraiment. Depuis plusieurs mois, Sangaré est devenu le moteur du collectif lensois. Aligné dans l’entrejeu aux côtés du capitaine Adrien Thomasson, il incarne l’équilibre parfait entre récupération, relance et projection offensive. Ses statistiques ( trois buts et quatre passes décisives) ne racontent qu’une petite partie de son influence réelle sur le terrain.

    Car l’ancien prodige de Bamako rayonne surtout dans tout ce qui ne se mesure pas toujours : les courses répétées, les ballons grattés, les transitions accélérées, l’intelligence dans le placement. À travers lui, Lens a retrouvé une identité conquérante au point de bousculer le PSG dans la course au titre avant de s’installer durablement à la deuxième place du championnat.

    Son entraîneur Pierre Sage voit en lui bien plus qu’un simple récupérateur. Le technicien lensois admire un joueur capable de mettre son talent au service du collectif avec une rare humilité. Pour lui, Sangaré représente parfaitement l’esprit lensois : un football intense, spectaculaire et profondément solidaire.

    Cette ascension impressionnante trouve pourtant ses racines loin des pelouses françaises. À Bamako, le jeune Mamadou était surtout connu sous le surnom de “Gaucher”, clin d’œil à la qualité technique exceptionnelle de son pied gauche. Formé entre l’Asac et le Yeelen Olympique, il attire très tôt l’attention des recruteurs du RB Salzbourg.

    Mais le rêve européen débute dans la difficulté. Arrivé en Autriche en pleine pandémie de Covid-19, il enchaîne les prêts et découvre la rudesse du football européen dans des clubs moins exposés. Liefering, Grazer AK puis Zulte Waregem deviennent autant d’étapes d’apprentissage où il forge son caractère.

    Le véritable tournant intervient au TSV Hartberg. Repositionné dans un rôle de double pivot, Sangaré révèle enfin toute l’étendue de son potentiel. Son impact devient immense : il domine les statistiques de récupération en Bundesliga autrichienne comme en Ligue Europa Conférence. Le Rapid Vienne mise alors sur lui avant que Lens ne débourse huit millions d’euros pour l’attirer dans le Nord.

    Un investissement aujourd’hui largement rentabilisé

    En parallèle, le Malien s’est également imposé chez les Aigles. Après avoir brillé avec les sélections de jeunes et participé à la qualification olympique du Mali, il découvre l’équipe A en 2024. Lors de la CAN 2025, il confirme son importance dans l’entrejeu malien malgré un parcours collectif parfois laborieux.

    Son coéquipier Amadou Haidara ne cache d’ailleurs pas son admiration pour celui qu’il considère comme l’un des piliers de la sélection. À seulement 24 ans, Sangaré semble désormais entrer dans une nouvelle dimension.

    Et cette progression fulgurante attire forcément les regards. Sous contrat avec Lens jusqu’en 2030, le milieu malien serait déjà suivi de près par plusieurs géants anglais. Manchester United, Liverpool et Chelsea surveilleraient attentivement son évolution et pourraient rapidement passer à l’action.
    Pour Lens, conserver son nouveau joyau sera un immense défi. Mais quoi qu’il arrive, Mamadou Sangaré a déjà marqué les esprits. Et désormais, toute l’Europe connaît enfin le nom du “Gaucher”.

    Thom Biakpa

  • Football / Mondial 2026 : Des officiels sénégalais bloqués par des refus de Visas américains

    Football / Mondial 2026 : Des officiels sénégalais bloqués par des refus de Visas américains

    À l’approche de la Coupe du monde 2026, une tension inattendue s’invite dans les préparatifs du football sénégalais. En coulisses, ce ne sont ni les choix sportifs ni la logistique qui préoccupent le plus, mais bien une question administrative aux répercussions concrètes : l’accès au territoire américain pour certains dirigeants.

    D’après des informations relayées par la presse sénégalaise, plusieurs membres du comité exécutif de la Fédération Sénégalaise de Football n’ont pas obtenu le précieux sésame pour se rendre aux États-Unis, l’un des trois pays hôtes du tournoi aux côtés du Canada et du Mexique. Au moins six demandes de visa ont été rejetées, alors que d’autres restent encore en cours d’examen, laissant planer une incertitude à quelques semaines de l’événement.

    Ces refus ne semblent pas isolés ni purement circonstanciels. Ils s’inscrivent dans un durcissement plus large des conditions d’entrée sur le sol américain pour certains ressortissants étrangers. Depuis le début de l’année 2026, le Département d’État des États-Unis a instauré une mesure controversée : l’exigence d’une caution financière significative allant de 5 000 à 15 000 dollars pour l’obtention de visas de type B1-B2. Cette catégorie concerne notamment les déplacements professionnels et institutionnels, directement liés à la présence de délégations sportives.

    Pour les responsables sénégalais, cette nouvelle contrainte représente un obstacle de taille, tant sur le plan financier qu’administratif. Elle complexifie davantage des démarches déjà sensibles dans un contexte où la mobilité internationale est devenue un enjeu stratégique pour les fédérations sportives.
    Face à cette situation, la FSF explore discrètement des alternatives. Aucune solution officielle n’a encore été annoncée, mais l’objectif reste clair : il faut assurer une représentation institutionnelle du Sénégal lors du rendez-vous mondial. Car au-delà du terrain, la présence des dirigeants joue un rôle clé dans les relations diplomatiques, les échanges sportifs et la visibilité du pays.

    Alors que le compte à rebours est lancé avant le coup d’envoi en juin, cette affaire rappelle que les grandes compétitions internationales ne se jouent pas uniquement sur la pelouse. Elles se préparent aussi dans les ambassades, les consulats et les arcanes de la diplomatie.

     

    Thom Biakpa

  • CAF : Patrice Motsepe aux Sénégalais : « j’ai remis la médaille d’or et le trophée à Sadio Mané, mais je dois me conformer aux règles »

    CAF : Patrice Motsepe aux Sénégalais : « j’ai remis la médaille d’or et le trophée à Sadio Mané, mais je dois me conformer aux règles »

    La visite de Patrice Motsepe à Dakar, le mercredi 8 avril, intervient dans un contexte particulièrement tendu pour le football africain. À la suite de la décision controversée du jury d’appel de la Confédération africaine de football de retirer le trophée remporté sur le terrain par le Sénégal lors de la finale de la CAN 2025, pour l’attribuer au Maroc, une vague d’incompréhension et de frustration a gagné une partie de l’opinion publique sénégalaise ainsi que plusieurs acteurs du football continental.

    C’est dans cette atmosphère électrique que le président de la CAF a effectué une visite qualifiée de « mission d’apaisement » dans la capitale sénégalaise. L’objectif était clair : engager le dialogue avec les autorités politiques et sportives locales, calmer les tensions et réaffirmer l’engagement de l’instance à garantir la transparence ainsi que le respect des règles dans ses prises de décision.

    Au cours de son séjour, le patron du football africain a été reçu en audience par le chef de l’État sénégalais, Bassirou Diomaye Faye. Selon un communiqué de la présidence, les échanges ont été francs et approfondis, permettant d’aborder l’ensemble des sujets liés à la situation récente, sans qu’aucune question ne soit éludée.

    « Le Président de la République a réaffirmé avec clarté les principes auxquels le Sénégal est attaché, notamment le respect du droit, l’exigence de transparence et la préservation de l’intégrité des compétitions. Il a également rappelé la nécessité de garantir la crédibilité du football africain, dans un contexte où le continent doit faire bloc et se projeter avec responsabilité vers les échéances internationales à venir. Dans cet esprit, le Sénégal continuera d’agir avec sérénité, responsabilité et fermeté pour la défense de ses intérêts légitimes et de son honneur, tout en suivant avec vigilance les développements de cette situation, dans le respect des instances et des voies de recours engagées », précise la note de la présidence.

    Lors de sa conférence de presse, très attendue, Patrice Motsepe a tenu à rappeler son attachement aux principes qui régissent l’organisation. Revenant sur la situation du Sénégal et la polémique en cours, il a déclaré : « J’ai remis la médaille d’or et le trophée à Sadio Mané, j’ai remis la médaille d’or à Koulibaly…, mais je dois me conformer aux règles ». Une déclaration forte, qui résume la ligne de conduite du dirigeant sud-africain : reconnaître les mérites sportifs et la portée symbolique des victoires, tout en soulignant que les décisions institutionnelles doivent impérativement s’inscrire dans un cadre réglementaire strict.

    À travers ces propos, Motsepe a voulu rappeler que, malgré la dimension émotionnelle et les symboles puissants du football africain, la CAF ne peut s’affranchir de ses procédures internes. Une manière également de répondre, de façon indirecte, aux critiques pointant du doigt un manque de transparence ou une possible partialité dans la gestion de la faîtière continentale .

    Toutefois, cette prise de position n’a pas suffi à dissiper les tensions. Au Sénégal, de nombreuses voix continuent de s’élever pour dénoncer une décision jugée injuste, réclamant davantage d’explications sur les critères ayant conduit à ce revirement en faveur du Maroc.

    Si la visite de Patrice Motsepe a permis de rouvrir le dialogue et d’apaiser, en partie, le climat, elle n’a pas totalement éteint la polémique. En multipliant les échanges avec les autorités sénégalaises et en s’exprimant publiquement, le président de la CAF a néanmoins posé les bases d’un processus de concertation susceptible, à terme, de restaurer la confiance entre l’instance dirigeante et ses associations membres.

    Reste désormais à savoir si cette démarche suffira à tourner la page de cette crise et à apaiser durablement les esprits, alors que la question de la gouvernance du football africain demeure plus que jamais au cœur des préoccupations.

     

    Thom Biakpa

  • Mondial 2026 : La RDC fait plier la Jamaïque et retrouve la Coupe du monde 52 ans apres

    Mondial 2026 : La RDC fait plier la Jamaïque et retrouve la Coupe du monde 52 ans apres

    Dans la nuit mexicaine de Guadalajara, tout ne s’est pas joué avec élégance, mais tout s’est joué avec le cœur. Et parfois, c’est bien la seule chose qui compte.

    La République démocratique du Congo (RDC) a arraché son billet pour la Coupe du monde 2026 au terme d’un combat long, nerveux, presque étouffant face à la Jamaïque. Une victoire minimale (1-0), obtenue après prolongations, qui vaut pourtant immensément plus qu’un simple score : elle met fin à 52 années d’absence sur la scène mondiale.

    Le match, lui, n’entrera pas dans les anthologies pour sa beauté. Trop d’enjeu, trop de tension. Les gestes étaient hésitants, les passes imprécises, et les occasions rares. Dès les premières minutes, Cédric Bakambu pensait pourtant lancer les siens sur de bons rails. Un but refusé pour hors-jeu qui donnait le ton d’une soirée frustrante.

    Les Léopards ont dominé, insisté, tiré 19 fois au total sans jamais vraiment trouver la justesse nécessaire. En face, la Jamaïque n’a existé que par éclairs, notamment une tentative lointaine de Leon Bailey. Rien de suffisant pour faire basculer la rencontre.

    Puis le temps s’est étiré. 90 minutes, et toujours rien. Les prolongations approchaient, avec leur lot d’incertitudes et, au bout, la menace des tirs au but.

    C’est finalement sur un détail, comme souvent dans ces matchs verrouillés, que tout a basculé. À la 101e minute, sur un corner bien frappé, Axel Tuanzebe surgit et pousse le ballon au fond… de la cuisse. Un geste improbable, presque maladroit, mais parfaitement décisif. Après vérification vidéo, le but est validé. La délivrance.

    La fin de match sera confuse, marquée par la fatigue jusqu’à l’arbitre lui-même contraint de sortir et quelques ultimes occasions manquées côté congolais. Mais l’essentiel est ailleurs : la Jamaïque ne reviendra pas.

    Au coup de sifflet final, ce n’est pas seulement une équipe qui gagne. C’est tout un pays qui respire, célèbre, se souvient. Depuis 1974, la RDC attendait ce moment.

    Désormais, un nouveau défi se profile. Dans un groupe relevé, les Congolais croiseront notamment le Cristiano Ronaldo du Portugal et le meneur colombien James Rodríguez. Mais pour l’instant, l’heure n’est pas à l’analyse.
    Elle est à la joie. À la fierté. Et à ce sentiment rare, presqu’oublié : celui de retrouver la Coupe du monde 52 ans après.

    Thom Biakpa

  • Mondial 2026 : Le Ghana chasse son sélectionneur  Otto Addo à 73 jours de la compétition

    Mondial 2026 : Le Ghana chasse son sélectionneur Otto Addo à 73 jours de la compétition

    Le Ghana est désormais à la recherche d’un nouveau sélectionneur à moins de trois mois du début de la Coupe du monde 2026. Otto Addo, qui occupait le poste depuis deux ans, a été limogé de manière brutale, à la suite d’une série de défaites décevantes lors des matchs amicaux de préparation.

    C’est en pleine nuit, quelques heures après une défaite 2-1 contre l’Allemagne à Stuttgart, que la Fédération ghanéenne de football (GFA) a annoncé la séparation avec le technicien de 50 ans. Un communiqué de l’instance dirigeante a confirmé que la décision prenait effet immédiatement. « La Fédération ghanéenne de football se sépare de son sélectionneur principal, Otto Addo, et lui exprime sa gratitude pour ses contributions à l’équipe nationale. Nous lui souhaitons le meilleur dans ses projets futurs », a précisé la GFA. L’annonce a ajouté que des informations concernant la direction technique des Black Stars seraient communiquées en temps voulu.

    Une série de défaites accablantes

    Cette décision intervient après une série de résultats inquiétants pour les Black Stars. En effet, depuis novembre 2025, l’équipe a enchaîné quatre défaites consécutives en amical, dont une déroute 5-1 contre l’Autriche. Les précédentes contre-performances face au Japon (2-0) et à la Corée du Sud (1-0) avaient déjà semé le doute sur l’avenir d’Addo à la tête de l’équipe.

    Même si sa qualification pour la Coupe du monde 2026, acquise avec brio, aurait pu jouer en sa faveur, ces mauvais résultats en matches amicaux et l’échec retentissant à la CAN 2025 ont finalement scellé son sort. Il faut dire qu’Addo, ancien joueur et entraîneur adjoint au Borussia Dortmund, avait redressé la situation après sa prise de fonction en 2021, menant le Ghana à la qualification pour la Coupe du monde 2022 au Qatar, mais depuis, la trajectoire de l’équipe est devenue incertaine.

    Un tournant à trois mois du Mondial

    À seulement 73 jours de la Coupe du monde, la décision de limoger Addo soulève de nombreuses interrogations. Fallait-il agir dès maintenant, ou aurait-il été préférable d’attendre pour laisser passer les matchs amicaux avant de prendre une telle mesure ? La situation devient encore plus préoccupante, car le Ghana, qui a longtemps été une nation phare du football africain, devra affronter des adversaires de taille dans le groupe L, à savoir le Panama, l’Angleterre et la Croatie.

    Sous la direction d’Addo, les Black Stars n’ont pas retrouvé la solidité de leurs grandes années, marquées par une domination au sein du football africain, et une demi-finale en Coupe du monde 2010. Ces dernières performances ont mis à mal la confiance de la GFA et renforcent les doutes sur l’avenir de l’équipe nationale ghanéenne.

    Un avenir incertain

    Otto Addo quitte donc son poste dans un contexte de turbulences pour le Ghana, qui se retrouve désormais dans une position délicate à quelques mois du tournoi mondial. Avec un manque de stabilité au sein de la direction technique et des résultats qui ne répondent plus aux attentes des supporters, le pays aux quatre titres de champion d’Afrique se trouve dans l’incertitude, devant trouver rapidement une nouvelle direction pour espérer briller sur la scène internationale.

    Alors que la Coupe du monde approche à grands pas, l’équipe des Black Stars devra rapidement se réorganiser et se remettre sur les rails. L’avenir immédiat du football ghanéen se jouera dans les semaines à venir, avec l’objectif de redonner confiance à une équipe qui a besoin de se reconstruire pour espérer retrouver sa place parmi les grandes nations du football mondial.

    Thom Biakpa

  • Crise après la CAN 2025 : Patrice Motsepe en mission de paix entre le Sénégal et le Maroc, la CAN élargie à 28 équipes dès 2028

    Crise après la CAN 2025 : Patrice Motsepe en mission de paix entre le Sénégal et le Maroc, la CAN élargie à 28 équipes dès 2028

    Au Caire, ce dimanche 29 mars, le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, a pris la parole pour apaiser les tensions nées de la récente polémique autour de la finale de la CAN 2025. Dans un contexte marqué par des crispations entre le Sénégal et le Maroc, le dirigeant sud-africain a insisté sur l’importance de préserver les relations historiques entre les deux nations.

    Dans une déclaration ferme mais conciliatrice, Patrice Motsepe a rappelé que « les décisions des organes disciplinaires et d’appel doivent être respectées », soulignant que chaque pays a la responsabilité de défendre les intérêts de son football dans le respect des règles établies. Toutefois, au-delà des différends, il a tenu à recentrer le débat sur la vocation essentielle du sport roi : rassembler.
    « Le football doit être l’engin qui unit, et non qui divise », a-t-il martelé, insistant sur la nécessité d’éviter toute escalade de tensions susceptible d’affecter les relations entre les peuples.

    Dans cette optique, il a annoncé une initiative diplomatique personnelle, prévoyant de se rendre dans les prochaines semaines au Sénégal, puis au Maroc, afin de rencontrer à la fois les autorités gouvernementales et les responsables du football des deux pays.

    Cette démarche vise à consolider un dialogue constructif et à garantir la continuité des liens fraternels entre les deux nations. « Nous n’allons pas permettre que le football divise nos peuples en apportant du stress et des tensions. Bien au contraire, le football doit unir nos peuples », a-t-il affirmé, réitérant l’engagement de la CAF à renforcer ces relations historiques.

    Par ailleurs, le président de la CAF a annoncé une réforme majeure concernant la Coupe d’Afrique des Nations. À partir de 2028, la compétition passera de 24 à 28 équipes, une décision qui reflète la volonté d’élargir la participation et de favoriser le développement du football sur l’ensemble du continent.

    Enfin, concernant le contentieux en cours, Patrice Motsepe a précisé que la CAF se conformera à la décision du Tribunal arbitral du sport, saisi par le Sénégal dans cette affaire. Une déclaration qui confirme l’attachement de l’instance continentale au respect des procédures juridiques internationales.

    À travers ces prises de position, la CAF entend jouer pleinement son rôle de médiateur et de garant de l’unité du football africain, dans un moment où celui-ci est appelé à démontrer sa capacité à transcender les divergences pour mieux rapprocher les peuples.

    Thom Biakpa

  • CAN 2025 : Le trophée du Sénégal menacé de saisie en France

    CAN 2025 : Le trophée du Sénégal menacé de saisie en France

    La tension autour de la CAN 2025 franchit un nouveau cap, s’invitant désormais sur le terrain judiciaire international. À l’approche du match amical opposant le Sénégal au Pérou, prévu ce samedi 28 mars au Stade de France, une controverse inattendue vient assombrir l’événement : la possible saisie du trophée de la Coupe d’Afrique des Nations.

    Au cœur de cette affaire, l’intention de la Fédération sénégalaise de football de présenter le trophée au public à l’occasion de cette rencontre. Un geste symbolique qui, loin de faire l’unanimité, suscite une vive opposition du côté marocain. Des avocats représentant des intérêts liés au Maroc ont en effet entrepris des démarches officielles pour empêcher cette exhibition.

    Deux courriers ont ainsi été adressés au gestionnaire du Stade de France ainsi qu’à GL Events, structure en charge de l’organisation du match. Dans ces correspondances, les avocats contestent la légitimité du Sénégal à se présenter comme détenteur du trophée, invoquant une décision de la Confédération africaine de football (CAF) qui remettrait en cause ce statut.

    Selon eux, la présentation du trophée constituerait une « usurpation de titre » et s’inscrirait dans une situation juridiquement contestable. Ils évoquent même la possibilité de saisir la justice française en urgence afin d’obtenir des mesures conservatoires. Leur objectif est clair, empêcher physiquement l’exposition du trophée, voire en obtenir la saisie temporaire tant que le litige n’est pas tranché.

    Cette escalade judiciaire, particulièrement rare dans le football africain, illustre l’ampleur prise par le différend autour de la CAN 2025. Ce qui relevait jusqu’ici d’un désaccord sportif semble désormais dépasser ce cadre, pour s’inscrire dans une confrontation juridique aux implications potentiellement importantes.

    À quelques heures du coup d’envoi de ce match amical, l’incertitude plane donc sur le déroulement protocolaire de la rencontre. Reste à savoir si la justice sera saisie à temps et, surtout, si elle donnera suite à cette demande inédite.

    Une chose est certaine, cette affaire ajoute une dimension polémique à un match qui, à l’origine, devait simplement célébrer le football.

    Thom Biakpa